Hafsia Herzi : "Je travaille toujours dans le doute"
http://www.lexpress.fr/medias/125/hafsia-herzi_393.jpgLa jeune comédienne, révélée et césarisée pour La graine et le mulet l'an dernier, nous a reçu entre deux prises sur le tournage de son nouveau film, Anonymes. Elle nous parle de son personnage et de son expérience d'actrice.

Quelles raisons vous ont poussée à accepter le rôle d'Aïcha ?

Aïcha est une fille légèrement attardée, qui vit en permanence avec sa mère et ses soeurs. Elle voit peu l'extérieur, a envie d'être libre, mais est obligée de rester à sa place. J'ai eu envie de l'incarner dès la première lecture du scénario, qui était super. L'idée de participer à un thriller psychologique dans lequel je jouerais une fille un peu limitée, qui s'émerveille devant des objets aussi banals qu'un bâton de rouge à lèvres, m'a tout de suite attirée.

 

Avez-vous eu du mal à aborder le personnage, n'aviez-vous pas peur d'en faire des tonnes ?

Si, tout à fait. J'ai dû me forcer à ne pas en faire trop, et à faire en sorte de ne jamais tomber dans le cliché. Je ne voulais surtout pas de cliché. J'ai dû effectuer un grand travail gestuel, en apprenant à porter un regard neuf sur les choses, retrouver une innocence que l'on a plutôt dans l'enfance. Je me suis mise dans la peau d'une fille qui rêve sa vie, en sachant que rien ne va se réaliser.

 

On est loin du personnage de Rym dans La graine et le mulet. Est-ce un rôle qui vous ressemblait plus ?

Oui, absolument. Ce nouveau rôle est très, très loin de moi. J'adore parler, et dans ce film, je ne parle quasiment jamais ! Mon personnage peut réagir comme une enfant de cinq ans ; j'ai dû me replonger dans les souvenirs que j'avais de moi plus petite. A l'époque, j'étais très timide, j'observais beaucoup ce qui se passait autour de moi. Le peu d'expérience que j'ai dans le cinéma m'a néanmoins beaucoup aidée ; je ne pense pas que j'aurais pu interpréter Aïcha pour mon premier film.

 

La consécration de La graine et le mulet vous a-t-elle aidé à acquérir une légitimité en tant que comédienne, à vous sentir plus sûre de vous ?

Pas du tout, bien au contraire. Je suis quelqu'un qui travaille toujours dans le doute. Et puis, je ne joue pas les mêmes rôles. Les réalisateurs sont différents, les tournages sont différents, les histoires aussi. Il est difficile de prendre du recul par rapport à son travail durant un tournage. Du coup, je tente, j'expérimente, sans jamais savoir si cela s'avérera bénéfique.

 

 

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