Emmanuelle Béart : "A Carthage, je me place en tant que néophyte"
http://www.lexpress.fr/medias/125/1-actress-emmanuelle-beart-watches-lebanese-designer-georges-hobeika-s-fashion-show-for-his-fall-winter-2008-2009-collection-in-paris_219.jpgTrès prise par son emploi du temps, Emmanuelle Béart a pourtant pris quelques minutes, entre deux projections, pour répondre à trois questions sur son rôle de jurée aux Journées Cinématographiques de Carthage.

Pourquoi avoir accepté le rôle de juré au Festival de Carthage ?

Après ma première expérience au Festival de Cannes, qui m'avait beaucoup plu, j'ai trouvé qu'il serait intéressant de faire un tour du continent africain. Etre juré, c'est une véritable expérience : on voit quatre films par jour, avec à peine trois quarts d'heure entre chacun. Il est difficile de prendre du recul ; c'est un drôle de voyage. D'ailleurs, être au bar de l'hôtel ou au restaurant est aussi captivant que de visionner les films : on y entend toutes sortes de conversations. J'aime le jury des enfants (pour la sélection jeunesse, ndlr), qui expriment de vrais sentiments, de vraies sensations. Enfin, je trouve formidable que notre jury soit aussi éclectique, avec des comédiens, des chanteurs, des écrivains... L'échange de points de vue est ainsi plus ouvert que si nous étions uniquement entre gens de cinéma.

 

 

Quel est votre rapport au cinéma arabe et africain ?

C'est un cinéma que je connais comme les autres, car nous avons la chance en France d'avoir des films qui arrivent, souvent les meilleurs. Mais ici, je découvre un cinéma beaucoup plus expérimental, et tout un vivier de personnalités ; c'est un voyage qu'on ne fait pas souvent. A Carthage, je me place en tant que néophyte. Mais comme dans tout festival, le jury a une vraie responsabilité, et se doit de prendre une décision de qualité artistique. L'avantage, c'est que contrairement à d'autres manifestations d'envergure, il n'y a pas de cinéma dans le cinéma aux JCC. On se trouve alors véritablement au coeur de la création.

 

 

La plupart des films en compétition ont une teinte politique. Pensez-vous que le cinéma puisse faire changer les choses, en Afrique et ailleurs ?

Je l'espère. Je pense. Le cinéma est avant tout un témoignage, effectué avec plus ou moins de réalisme ou de poésie. D'un autre côté, je comprends les difficultés qu'éprouve le continent africain à trouver le financement. Dernièrement, Bamako, d'Abderrahmane Sissako, m'a beaucoup marqué, car il touche à des sujets qui m'importent beaucoup. Ce genre de cinéma-là peut, à mon avis, avoir un réel impact.

 

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