Le Belvédère dans l'Histoire : Film documentaire
http://www.lexpression.com.tn/upload/nejib29-09-2008.jpgSous l’intitulé ‘‘Un paradis au Belvédère’’, la Société de Production Tunisia Films vient de réaliser une importante première avec ce film documentaire sur le plus vieux parc de Tunisie, celui de la capitale. Grande balade tout autour du site qui s’ouvre sur quatre entrées, dont deux principales, et une plongée à l’intérieur qui va du parc proprement dit jusqu’au zoo, le film, d’une vingtaine de minutes en couleurs, passe en revue toutes les facettes de ce site écologique qui couvre, au total, 113 ha, avec un arrêt de quelques moments sur quelques variétés d’animaux domestiques et sauvages.

Ce film richement documenté, et non moins bien réalisé techniquement, nous apprend dès le début que la Qobba du Belvédère, ou encore Qobbet El H’wa (Dôme de l’air) remonte à l’époque husseinite pour devenir plus tard un espace culturel abritant forums de débats et concerts de musique.

C’est au 16ème siècle, nous apprend encore le documentaire, que naquirent en Europe de tels parcs. Les pays du Maghreb ne connaîtront de pareils sites naturels qu’à l’ère coloniale. C’est donc en 1892, soit 11 ans après l’instauration du protectorat français en Tunisie, qu’est né le Parc du Belvédère un peu à l’image de tous les parcs européens. Mais jusqu’à l’aube de l’indépendance du pays, il était resté juste un parc, avec force flore, plantes, arbrisseaux et une pépinière.

C’est la Tunisie indépendante qui dota le Belvédère en 1962 d’un zoo où toutes sortes d’animaux, la plupart étant ramenés de l’étranger, allaient se côtoyer et être remplacés par d’autres chaque fois qu’une espèce arrivait au terme de sa longévité.

Depuis le temps, c’est l’Etat tunisien, par Municipalité de Tunis interposée, qui le dote annuellement d’un budget conséquent à dessein de préserver ses spécificités et son caractère naturellement écologique, la Tunisie du Changement étant fort soucieuse quant à la sauvegarde de l’environnement et de tout patrimoine naturel ou archéologique.

Ce beau travail, nous le devons au jeune réalisateur Néjib Ben Azzouz, patron de Tunisia Films, qui, sur une idée de Najah Ben Salem, n’a pas hésité – ni lésiné sur les moyens – pour faire entrer ce beau patrimoine national dans l’Histoire de la Tunisie.

De langue arabe littéraire (en attendant d’être probablement conforté par une traduction, ou un sous-titrage, au français), le documentaire semble avoir intéressé la Chaîne Tunis 7 qui serait en passe d’acquérir les droits de diffusion. Dans tous les cas de figure, ‘‘Le Paradis du Belvédère’’ est en soi un acquis et un témoin vivant de l’une des richesses naturelles que recèle la Tunisie.

Par Mohamed Bouamoud    
Source : L'expression  
 
Histoire - Le «poumon» de Tunis

Longtemps avant que Tunis ne s’agrandit et ne se dote de nouveaux lieux d’aération et de distraction, les Tunisois allaient régulièrement prendre l’air au Parc du Belvédère, désormais au cœur de la capitale. Le jour de la fête de l’Aïd El-Seghir, qui marque la fin du jeûne de Ramadan, il était de coutume d’amener les enfants, vêtus de leurs habits neufs, dans ce parc pour voir les animaux du zoo.  D’autres lieux et attractions sont en train de supplanter le Parc du Belvédère dans le cœur des enfants, mais beaucoup de Tunisiens gardent un attachement particulier à ce vestige vivant de la mémoire collective.

Le parc du Belvédère est le plus grand parc de la ville de Tunis. Aménagé à la fin du XIXème siècle, il se situe au nord de la ville dite «européenne», construite à l’époque coloniale (1981-1956).

Sa création est entreprise dès l’année 1892 sur une colline couverte d’une ancienne oliveraie de 110 hectares. Conçu par Joseph Lafacade, alors jardinier en chef de la ville de Paris, ce parc à l’anglaise d’une centaine d’hectares se couvre progressivement de massifs, de bosquets et de pelouses. Il est également parcouru de routes carrossables, d’allées cavalières et de sentiers piétonniers.

Pour ajouter aux agréments du parc, on y transfère une midha du souk El Attarine ainsi qu’un pavillon à coupoles (koubba) d’un palais de La Manouba. En septembre 1901, un casino de style néo-mauresque est inauguré à l’entrée du parc, qui ouvre officiellement ses portes au public en 1910.

De 1963 à 1969 est aménagé un parc zoologique dessiné par des architectes paysagistes allemands de la ville de Cologne. Il comporte notamment un étang, des aires de jeux et une caféteria.

Véritable oasis de fraîcheur en pleine ville, le parc a des proportions trompeuses. Si l’entrée ombragée de la place Pasteur évoque un simple jardin public, il s’agit en réalité d’un très vaste espace de plus d’une centaine d’hectares traversé de routes que l’on peut parcourir à pied ou en voiture. Aménagé à flanc de coteau, ce parc harmonieusement fleuri est planté de nombreuses essences (pins, palmiers, ficus, eucalyptus, oliviers, etc.

Lorsque la chaleur étouffe la ville, cette concentration de verdure est alors un véritable ballon d’oxygène. Le parc est également agrémenté de diverses installations dont le zoo de Tunis, qui abrite, sur une superficie de 13 hectares, 155 espèces d’animaux de la faune africaine: flamants roses, éléphants, lions,  singes, chacals, ours à collier, etc. Environ 1 million de visiteurs le visitent chaque année, nombre qui s’accroît de manière constante. Le parc comprend aussi un café de style andalou avec une terrasse et un lac artificiel peuplé de canards. À proximité sont installées des attractions pour les enfants et les marchands de glaces et de sucreries.

Le Musée d’art moderne de Tunis permet de découvrir quelques artistes tunisiens contemporains. Désormais appelé Dar Al-Founoun (Maison des Arts), il a trouvé refuge dans l’ancien casino, avant d’être transféré dans un bâtiment en contrebas près de la Place Pasteur.

Le haut du parc est coiffé d’un pavillon de style arabo-andalou datant du XVIIème siècle. Jadis installé dans les dépendances d’un palais de La Manouba, le pavillon est composé d’une salle carrée avec abside recouverte d’une toiture d’où émergent quatre petites coupoles et une coupole centrale plus grande et côtelée. Les autorités du protectorat français en font l’acquisition, le font démonter et remonter dans le parc où il vit une seconde jeunesse, déployant ses galeries, ses arcs de plâtre sculpté, ses colonnades, ses vitraux et ses panneaux de stuc ajouré. Il est un but de promenade et un havre de repos. De la terrasse, on jouit d’une vue superbe sur les frondaisons mais aussi sur le golfe de Tunis et le lointain Boukornine.

(D’après Wikipédia)