HOMMAGE AUX RENDEZ-VOUS DU CINEMA TUNISIEN

 2018-11-28 10:18:06


Par Larbi Bribeche

 

Ce Temps qui passe, qui s'en va, nous défie, ce temps si décrié mais si riche en rencontres, nous offre souvent l'occasion de croiser des êtres d'exception, si formidables, si remarquables, si humbles.

Je voudrais rendre hommage à toute l'équipe des «Rendez-vous du Cinéma tunisien», autour de Mohamed Khiri, l'enfant du cinéma, issu du Ciné-club d'Hammam-Lif, creuset de Culture, qui a enfanté tant d'artistes.

 

 

Je voudrais rendre hommage à cette sympathique équipe pour tout le travail colossal qu'elle abat afin de nous permettre de nous retrouver tous les mois autour d'un film, d'une pépite.

Les «Rendez-vous du Cinéma tunisien», dans l'esprit de Tahar Cheriaa, de Denis Langlois, paix à leurs âmes, participent à la promotion, à la découverte du cinéma tunisien.
 Lundi 26 novembre, au cinéma "Les 7 Parnassiens", à Montparnasse, dans une salle comble, au programme «Tunis by Night» de Elyes Baccar, avec : Raouf Ben Amor (Youssef), Helmi Dridi (Amin), Amel Hedhili (Amal), Amira Chebli (Aziza).

 


Le réalisateur construit son film autour d'une famille: un couple, Youssef, Amal et deux enfants adultes, Aziza et Amin.


Il décrit une famille en souffrance, en manque d'amour, de tendresse, une famille dans la lassitude, une solitude toujours présente, l'atmosphère est pesante, chacun noie sa «mal-vie», son désarroi, son chagrin là où il peut.

Le mari, Youssef, n'a de regard que pour son émission culturelle nocturne, nullement préoccupé par le reste; Amal l'épouse et Amin se réfugient dans la religion, leur planche de salut. Aziza dans l'alcool, la drogue, la musique - l'esprit de Amy Winehouse, chanteuse britanique qui a brulé sa vie par les deux bouts, morte à 27 ans, paix à son âme, en raison d'un fort abus d'alcool - flotte au-dessus, autour du personnage d'Aziza, remarquablement interprété par Amira Chebli qui vit une relation amoureuse ambiguë, chimérique. Le réalisateur nous dresse le portrait d'une famille brisée, en quête de repères pour se reconstruire, exister. Youssef, très tard dans la nuit, déambule dans les rues désertes de Tunis et revisite son passé. Dans sa dernière émission, amputée d'un long passage - censure oblige - il lance un vibrant et touchant message d'amour à la femme de sa vie; cette dernière émission sonne le glas, demain il sera à la retraite, demain c'est le vide, il sera confronté à lui-même.


Aziza crie son écœurement, son dégoût, sa rage, retourne à son monde, un monde moins hypocrite.
 Le comptoir de commerce, les dialogues en bagnole des deux flics, chargés d'allusions, de sous-entendus apportent quelques notes d'humour à cette atmosphère si sombre. 
«Tunis by Night», un film miroir, amer constat de notre société, paradoxale et surprenante à la fois.

Certes, en filigrane, on relève des questions existentielles, le sens de la vie, le rapport à Dieu, mais on reste toujours dans le constat.
Vive le Cinéma.

Larbi Bribeche

 

 

 

 

 

 

 

Crédit photo ©Sabrina-Khiri