ESPAGNE/MAROC — SIX FILMS TUNISIENS A L’UNIQUE FESTIVAL CELEBRE EN SIMULTANE EN EUROPE ET EN AFRIQUE

2018-04-26 17:16:37

 

Le court-métrage tunisien «Briska», en compétition, sera présenté en première mondiale en Espagne.

Les longs-métrages «Vent du nord» de Walid Mattar et «La Belle et la meute» de Kaouther Ben Hania, sélectionnés en compétition.


Communiqué — Tarifa, 26 avril 2018.
Le Festival de Cinéma Africain de Tarifa-Tanger fêtera ses 15 ans du 27 avril au 5 mai 2018. La programmation de cette édition comportera six sections – Hypermétropie, En bref, Afroscope, Autour de Bouanani : le cinéma marocain d’avant-garde, Afrodescendances et 15 ans de FCAT - 80 films, dont trente-six premières en Espagne et deux premières mondiales. «I’m Not a Witch» de la réalisatrice zambienne Rungano Nyoni, «Bafta» du meilleur premier film en 2018, sera projeté en ouverture.

 

Une histoire tragique imprégnée de réalisme magique sur une fillette de huit ans enfermé dans un camps de sorcières, qui a beaucoup émue le public de Cannes l’année dernière. Une fois de plus, la qualité artistique est au cœur de la sélection des titres présentés à Tarifa, la ville la plus au sud de l’Europe occidentale, et à Tanger, la ville la plus septentrionale d’Afrique. Deux sièges, deux villes, deux continents, séparés uniquement par 14 kilomètres de mer Méditerranée.

 

 La Tunisie sera largement représenté au FCAT 2018. Le film «La Belle et la meute» de Kaouther Ben Hania, retenu dans la section Un certain regarde du Festival de Cannes en 2017, est en compétition dans la sélection officielle des longs-métrages de fiction du FCAT. Un thriller haletant et féministe fondé sur des faits réels. Également, le film «Vent du nord» de Walid Mattar, sera présenté en première en Espagne et au Maroc. Une histoire développée à cheval entre le nord de la France et la banlieue tunisoise, un drame qui porte sur la délocalisation d’une usine et les conséquences dans la vie des deux protagonistes. D’un autre côté, les films «Aya» de Moufida Fedhila, Tanit d’or du meilleur court-métrage aux Journées Cinématographiques de Carthage, et «Briska» de Nadia Rais, qui seront projetés pour la première fois en Espagne, sont en compétition dans la section En bref. «Briska» sera projeté en première mondiale au FCAT, un film basé sur la pièce de théâtre Ahl al Kahf de l'écrivain Tawfiq al-Hakim.

 Dans la section Afroscope, consacrée à des regards croisés sur l’Afrique, le film tunisien «Au délà de l’ombre» de Nada Mezni Hafaiedh, sera présenté en première au FCAT 2018. Le cycle 15 ans de FCAT montrera 15 films primés par le jury ou par le public lors des éditions précédentes. Une œuvre tunisienne a été retenue dans cet hommage : «Peau de colle» de la réalisatrice Kaouther Ben Hania, prix du meilleur court-métrage au FCAT en 2015.


Des films avec lesquels les créateurs ont construit la narration, l’imaginaire et l’identité culturelle d’un continent aux multiples facettes en pleine croissance, qui continue à chercher sa place dans le monde.

La programmation générale du FCAT 2018

Cette année, quatorze films, sept fictions et sept documentaires produits entre 2017 et 2018, ont été retenus dans la sélection officielle du festival, Hypermétropie. La majorité des fictions en compétition viennent du nord de l’Afrique (Tunisie, Algérie, Maroc et Egypte), tandis que l’Afrique subsaharienne est représentée par 5 documentaires. Beaucoup de ces films illustrent la situation politique de divers pays d’Afrique et mettent en scène les mouvements populaires déclenchés dans le sillage du Printemps arabe.

À l’instar de ce qui s’est passé dans d’autres pays africains, il y a-t-il encore de l’espoir pour une transition démocratique ? La réponse est au centre des documentaires Boxing Libreville (Amédée Pacôme Nkoulou), Kinshasa Makambo (Dieudo Hamadi), et aussi Sinestesia, El Cairo’13 (Maged El-Mahedy). Ces films seront projetés pour la première fois en Espagne et au Maroc, alors que «Lendemains incertains» de Eddy Munyaneza, sur l’incertitude provoquée en 2015 par les manifestations contre le président du Burundi, Pierre Nkurunziza, sera présenté en première mondiale.


 Les revendications féministes en vogue gagnent de plus en plus de terrain dans l’espace publique et cela se reflète bien évidement dans le cinéma d’un continent qui regarde de près les changements sociaux et politiques. En Afrique, ainsi que dans le reste du monde, les films commencent à déconstruire la culture patriarcale qui a façonné l’identité féminine depuis des temps immémoriaux.

Quatre cinéastes contemporaines africaines, la plupart réalisatrices d’un premier long-métrage, témoignent ce virage féministe dans la sélection officielle, Hypermétropie : La zambienne Rungano Nyoni ouvrira le festival, la tunisienne Kaouther Ben Hania recrée le calvaire d’une jeune fille victime d’un viol collectif dans «La Belle et la meute», film présenté au Festival de Cannes l’année dernière, la sueco-burkinabée  Theresa Traoré Dahlberg donne la parole à des femmes qui exercent des professions dites masculines dans son documentaire «Ouaga Girls», et la réalisatrice marocaine Narjiss Nejjar cible une partie sensible de l’histoire du Maroc dans «Apatride».



D’autre part, la section parallèle Afroscope racontera l’Afrique comme elle va à travers des documentaires We Have Never Been Kids (Egypte) de Mahmood Soliman et Au délà de l’ombre (Tunisie) de  Nada Mezni Hafaiedh, et des fictions The Wound (Afrique du Sud) de John Trengove, Supa Modo (Kenya) de Likarion Wainaina et Une saison en France (Tchad) de Mahamat Saleh Haroun. Regards d’Espagne montrera la vision du réalisateur David Reznak sur le Mali dans le documentaire CC1682 et de David Gutiérrez Camps dans Sotabosc. De même, le festival rendra un hommage spécial à Nelson Mandela pour le centenaire de sa naissance, à Hugh Masekela, compositeur de la musique du film Mandela, fils de l’Afrique, père d’une nation et qui vient de disparaître, et à Idrissa Ouedraogo qui a rendu son dernier soupir au mois de février dernier.

 Autour de Bounani : le cinéma marocain d’avant-garde, offrira  au public espagnol l’occasion de découvrir pour la première fois une large rétrospective consacrée à Ahmed Bouanani, l’un des cinéastes marocains les plus avant-gardistes mais paradoxalement oublié de l’histoire du cinéma marocain. Le chercheur et cinéaste Ali Essafi est l’auteur du film «La Septième Porte», un essai cinématographique qui mêle conversations filmées et extraits de films et tente de restituer l’univers artistique du cinéaste et poète. Il est aussi le commissaire de cette rétrospective réunissant les œuvres cinématographiques de Bouanani et des films d’autres réalisateurs de cette génération qui ont travaillé et partagé une vision du cinéma avec lui. Cette rétrospective, présentée à la Berlinale en 2017, est inédite en Espagne. Le FCAT a pris en charge le sous-titrage en espagnol des treize films sélectionnés, en espérant vivement que cela encourage d’autres institutions cinématographiques et culturelles du pays à offrir à leurs publics la possibilité de les découvrir.


 Finalement, la section Afrodescendances met en lumière huit films nationaux et internationaux de la diaspora africaine en Europe. Cette 15ème édition sera de nouveau un lieu de rencontre, de connaissance, d’échange et de communication entre des acteurs, actrices et professionnels du cinéma d’origine africaine et le reste de la société espagnole, faisant du FCAT un point de référence pour l’afrodescendance dans ce pays.