COLLOQUE «ENGINEERING DES FESTIVALS DE CINEMA» : INTERVIEW DE MAHMOUD JEMNI

 2017-09-16 21:21:41


Interview de Mahmoud Jemni, Président du Festival International du Film Arabe de Gabès.

Propos recueillis par Marie de Peyster, pour «Cinematunisien».

Quel était l’objectif visé lors de l’organisation du Colloque «Engineering des Festivals de Cinéma» ?

L’objectif, il est simple : comment passer du stade d’amateurisme au stade de professionnalisme ?  
Etre enthousiaste et avoir de l’engouement, c’est beau en soi, mais ce n’est pas suffisant.

 

Quand on organise un festival, on est motivé par le désir de voir naître quelque chose, d’édifier un projet. La motivation, c’est une condition sine qua none pour réaliser des projets, mais elle n’est pas suffisante car l’édification d’un projet nécessite un ensemble de compétences, de visions et de préparations. Or ceci semble  manquer à la majorité des initiateurs de projets. Il y a donc une carence de professionnalisme. D’où, comme je l’ai mentionné au début, l’objectif est d’atteindre un certain niveau, ou un minimum requis, de professionnalisme.

 

 

Le Colloque a duré 3 jours, est-ce qu’il s’est déroulé selon les conditions prévues ?

Puisque l’on tend vers le professionnalisme, tout ce qui a été tracé a été respecté, sans ajout ni retrait. C’est l’une des premières conditions à respecter. Si on commence à ajouter ou à éliminer, on va dénaturer l’essence, l’âme même du Colloque et on va rester dans l’amateurisme.

L’hommage rendu à trois personnalités marquantes du cinéma n’était-il pas antinomique avec l’esprit du Colloque ?

Je pense que non, et pour deux raisons :
- Etant donné que le Colloque a un aspect purement technique, nous avons voulu apporter un peu de convivialité au contenu général de ces journées.
- Le cinéma étant un tout, où le technologique, l’esthétique, voire le philosophique se retrouvent, l’hommage devient un geste de reconnaissance envers ces personnes qui ont contribué à l’édification du secteur cinématographique tunisien, chacun selon sa spécialité, du producteur au musicien, en passant par le réalisateur.

Pour conclure, le Colloque a-t-il atteint ses objectifs, et quelles seront ses applications ?

Les objectifs escomptés ont été atteints, preuves à l’appui les recommandations faites par l’ensemble des participants. Ces recommandations ont été revues par tout le monde, et pour ne pas se contenter de ce qui a été écrit par les rapporteurs, elles ont été passées en revue une par une par le rapporteur, débattues, puis retenues.


Un groupe a été désigné pour assurer le suivi et préparer la prochaine rencontre, en marge des JCC, en novembre 2017. Nos vis-à-vis officiels, c’est-à-dire le ministère de la Culture et le CNCI, ont reçu eux aussi ces recommandations. Nous allons de notre côté réfléchir à les rendre opérationnelles. Pour cela, nous aurons besoin d’autres rencontres et d’autres formations.
L’organisation des festivals relève du domaine de l’information et de la formation.

Donc, globalement, le Colloque a été très positif, très réussi, et c’est l’avis de tout le monde ?

Au vu des réactions orales et écrites de tous les participants, tunisiens et étrangers, je peux dire qu’il a été très positif.
Résultats positifs, car nous avons adopté une approche  constructive et participative. Pendant les trois jours, chaque participant, quel que soit son parcours, est parti de sa propre expérience pour analyser, proposer, convaincre, élaborer une feuille de route et enfin lister un ensemble de recommandations. Lesquelles recommandations ont été débattues et affinées.

 

Propos recueillis par Marie de Peyster