Le réalisateur Rafik El Meddeb n’est plus

 Le réalisateur tunisien Rafik El Meddeb s’est éteint aujourd’hui à l’âge de 70 ans.
Nous publions cet entretien pour lui rendre hommage. Paix à son âme.

 

Rencontre avec : Rafik El Meddeb

 

Par Tahar Melligi - Le Temps du dimanche 2 mai 1982.
 

Un rendez-vous avec un réalisateur de la nouvelle génération qui ne manque sûrement pas de compétence et de savoir. C’est Rafik El Meddeb le réalisateur des émissions enfantines : «Feuilles sur écran» et des premiers volets de l'émission «Lanterne des Souvenirs» et l'émission au regretté Hamouda Maali.

 

Un vieux rêve

«J'étais étudiant à la Faculté des lettres, après avoir décroché le bac, j'ai suivi une année de droit. Il y a eu un concours pour le recrutement d'assistants réalisateurs. Un vieux rêve qui me berçait depuis longtemps. Car, je voulais toujours faire du cinéma. Je me suis présenté en tant qu’assistant. J'ai assisté Mohamed Rached Belghith et Othman Ben Salem. Par la suite, j'ai été envoyé par la T.V. suivre un stage de cinéma à la «faculté du cinéma de Prague, durant cinq ans.

 

Entre temps, et pendant les vacances d'été, je réalisais des courts métrages. Mon premier film avait pour thème : «Les gardiens de l'Ile Galitan». Ce film a remporté le premier prix au cours du «Festival des Courts métrages» à Casablanca. J'ai réalisé ensuite un film sur le planning familial qui a été tourné dans une clinique ambulante.
Ce film a représenté la faculté du cinéma de Prague au «festival du cinéma de Grenoble» et a remporté le deuxième prix.

Je suis rentré définitivement à Tunis en 1974. Parmi mes réalisations à l'époque je cite «Chabab El Youm», une émission destinée aux jeunes. «Théâtre de la vie» et une année de «Dimanche Sports». Je me suis «un peu» spécialisé dans les émissions enfantines.

Les dramatiques

Je suis venu au domaine de la réalisation par conviction et non pour gagner des sous. Puisque le réalisateur est quelqu'un qui a un certain message à communiquer. Or il n'est pas question de parler actuellement de réalisation de dramatiques ou de grandes variétés, parce qu'à la RTT on ne peut s'exprimer librement à cause des contraintes auxquelles il faudrait se plier… C'est pour cette raison que je m'abstiens de présenter des dramatiques qui risquent de ne pas plaire. Alors que je pourrais mieux m'exprimer dans les émissions enfantines.

2ème chaine

«A mon avis, il vaut mieux avoir une seule chaine et l'améliorer que de créer cette deuxième chaîne. Je suis sûr, que plusieurs téléspectateurs ne vont plus suivre la chaîne actuelle et c'est dommage.
Concernant la programmation actuelle je suis intéressé par «avec le médecin» qui est une émission de vulgarisation médicale. Il y a également des émissions de vulgarisation agricole. Ces émissions auraient dû être programmées après les informations. Personnellement, je préfère voir un problème qui me touche dans mon quotidien que de suivre un feuilleton à l'Egyptienne ou «Dallas». Concernant ce dernier, je dois dire que «Dallas» est un navet. C'est un feuilleton conçu pour le petit public, comme les films égyptiens d'ailleurs».

Projet

«Je travaille très sérieusement sur une trilogie qui me permettra de montrer certains aspects de la vie socioculturelle de certains délinquants. Le deuxième volet traitera de la délinquance juvénile. Et la troisième partie concernera un jeune ouvrier qui a des problèmes pseudo politiques…

Concernant l'actuelle crise de production, ce n'est qu'un essoufflement qui a trop duré... et qui changera.

Par Tahar Melligi
Le Temps du dimanche 2 mai 1982.