Mon 14 : Au cœur de la révolution

 Auteur : Kamel Bouaouina — Le Temps

 

«Mon 14» est un film documentaire produit par Amira Mimouni et réalisé par Ismahan Lahmar. C’est l’un des premiers projets de l’Agence américaine de développement international (USAID) qui a gelé ses activités depuis 1994 et qui montre de l'intérêt au secteur de l'art et plus précisément au cinéma tunisien.

 

En effet, l'agence américaine a financé le film documentaire «Mon 14» qui sera présenté au Ciné-Jamil, aujourd’hui 1er février, en avant première aux journalistes, en présence de l’ambassadeur des Etats d’Amérique en Tunisie, Gordon Gray.

C’est un film de 52 minutes qui s’est donc construit au fil du temps et des séquences, des images poignantes et marquantes de la révolution tunisienne. L’œuvre essaye de relater la réalité de ce qui s’est passé en Tunisie lors de la fameuse journée du 14 janvier 2011. Il incarne l'état d'esprit des jeunes qui ont fait la première révolution de l'ère virtuelle et celui des plus âgés qui n'ont jamais cessé de braver la peur pour résister à la dictature. La caméra est immergée dans la foule durant cette journée de combat, au milieu des protagonistes. Il ne s’agit plus ici de script, de scénario ou d’effets spéciaux, non c’est un nouveau langage cinématographique. Le film se laisse en quelque sorte porter par des événements extraordinaires et capte les émotions, les fatigues, les enthousiasmes, les colères, l’effervescence et la spontanéité d’une foule qui se réveille et appelle à la liberté Ce récit est basé sur des histoires vraies, des faits réels, des témoignages de citoyens tunisiens qui ont vécu cette journée historique qui s’est achevée par la fuite de Ben Ali.


«Mon 14» apporte surtout des éclairages sur les dessous de cette révolution : ce qui l’a provoquée et les raisons pour lesquelles le peuple a insisté pour le départ de Ben Ali. Le réalisatrice Ismahan Lahmar a sillonné le pays et à travers des témoignages enregistrés dans les 24 gouvernorats du pays, a su retracer la réalité de ce qui s’est passé, tout en montrant la richesse des paysages en Tunisie, ainsi que celle de son patrimoine historique.

 

Le documentaire nous plonge au cœur de la contestation tunisienne. Cette révolution, peu de personnes l’on vue venir. Mais la réalisatrice s’est introduite dans la foule et a filmé les Tunisiens en colère. Il est même difficile d’identifier les personnages principaux ou les leaders du mouvement. En réalité il n’y en a pas. Le message essentiel que le public retient, c’est une Tunisie solidaire, qui se bat pour un seul et même but, sa liberté.

Kamel Bouaouina

Source : http://www.letemps.com.tn/article-63060-01022012.html