L’invité de la semaine : Tahar Chikhaoui : Le cinéma dans le sang

 A l’occasion du début du Festival de Cannes, le critique et universitaire Tahar Chikhaoui a accordé un entretien au Journal (Le Quotidien) :

«Le festival de Cannes est une manifestation incontournable pour de nombreuses raisons. La première et non la moindre est que l’on y projette énormément de films. Des films très récents et venant de tous les pays.

 

Pour un critique, un journaliste, un professionnel, un amateur, c’est une occasion unique de découvrir, de suivre l’actualité cinématographique et d’être à jour.

Lors du festival de Cannes, on peut faire l’expérience stimulante de se trouver exactement dans la même position que tous les critiques du monde par rapport à n’importe quel film. A titre d’exemple, à 8h30 je vais découvrir le film en même temps que le journaliste du journal «Le monde», «El Pais», «The Guardian»…

Et enfin l’envers du décor, ce qui se passe en coulisses. Ce qu’on appelle l’arrière boutique de la critique. Comment se fabrique l’idée de cinéma. Je connais beaucoup de critiques. Avant Cannes et avant de gagner leur amitié, je les connaissais à travers leurs écrits. J’avais soif de savoir comment ils appréciaient les films. La presse française rend perceptible un même mode de pensée. Citons Serge Daney, un grand critique qui jouissait d’une notoriété telle que, sitôt sa critique publiée, soit l’on prenait son parti, soit l’on s’en démarquait.

Saisir la genèse de l’idée de la critique, comprendre comment circule l’idée est très important pour moi. Par ailleurs, je tiens à m’inscrire en faux contre ceux qui rechignent à donner tout le respect que mérite le journaliste qui livre une critique tous les jours. Pareille démarche est vraie, salutaire, risquée et courageuse. Ecrire à vif est comparable à une cure contre les effets pervers de l’académisme. Des raisons que partagent beaucoup de gens. N’étant pas journaliste, je n’écris pas tous les jours. Un travail se fait sur la durée parce qu’ils sont dans une temporalité différente de celle du critique.

 

Cette session du festival du Cannes qui est le centre d’enjeux culturels et économiques considérables promet d’être savoureuse. L’on sait qu’effets de la crise oblige, peu de films américains vont participer. Gilles Jacob et Thierry Frémont, qui sont respectivement le président du festival et Délégué général ont rappelé que tous les continents allaient être représentés et surtout l’Afrique, notamment avec le film du cinéaste tchadien Mohamed Salah Haroun. Et bien sûr la polémique suscitée par le dernier film de Rachid Bouchareb».

WALEY EDDINE
Le Quotidien – Tunisie