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SELMA BACCAR, PR…SIDENTE DU JURY AU TAGHIT DíOR Version imprimable Suggérer par mail
«Le film de Khaled Benaïssa nous a énormément emballés»

Qualifiant le film Ils se sont tus de «super-intelligent», c’est l’éclatement de l’espace qui a beaucoup interpellé notre réalisatrice, normal, elle est architecte...

Réalisatrice tunisienne, née en 1945 à Tunis, Selma Baccar que nous avons déjà eu l’occasion de rencontrer à la dernière édition des JCC (Journées cinématographiques de Carthage) étudie le cinéma à l’Institut français du cinéma puis travaille pour la Télévision tunisienne, assistante-réalisatrice sur le tournage de plusieurs longs métrages. Durant sa carrière professionnelle, elle réalise des courts et des longs métrages, documentaires et séries télévisées. En 1990, elle devient la première productrice en Tunisie. En 2006, elle obtient le Prix du cinéma à l’occasion de la Journée nationale de la culture. Bekkar prend part, en 1989, à la production d’El niño de la luna et participe à des festivals de renom comme celui de Cannes. Elle s’illustre par plusieurs films tels que: Fatma 75 (1976), Khochkhach, Fleur d’oubli (2005). Invitée au Festival du court métrage dans sa seconde édition qui a eu lieu du 15 au 20 décembre, elle nous donne ici son point de vue sur les films qu’elle a eu à regarder puis à juger en sa qualité de présidente du jury, donne ses appréciations notamment sur les films primés, sur le festival et émet quelques propositions. Ecoutons-là.

Un mot sur le palmarès que vous avez donné suite au visionnage de tous ces films en compétition.
Selma Baccar : Ce que je voulais exprimer, je l’ai fait hier dans le petit discours très modeste avant le palmarès. Sur l’ensemble des 26 films que nous avons eu à voir, une grande majorité a nécessité des débats vraiment très intéressants et très enrichissants. Pour nous membres du jury, qui sommes de générations très différentes, venons d’horizons différents, avons une approche différente du cinéma. Et donc s’écouter, parler les uns les autres de tous les films qu’on a vus, ce fut très instructif. Comparer les films par rapport à leur origine aussi, c’était très intéressant, au niveau de la thématique surtout, un peu aussi au niveau du langage cinématographique utilisé. A tel point que, après avoir vu le film allemand, je me suis écrié: O Mon Dieu! que je suis heureuse d’être née dans un pays sous-développé parce que nous, au moins, on a des choses à dire. Il y a tellement de problèmes sur lesquels on peut s’exprimer, qu’on a l’impression que la plupart des films qui viennent de l’étranger parlent de gens qui sont dans une sorte de dépression permanente, par rapport à un mal de vivre. Alors que nous, nous avons des problèmes concrets et vitaux.

Comment a travaillé le jury et sur quels critères?

D’abord, le premier critère est la qualité technique et artistique. Le langage cinématographique aussi, lequel peut s’affirmer dès le départ comme un langage cinématographique dans une définition classique de la chose et qu’il fallait que cela soit des films aboutis comme le film marocain par exemple, La jeune fille et l’instit, ou alors des films où il y aurait eu beaucoup plus de recherches, mais il fallait aussi que cette recherche n’étouffe pas le propos et que ce dernier reste clair au moins dans le cas du film tunisien primé. Que le genre cinématographique, la recherche et la symbolique de certaines scènes soient crédibles à transmettre et arrivent à créer une atmosphère réelle, qu’ils puissent être vécus par nous en tant que spectateur moyen pas uniquement parce que nous sommes membres du jury. Donc on a fait un premier tour au départ qui nous a permis d’éliminer certains films en attirant l’attention, en disant qu’on est étonné par la présence de certains films qui n’avaient rien à voir avec ce festival, ni par le contenu, ni par la forme, ni avec le reste des films. Une fois qu’on s’est débarrassé de cela, il restait un nombre de films, au moins une quinzaine sur lesquels nous sommes revenus pour une deuxième discussion et des propositions concrètes quant aux prix qui existent. Et une fois qu’on a distribué les prix, comme on a eu quand même quelques pincements au coeur pour certains films, on s’est dit qu’il faut absolument leur donner des mentions spéciales pour attirer l’attention, sur au moins l’effort qui a été fait sur les tentatives. Ce n’étaient certainement pas les films les plus aboutis mais c’étaient les films qui présentaient les prémices d’un cinéma intéressant. Bien sûr que nous avons été particulièrement surpris, comme tout le reste du jury, d’avoir été influencé aussi par l’actualité des événements, donc par la priorité des thématiques pour chaque société, comme le problème palestinien, le film auquel on a accordé le Prix du scénario, car nous avons été charmés par le traitement. C’est la première fois qu’un film palestinien engagé voit les choses de l’autre côté, du côté de l’autre. Le regard de l’autre, du soldat sioniste, comment lui voit les jeunes militants palestiniens. C’est grâce à ce regard qu’on est rentré dans l’absurdité de cette guerre parce qu’à la fin, le soldat tire, alors que ce n’était même pas ce jeune-là qui était recherché. Outrepassant le problème politique israélo-palestinien, c’est cette fragilité humaine qui est mise en exergue, on arrive à une réflexion plus générale sur l’absurdité de la guerre. C’était aussi le cas du film serbe. Et aussi le cas du film algérien de Khaled Benaïssa. C’est un film qui nous a énormément emballés par le renouveau du traitement. C’est un film super-intelligent, dont la manière avec laquelle le réalisateur a voulu aborder un sujet aussi grave, que ces dix dernières années de terrorisme que l’Algérie a vécues. Il a pu nous le transmettre par une journée dans le quotidien d’un type banal. Ce n’est pas un militant, ce n’est pas un intégriste. C’est un monsieur qui travaille la nuit et a besoin de se reposer le jour. Et le quotidien de la rue vient l’agresser jusque dans son lit. Mais le personnage à aucun moment ne s’énerve. Il n’agresse personne. Il est dans la ville et la ville est en lui. Moi personnellement, c’est l’éclatement de l’espace qui m’a énormément interpellée. C’est d’avoir emmené le personnage principal dans son lit, dans la rue. Et la rue qui arrive dans la maison. Il y a cette interpénétration avec un amour fou, l’acceptation de l’autre et un quotidien de tout ce qu’il y a de plus banal puisqu’on a pu même en rire. Le culot qu’a eu le réalisateur -dans le bon sens- c’est d’oser traiter un sujet aussi sérieux par l’humour. Et tout à coup, quand il a basculé vers un ton plus grave, on était là, on a palpité, on a eu peur, en même temps que ces gens dans la rue. J’ai beaucoup vécu la détresse du personnage quand il criait et n’avait plus de voix. Ce n’est pas parce que j’ai perdu la mienne, hier, mais je me suis dit que c’est celle du peuple algérien qui, à un moment donné, voulait appeler au secours et que personne ne l’a entendu. Il était dans le désespoir, voire dans ce quelque chose qui risquait d’éclater sur lui, d’être tué, cassé par la bombe et lui ne pouvait rien faire. C’est ce sentiment de désespoir très fort qu’il est arrivé à nous communiquer par les dernières scènes du film alors que tout le début c’était un temps léger. Moi, je pense que c’est ça le coup de génie qu’a eu le réalisateur. C’est d’arriver à faire ce mélange très judicieux entre le comique et le tragique

Un mot sur le festival lui-même?

J’ai trouvé que c’est une opportunité magnifique qui s’offre aux jeunes cinéastes algériens d’abord, bien sûr, puisque cela se passe en Algérie. Je crois sincèrement que c’est une merveilleuse opportunité qui est offerte aux jeunes cinéastes d’abord nord- africains, arabes et pourquoi pas même ceux qui viennent d’autres pays qu’on dit mieux dotés, en matière de production et surtout leur diffusion de courts métrages. Car aujourd’hui, il existe très peu de festivals internationaux spécialisés dans le court métrage. Cela se compte sur les doigts d’une seule main et ceux qui sont consacrés au court métrage depuis des années comme le festival de Clermont-Ferrand commencent à s’essouffler. Aussi, les cinéastes arabes et nord-africains se sont toujours sentis un peu mis à l’écart. Si le Festival de Taghit peut prendre la relève de tous ces cinéastes arabes, africains et nord-africains, offrir un espace de diffusion et d’échange et de confrontation des expériences, ce serait magnifique.

Je crois savoir que vous avez émis quelques recommandations suite à ce festival.

Ce ne sont pas des recommandations mais on a glissé un petit clin d’oeil aux responsables, pour leur faire prendre conscience de l’importance d’un festival comme celui-là. Pour la renaissance d’un cinéma algérien, jeune, aussi bien pour les cinémas des pays voisins. Peut-être que les grands absents étaient cette fois les pays d’Afrique noire. Parce qu’il se passe des choses là-bas aussi. Il faudra essayer d’aller les chercher. C’est bien d’avoir des films venant d’Allemagne, de France, de Belgique et de Serbie; c’est très bien au niveau d’un échange expérimental ou juste au niveau de l’information pour savoir ce qui se passe d’intéressant de l’autre côté de la Méditerranée, mais je pense qu’il faut aussi ouvrir la porte au cinéma africain.

Entretien réalisé par O. HIND            
 
Source : http://www.lexpressiondz.com          
 

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