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Les 31èmes rencontres internationales Henri Langlois des films d'écoles

Vers un cinéma innovant, rafraîchissant et pertinent
Les Rencontres internationales Henri Langlois ont mis à l'honneur les écoles de cinéma africaines durant leur trente et unième édition qui s'est tenue à Poitiers du 10 au 14 Décembre. 



Ce festival majeur dédié aux films d'écoles est né suite à l'initiative d'Henri Langlois patron de la cinémathèque française décédé prématurément un mois avant le démarrage de la première édition à Tours en 1977. Ce festival qui se tient à Poitiers depuis 1990 a migré cette année vers le théâtre auditorium situé dans la même ville et inauguré en Septembre 2008. Un espace moderne, fonctionnel et chaleureux qui aura très largement contribué à offrir d'excellentes conditions de projection des films et favorisé l'échange entre participants qu'ils soient étudiants, enseignants de cinéma ou responsables d'écoles. L'ISAMM première institution d'enseignement supérieur public ayant mis en place une filière cinéma a représenté la Tunisie avec deux films de fin d'études présentés dans le focus africain. Elle a par ailleurs été partie prenante dans les deux tables rondes consacrées aux écoles d'Afrique( ces deux tables rondes feront l'objet de la deuxième partie de cet article)

Il y a lieu de souligner dans un premier temps la qualité de l'organisation. La disponibilité des organisateurs, leur amabilité, la ponctualité dans les horaires des projections sont autant d'éléments qui ont contribué à la renommée de ce festival couru par les écoles de cinéma des cinq continents. Cette année soixante-deux films ont été sélectionnés parmi plus de mille parvenus au comité de sélection. La rigueur de la sélection et le niveau d'exigence artistique sont autant de gages de crédibilité et de sérieux de ce festival. On a eu l'occasion de s'en rendre compte par nous-mêmes lors de deux éditions auxquelles on a pu prendre part. On ne va pas à Poitiers pour voir des ersatz de films, un cinéma encore balbutiant mais de vraies propositions de cinéma, innovantes, rafraîchissantes, pertinentes, solidement ancrées dans l'histoire du septième art. Qu'il s'agisse de fictions , de documentaires ou de films d'animation, la session 2008 n'a pas failli à sa réputation en nous proposant un programme éclectique et riche avec à la clef un palmarès qui reflète la diversité des films sélectionnés.

Un cinéma dans l'Histoire
C'est un cinéma arrimé au réel, en phase avec l'histoire peut être grave mais ô combien lucide par rapport à la condition de l'homme moderne que le jury a choisi de mettre à l'honneur.
Et c'est tant mieux pour le cinéma, ces films apportent en effet un démenti à ceux qui stigmatisent la dépolitisation de la jeune génération, son individualisme exacerbé. Plus, ce type de démarche est tout à l'honneur du film d'école souvent injustement considéré comme un pur jeu de forme déconnecté de toute réalité. Le film suisse " fausse route " de la KHM de Cologne de Reto Caffi, prix de la mise en scène, qui explore à travers une esthétique hyperréaliste, une mise en scène nerveuse et chirurgicale, les ravages de la culpabilité double de ses deux personnages incapables de s'aimer parce que trop lestés du poids d'une attitude individualiste à l'origine de leur culpabilité. La justesse du jeu des acteurs, l'éviction de tout psychologisme, la fluidité de la mise en scène et sa cohérence par rapport aux propos du film font de " fausse route " le film de cette session. Le grand prix du festival a été attribué ex æquo à deux films, " Soudain pour toujours " du Polonais Zbigniew Bzymek de l'école de cinéma de Lodz et à " dispersées dans l'air " de la brésilienne Vera Egito de l'ECA de Sao Paolo. Si le film brésilien nous est apparu un peu lisse et surléché en dépit d'un scénario intelligent où l'observation du comportement d'adolescentes dans son immeuble sert de déclencheur au questionnement d'une femme sur son couple et sur le temps qui va, le film polonais d'une grande maîtrise formelle mérite amplement la consécration. Il se veut une réflexion sur la paternité et les angoisses qu'elle génère chez un futur père, pas du tout préparé à le devenir. Totalement déconstruit, il consiste en des fragments de la vie d'Eryk comédien de son état, durant la nuit qui précède la venue au monde de son fils et le jour de la naissance de ce dernier. Ce n'est qu'au moment où sa nouvelle condition cessera d'être une abstraction qu'Eryk consentira à l'assumer après moult tergiversations. Le travail de la caméra, la sécheresse du découpage et les parti pris de narration donnent le tournis au spectateur et épousent idéalement l'état de stupeur, d'inquiétude, d'indécision d'un père en devenir.

A la lisière de la fiction et du documentaire
Deux autres films primés , respectivement " Miyuki " du Chinois Ming Liu et " Forbach " de la Française Claire Burger sont emblématiques de cette tendance à l'estompement des frontières entre le documentaire et la fiction observable dans plusieurs films de la compétition. " Myuki " est le portrait d'une jeune " escort -girl " de Hong-kong, qui parle de son " métier " de son rapport aux hommes , à l'argent et à l'amour et de la blessure à l'origine de ce qu'elle considère comme son dévoiement . Il s'agit d'un documentaire qui s'appuie sur un dispositif fictionnel, mise en scène clairement assumée, surdécoupage, cadrages très recherchés et de toute évidence un travail de direction de son personnage principal. Le pacte de croyance que ce genre est censé instaurer avec le spectateur vole ici en éclats et tout au long du film on se pose la question de la " réalité de ce qui se joue devant nos yeux ". " Forbach " fonctionne exactement à l'inverse, il s'agit d'une fiction minimale aux allures de documentaire avec des personnages jouant leurs propres rôles dans la vie, deux frères et une mère. Une caméra portée, nerveuse, un éclairage minimal, un montage qui se joue des raccords, des coupes franches à l'intérieur des plans et dans la parole, un récit fragmentaire et elliptique. A la manière des frères Dardenne, Claire Burger entreprend la radioscopie d'une famille sans père, le temps d'un week-end. Le retour de Samuel, jeune comédien consacré à Paris dans son village natal pour recevoir une médaille est le prétexte à une immersion dans sa famille, un frère mutique, tendre et un peu looser que Samuel adore, et une mère un peu fofolle mais débordante de tendresse et fière de la réussite de son aîné. La province, l'ennui la grisaille, c'est l'hiver, une virée en boîte qui met à nu l'alcoolisme qui ronge la mère. Un film couperet sur le mal de vivre, la vieillesse, mais aussi sur l'amour qui cimente cette famille en dépit de tout.

La disproportion de moyens entre nos écoles et celles des réalisateurs des films en compétition ne constitue pas à nos yeux un handicap majeur en soi, c'est beaucoup plus sur le plan de la maturité du propos que l'écart nous paraît significatif. L'âge moyen des réalisateurs en compétition se situe entre 28 et 30 ans ce qui est très largement au-delà de la moyenne d'âge de nos étudiants qui ont entre 22 et 25ans. Sous d'autres cieux, les études de cinéma sont l'aboutissement d'un parcours académique, on y accède avec du vécu, une maturité, un regard sur le monde et une conscience aiguë des enjeux de la représentation filmique.

Ceci nous amènera dans l'article à questionner les dispositifs de formation au cinéma en Afrique qui ont fait l'objet du focus des rencontres Henri Langlois cette année dans la seconde partie de ce bilan.

IKBAL ZALILA          
 
Source : Le Temps        
 

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