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Silence, un documentaire de Karim Souaki Version imprimable Suggérer par mail

http://www.cinematunisien.com/components/com_jmovies/img_pictures/Silence.jpgLa vie continue…

 

Parler de la séropositivité à visage découvert n’est pas commun sous nos cieux, encore moins pour un film documentaire. Avec Silence, Karim Souaki n’y est pas allé par quatre chemins pour dresser le portrait de Jimmy, figure emblématique de son quartier — La Goulette — et séropositif depuis 25 ans.

 

 

 

Le film suit notre «héros» dans ses randonnées quotidiennes durant lesquelles il  distribue des préservatifs aux jeunes tout en prenant la peine de discuter avec eux des dangers et des nombreux risques de contagion. Cette action, Jimmy la fait volontairement depuis son retour d’Europe, quand il a su qu’il est contaminé. Il raconte sans tabous ses périples, ses dérapages, son addiction à la drogue et son retour au pays. Confronté aux regards de la société et aux nombreux préjugés, Jimmy s’est fait une raison : combattre la maladie et surtout la stigmatisation des malades.

Karim Souaki suit son personnage et collecte des témoignages, mais il ne s’arrête pas sur le discours, bien au contraire, il pose un regard tendre sur ceux qu’il filme en brisant, à travers le portrait de Jimmy, les a priori et les idées reçues. «Le sida fait peur aux ignorants», dit-il


Le cinéaste joint l’image au témoignage en montrant Jimmy mangeant dans le même bol avec un ami ou en se rasant la barbe chez le coiffeur du quartier.


Avec ce genre d’image, qui n’échappe pas à Karim Souaki, le message est clair, et se passe de tout commentaire.


Jimmy est rêveur, il est artiste et poète aussi, prend-t-il son mal en patience avec philosophie en se donnant une mission dans la vie.
«Une personne vivant avec le virus du VIH n’est pas une personne malade ni mourante, elle est juste dans le couloir de la mort. Ceci ne l’empêche pas d’espérer mourir de vieillesse et de continuer à aimer la vie», explique Gaddour, un ami très proche de Jimmy.


Silence montre un seul aspect du vécu du personnage, la sympathie de son entourage et la compassion des siens et s’abstient de montrer les formes de discrimination qu’il peut subir. C’est un parti pris assumé par le cinéaste pour que son film ne bascule pas dans le mélodrame et ne dérive pas du sujet essentiel : le silence et le déni.

 

Mais, pour évoquer un sujet d’une telle sensibilité, basculer dans le discours direct semble comme inévitable car le cinéaste abandonne, à un certain moment du film, son personnage pour se focaliser sur une séance de sensibilisation  (assurée par l’Association de lutte contre les MST-sida) dans une école primaire. Une approche didactique est mise en scène pour appuyer l’engagement de Jimmy. Cette partie du film qui peut paraître parachutée est justifiée et pour cause ! Primo, associer un personnage aussi positif que Jimmy, fort de sa joie de vivre, à cette lutte ne peut être que bénéfique pour rendre l’approche plus vraie et plus humaine.  Secundo, pour combattre un tel fléau, mis sous silence, il faut profiter de toutes les occasions pour en parler ouvertement et crûment.


Tertio, l’impact du documentaire avec sa démarche, son langage, son esthétique et son approche est beaucoup plus poignant, voire efficace que les campagnes de sensibilisation occasionnelles, souvent maladroites, façon langue de bois, diffusées par  la télé. Quarto, la durée de vie d’une œuvre filmique  est plus longue que celle d’un spot de sensibilisation. 


Silence de Karim Souaki a le mérite de briser, un tant soit peu, le mur du silence autour des personnes qui vivent avec  le virus, des personnes qui tiennent à la vie et qui continuent à profiter de ses moments de bonheur. Jimmy est un bon exemple : tout en lui nous dit que malgré tout, la vie continue…

 

Asma DRISSI       
 

Source : La presse       

 

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