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Journées du Cinéma européen - La Nostalgique d'Eleni Alexandraki (Grèce) Version imprimable Suggérer par mail
Une femme fait un trajet nocturne en mer, vers l'île qui l'a vue naître et qui la rattache à son souvenir. Un périple dans la mémoire, un peu confus, entre les belles îles grecques.

Après divers courts-métrages et documentaires, ainsi que deux longs-métrages dont "Une goutte dans l'océan" (1996) qui a reçu le Prix Monneto au Festival du Film de Berlin, c'est à l'adaptation de la nouvelle "I Nostalgos" d'Alexandros Papadiamantis que la cinéaste grecque Eleni Alexandraki s'attaque pour signer son troisième long-métrage, "La Nostalgique", présenté au Colisée avant-hier jeudi 27 novembre. Après plus d'un siècle, donc, une nouvelle est ressuscitée par une libre adaptation qui garde le même aspect de conte un peu philosophique, de récit initiatique.

L'initiation en question est dans ce trajet à travers la mer qu'effectue Anna, surnommée Annio, de l'île sur laquelle elle habite avec son mari de plusieurs années son aîné, vers celle où elle a passé les trente-cinq premières années de son existence. Ce qui était une velléité au début, une sorte de rêve, prend vie quand elle en parle pour elle-même, sur sa terrasse, le regard rivé sur le large. Elle fait alors participer Mathios, le jeune pasteur, à l'aventure du "je" qui devient celle du "nous". Commence alors un trajet en mer à bord d'une barque, dans cette nuit de pleine lune, et la promenade se transforme en véritable fuite. Se déclenche alors la mémoire qui, à mesure que la barque s'approche de l'île désirée, devient plus libre, plus présente, plus obsédante.
Les fragments du passé se mêlent au présent, les images se télescopent, se confondent, les légendes prennent vie, Anna devient une actrice, elle ne fait que jouer la comédie sur la grande scène de la vie, elle a même un regard de tragédienne. Cette île abandonnée et longuement désirée devient une sorte d'amant voilé par les brumes, derrière la mer si large, et son amoureuse languide retient son souffle à mesure qu'elle s'en approche, et alors sa mémoire se libère, sa langue se délie, elle est plus jeune, c'est presque une enfant, son cœur bat comme lors des premiers émois. Elle voit bien cependant que Mathios s'éprend d'elle même s'il ne le lui dit pas, mais elle veut seulement que ce soit un périple vers son passé et qu'elle ne touche que sa vieille île, et rien d'autre. Sur l'île qu'elle a quittée, son mari va comme d'habitude de taverne en taverne, mais les habitants sont toujours là pour s'occuper de ce qui ne les regarde pas. Et alors le mari, tant bien que mal prévenant, poursuit en bateau son épouse qui, en barque, est de plus en plus proche de son île à l'heure où le jour se lève.

Tout le film se passe dans la nuit, le présent a cette demi-teinte, ce bleu nocturne strié par la pleine lune argentée. Jouant sur les contrastes, Eleni Alexandraki montre le passé d'Anna en plein jour, dans les immenses landes de l'île de sa jeunesse. Le présent a cette obscurité et ce silence du voyage en mer, illuminé par les pans de ce passé joyeux, qui a cédé la place ensuite à la solitude, à la mélancolie. Ce n'est d'ailleurs pas à tort que l'auteur fait dire à l'enfant qui est allé informer le mari d'Anna de la fuite de cette dernière, d'avoir vu un fantôme sur la terrasse de la villa, avant de se rendre compte que ce n'est qu'Anna tout de blanc vêtue. La femme n'a plus de réelle existence, elle a tout laissé "là-bas", comme elle dit, sa vie se passe encore sur l'autre île.

L'histoire d'Anna est racontée par plusieurs voix. Nous ne savons guère qui sont tous ces narrateurs, mais l'auteur fait ainsi du périple d'Anna une sorte de légende étayée par les habitants, un mythe appartenant à l'imaginaire collectif. Alexandraki truffe alors son film de légendes contées dans des mises en abyme, de références au religieux, de mysticisme, le tout dans une atmosphère de merveilleux. Il y a de la tragédie également dans cette fuite, à travers l'obscurité, les murmures, les silences, les regards, mais aussi la chute...

"I Nostalgos", bien exotique et nostalgique, justement, emporte le spectateur dans une espèce de dimension parallèle où la mémoire n'a plus d'atèles. Mais le mélange qu'en fait Eleni Alexandraki est un peu brouillon, confus, manque d'une certaine harmonie. L'entreprise, louable, est très intéressante, mais le film n'est pas épargné de plusieurs longueurs et de digressions inutiles. Une approche plus esthétique, qui aurait été en parfait accord avec la belle bande originale, aurait rendu le produit plus crédible. Mais force est de croire que le projet souffrait d'un manque de financement, et qu'Alexandraki avait recouru à une production indépendante. Les procédés de tournage un peu vieillots, très visibles dans les séquences de nuit dont certaines ont été manifestement filmées en plein jour, avant un traitement de l'image en laboratoire, enlèvent au film une part de sa consistance et tiennent le spectateur quelque peu à distance.

L'unique contribution de la Grèce pendant les présentes Journées du Cinéma européen a peu enchanté les spectateurs tunisiens qui n'ont malheureusement pas une grande idée sur le cinéma grec. "La Nostalgique" n'en est, à coup sûr, pas caractéristique...

 

 

Khalil KHALSI      

 

Source : Le temps      

 

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