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Rencontre avec Yasmina Khadra, président du jury cinéma "Nous sommes là pour la bonne cause" Version imprimable Suggérer par mail
Yasmina Khadra «Je respecte beaucoup les efforts que déploie la Tunisie pour faire avancer la culture» Le président du jury de la compétition officielle cinéma de la 22e édition des JCC, l’écrivain Yasmina Khadra a bien voulu répondre dans un bref entretien - vu «sa lourde» charge - à nos questions.

Pourquoi avez-vous accepté de présider le jury de la «compétition officielle cinéma» des JCC 2008 ?
J’ai accepté parce que c’est une belle expérience qui m’a donné l’occasion de découvrir Tunis et ses environs. De plus, je ne sais pas comment on peut refuser un tel honneur. J’ai été sollicité par plusieurs festivals en France, en Belgique, notamment, je n’ai jamais accepté. Mais quand il s’est agi de Carthage, ma réponse a été presque immédiate.

Je respecte beaucoup les efforts que déploie la Tunisie pour faire avancer la culture. Et maintenant que vous êtes aux JCC, qu’en pensez-vous ?
Je trouve seulement que c’est un programme (Ndlr : de la compétition officielle cinéma) marathonien. Cinq jours seulement pour voir 18 longs métrages et 8 courts métrages c’est énorme. Mais nous sommes là pour la bonne cause.

L’important c’est d’être disponible et de donner une impression honnête et loyale. Comment ça se passe entre les membres du jury ?
C’est un jury formidable, il est venu de tous les horizons. Pourtant, l’entente, la complémentarité et l’écoute attentive règnent.

Je crois que l’expérience de ces gens permet une approche assez rationnelle et une appréciation correcte des films proposés. Jusqu’à présent, tout se déroule parfaitement. Autre avantage, les gens sont humbles et s’adaptent à toutes les situations.

Quels sont les critères d’appréciation de votre jury ?
Ce sont les paramètres conventionnels, soit la conviction en premier lieu. Le film doit nous parler, nous toucher et nous convaincre. Cette conviction dépend de la façon de filmer, du sujet, du propos, de l’image, du son, de la musique, de l’interprétation, etc. On apprécie un film comme un tableau parlant et émouvant et si l’image est capable de véhiculer une charge émotionnelle avec fidélité c’est tant mieux.

Et jusqu’à présent quels sont les films qui ont émergé du lot ?
Je n’ai pas le droit de vous le dire.
Oh, pardon, nous avons oublié !
… Oui ça peut arriver (rires) Comment êtes-vous venu au cinéma? Ecoutez, à la base d’un film il y a un texte. Donc, en tant qu’écrivain, j’ai une relation immédiate avec l’image. Qu’est-ce un film sinon la mise en scène d’un texte. Par ailleurs, je suis un cinéphile impénitent. Outre que j’ai écrit quelques scénarios, 10 millions de centimes, réalisé par Béchir Berraeïss et Morituri a été adapté par le réalisateur Okacha Jouita. Certains de mes livres ont été adaptés au cinéma aussi bien aux Etats-Unis qu’en France. Les Hirondelles de Kaboul, Ce que le jour doit à la nuit (en France), L’Attentat (aux Etats-Unis).

Comment êtes-vous venu à l’écriture ?
J’ai commencé à l’âge de 17 ans par écrire Houria quand j’étais au lycée militaire. J’ai écrit six livres en tant qu’officier de l’armée algérienne sous mon vrai nom, Mohamed Moulessehoul.

Que pensez-vous de la qualité de l’écriture des scénarios et du cinéma arabe et africain en général ?
C’est une écriture intérieure que l’image a beaucoup de peine à mettre en exergue. Je trouve que le cinéma arabe et africain est plus proche de l’idée que de l’image et parfois beaucoup ont peine à concrétiser cinématographiquement les idées. Peut-être bien à cause des fonds qui manquent atrocement, et je pense qu’il est temps de créer des caisses de centres nationaux pour les cinémas africain et arabe.

 

Source : La presse     

 

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