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En attendant les JCC Version imprimable Suggérer par mail

Bilan de la saison

La prochaine session des Journées cinématographiques de Carthage (JCC) marquera le démarrage de la nouvelle session culturelle et particulièrement cinématographique. C’est l’occasion de faire le bilan de la saison qui s’achève. Les JCC sont un événement d’autant plus important que le secteur du cinéma est devenu, ces dernières années, l’objet d’un vif débat où l’enjeu culturel est intimement lié à des considérations économico-administratives. Quand on sait que le parc des salles continue à se rétrécir au point que des régions entières en sont dépourvues et que le phénomène du piratage a atteint des proportions si tentaculaires qu’il menace l’existence même d’une cinématographie nationale, on ne peut appréhender la nouvelle saison culturelle sans une réflexion sur l’état actuel du cinéma tunisien.

C’est dans cette perspective que fut organisée récemment, à l’initiative de la Maison de la Culture Ibn Khadoun et de l’Association Tunisienne pour la Promotion de la Critique cinématographique (ATPCC), une rencontre avec la participation de critiques, de professionnels et de nombreux cinéphiles autour d’une tentative de bilan de la saison cinématographique 2007-2008.

La touche CinémAfricArt


Au niveau de l’exploitation, les participants ont souligné le rôle combien positif joué par la salle CinémAfricArt pendant la saison écoulée. En effet, en adoptant une nouvelle stratégie de gestion et d’animation, les responsables de cet espace n’ont pas manqué de revitaliser la cinéphilie et de mobiliser les gens autour d’eux. Par la programmation de nouveaux films courageux et peu prisés par les distributeurs locaux (‘‘Junûn’’ de F. Jaïbi, ‘‘la Graine et le Mulet’’ du Franco-Tunisien Abdellatif Kechiche ou ‘‘WWW’’ du marocain Faouzi Bensaid), ou encore de films sur support vidéo (‘‘l’Ombre de l’absence’’ du Palestinien Nasri Hajej ou ‘‘La Tunisie de Paul Klee’’, avec Nacer Khemir) ainsi que l’institution d’un ciné-club qui reprend, sous la forme de cycle, l’œuvre de chacun des cinéastes programmés, CinémaAfricArt institue un rapport nouveau et motivant avec son public. Ce dernier ne se contente pas de voir le film, mais il est invité surtout à jouer un rôle actif : débattre du film et rencontrer les cinéastes, les comédiens ou les critiques tunisiens et étrangers.

Si on a insisté, au cours de ce débat, sur l’expérience de cette salle, c’est pour montrer que la bataille de la distribution et de l’exploitation en Tunisie n’est pas complètement perdue, à condition d’adopter d’autres modalités d’animation et de changer radicalement la nature de la relation entre la salle et son public, afin de pouvoir transformer la salle en un lieu convivial où on dispense une véritable culture cinématographique et citoyenne. Faute de quoi, l’érosion du parc continuera implacablement, au point de voir disparaître, dans peu d’années, toutes les salles de cinéma en Tunisie. La preuve : de l’aube de l’indépendance à aujourd’hui, on est passé d’une centaine à 12 salles. Au cours de la seule année 2008, on a enregistré la fermeture de 3 salles, si bien que certaines manifestations cinématographiques à caractère international sont compromises, faute de salle, comme le Festival du film de l’enfance et de la jeunesse de Sousse, ou encore l’ouverture de la prochaine session des JCC qui trouvera refuge au Théâtre municipal de Tunis, parce qu’il n’y a plus dans la capitale une salle en mesure d’accueillir un événement aussi prestigieux.

 

Sept nouveaux films tunisiens


Pendant la saison écoulée, l’ensemble de nouveaux films distribués en Tunisie est resté fort timide et n’a pas dépassé 22 titres dont 7 tunisiens: ‘‘Bab Aziz’’ de Nacer Khémir, ‘‘la Tendresse du loup’’ de Jilani Saadi, ‘‘Junûn’’ de Fadhel Jaïbi, ‘‘Lui et elle’’ de Elyès Baccar, ‘‘l’Accident’’ de Rachid Ferchiou, ‘‘Dix films, dix regards’’, encadrés par Brahim Letaïef et Faouzi Thabet et ‘‘L’Ombre de l’absence’’ du Palestinien Nasri Hajjej. À cette liste, il faut ajouter peut-être deux films qui ont suscité l’intérêt du public, en raison de leur sensibilité maghrébine, ‘‘La Graine et le Mulet’’ d’Abdellatif Kéchiche et ‘‘WWW’’ de Faouzi Bensaïd.

Ce qui a attiré l’attention de la critique dans nombre de films tunisiens est l’adoption de nouvelles modalités narratives et surtout d’«une radicalité esthétique» qui augure d’un nouveau cinéma, parce que ce qui est enjeu et audacieux dans ces films est un intérêt prononcé pour le dispositif de la mise en scène.

Sur un autre plan, d’autres films ont été tournés pendant cette saison ou sont sur le point de parachever, non sans difficultés financières, leurs travaux de post- production. Ces films, qui sont au nombre de quatre, seront probablement proposés parmi d’autres à la commission de sélection en vue de choisir les deux films qui représenteront la Tunisie dans la compétition officielle du festival : ‘‘Thalathoun’’  de Fadhel Jaziri, une fresque représentant l’histoire de la Tunisie des années 30; ‘‘Cinécitta’’ de Brahim Letaïef, un film tourné dans des conditions précaires, sans le soutien du département de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine, et qui, sous une forme loufoque et burlesque, rend hommage au cinéma italien ; ‘‘Un si beau voyage’’ de Khaled Ghorbal et ‘‘l’Autre moitié du ciel’’ de Kathoum Bornaz, un film tourné déjà depuis quelques années, mais qui a du mal à pouvoir trouver sa voie pour le public.

Il est à relever que les modalités de production en Tunisie ne constituent pas jusqu’ici un moyen efficace d’exhortation à produire plus et mieux. La Commission d’aide à la production fonctionne d’une manière aléatoire, si bien que le calendrier de ses réunions n’a jamais été préétabli. Contrairement aux commissions similaires en Europe ou même au Maroc et au Liban où les dates des sessions sont publiées au début de chaque année, en Tunisie, la commission n’a pas de calendrier fixe, et il arrive même qu’on renonce à la convoquer, comme ce fut le cas en 2007, sans que le département de tutelle daigne en donner une explication.

Il apparaît évident que, dans les conditions actuelles, la Commission d’aide à la production, et en dehors de l’existence d’un centre national de cinéma (un projet revendiqué par la profession depuis belle lurette) ne constitue nullement un outil efficient de promotion de la production cinématographique. Pour mesurer l’ampleur de son impuissance, voire de son statut anachronique, donnons un seul exemple. Cette commission est appelée à examiner, lors de sa prochaine session (dont la composition et la date de convocation relèvent d’un mystère impénétrable), plus de 200 projets de films en un temps expéditif, pendant un long week-end tout au plus.

On produit en Tunisie en moyenne entre 3 et 4 films longs-métrages et entre 7 et 8 courts-métrages par an. Ce chiffre faible et dérisoire se situe au cœur d’une kyrielle de paradoxes.

D’un côté, on produit des films pour un parc de salles qui périclite (à peine 6 salles, sur les 12 que compte le pays, acceptent de programmer les films tunisiens). Pis encore : certains films n’ont pu être distribués, sous prétexte que le film tunisien est synonyme de fiasco commercial. Deux films tunisiens ont été victimes d’un tel traitement, en l’occurrence ‘‘La boîte magique’’ de Ridha Béhi et ‘‘El Koutbia’’ de Naoufel Saheb Ettabaa et le public n’a pu les voir quand dans le cadre des manifestations culturelles ou à la faveur de leur programmation dans la chaîne de télévision nationale.

De l’autre, la désaffection du public, le recul dramatique du circuit de distribution et les difficultés chroniques de production ne signifient guère que le septième art a déserté le pays. En Tunisie, le cinéma s’installe dans le secteur informel, en dehors des institutions, comme une activité dynamique, marginale et atypique. La preuve : il existe actuellement plus de 600 sociétés audiovisuelles, plus de 30 000 vidéo clubs proposant, au gré du régime de piratage, une offre qui couvre quasiment la totalité de l’histoire du cinéma, des Frères Lumière aux récents films hollywoodiens, encore inédits même en Europe. Ce nombre impressionnant de vidéo clubs constitue un handicap au secteur en amont et en aval. Cependant, l’idée de les faire payer, sous quelques conditions requises, une taxe même modeste au profit du cinéma tunisien permettrait de les intégrer dans un circuit de distribution moins chaotique et apporterait le soutien précieux dont le cinéma tunisien a besoin.

 

Juste pour le plaisir


Et on continue à visionner des films, et à en produire même. Mais juste pour le plaisir, pour les festivals, pour la formation ou pour la mémoire familiale,

Selon un recensement fait par l’ATPCC, pendant la période 2007-2008, la production tunisienne en courts-métrages (tous genres et tous supports confondus) a dépassé le cap de 160 titres.

Dernier paradoxe : plus le public fait défaut, plus on multiplie les manifestations cinématographiques, comme dans un mouvement désespéré à maintenir le contact avec le grand écran et le public devant lui. En effet, il existe en Tunisie  pas moins de 15 festivals ou rencontres, couvrant plusieurs régions du pays et focalisant leur intérêt sur plusieurs genres ou catégories, comme ‘‘Doc à Tunis’’, ou le ‘‘Film de l’environnement’’ à Kairouan, ou le ‘‘Film africain’’ à Hergla, le ‘‘Film amateur et non professionnel’’ de Kélibia, le ‘‘Film méditerranéen’’ à Hammamet ou une rétrospective critique annuelle consacrée au cinéma tunisien, etc.

La plupart de ces rendez-vous ont certes un caractère international, mais demeurent confinés dans une troublante discrétion médiatique, en raison de la modestie des moyens dont ils disposent. Si bien que l’écrasante majorité de films programmés sont sur support vidéo numérique, au point que tout écart entre film et vidéo s’estompe. Et c’est là où réside notre paradoxe : les films vidéo (films d’école, films amateurs…) sont projetés sur le grand écran, alors que les œuvres de cinéma (souvent piratés) sont visionnés sur le petit écran ou carrément sur un PC.

 

Kamel Ben Ouanès    
 

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