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Au Cinémafricart : L'autre moitié du ciel de Kalthoum Bornaz «Et le scénario» ? Version imprimable Suggérer par mail

Le premier film tunisien sorti après «L’accident» de Ferchoui depuis avril dernier. Jouant dans une salle seulement, le Cinémafricart, «L’autre moitié du ciel» est forcément, en tant que production tunisienne, un événement…



Dans «L’accident», Sana Kassous et Younès Ferhi étaient mari et femme. Rapports tendus, couple qui se délaisse. Dans le film de Bornaz, ils sont père et fille.

Mêmes rapports, pratiquement. Les deux comédiens, révélés au grand public par les feuilletons tunisiens, trouvent leur bonheur dans le cinéma, aussi bien appréhendé et nettement moins apprécié – à cause des déceptions et de la variété du public – que les feuilletons. L’approche et les préoccupations propres aux productions cinématographiques tunisiennes leur font toujours faire des contre-emplois. Se joignent à eux Fethi Msellmani (dans un rôle plus important que celui qu’il avait dans «L’accident») et le jeune premier Mourad Meherzi, entre autres.

Ce dernier joue le rôle de Sélim, frère jumeau de Sélima (Sana Kassous) –la première scène du film, leur anniversaire, devait nous le faire comprendre –, et, orphelins de mère, ils vivent avec leur père. Leur mère est décédée en couches, et ils n’ont plus rien d’elle, même pas une photo. Le père Ali fait tout pour les éloigner d’elle, il garde jalousement les pièces qui le rattachent à son souvenir, sans même leur donner le droit de voir sa tombe, ou même de savoir où elle est. Une tombe qu’il lui arrive de visiter complètement ivre, puisque, alcoolique et dérangé (de plus en plus dans l’évolution de l’histoire), cet avocat se perd dans les marasmes de sa mémoire où trône sa femme et dans les revendications de ses enfants qui lui en veulent de ne pas leur dire qui ils sont vraiment, en quelque sorte. Et, petit à petit, la haine va grandir en eux et il ne sera plus leur père, en attendant cet oncle qui va venir d’Australie et leur révéler leur vraie identité.

Tel est le principal sujet du film : une quête de sa propre identité à travers celle de la mère inconnue. Chacun des frère et sœur, bien que le film s’intéresse particulièrement à cette dernière, essaie de retrouver à sa façon l’amour qu’il lui manque. Sélim, dont un effort d’interprétation de la part du spectateur pourrait expliquer le fait qu’il veuille devenir styliste modéliste (couturière, dit le père qui veut qu’il devienne économiste), épie la voisine d’en face quand elle allaite ; cette obsession de la poitrine des femmes, et donc de la figure maternelle, échappe au but escompté en cédant à de la frustration pure et dure dans l’horrible affiche très suggestive, extraite du film lui-même, et qui montre Sélim étreignant une coupole en forme de… non ! tout de même pas… Sélima, elle, étudiante en archéologie, se loge dans l’amour de Bassam (Ayham Kamel), ressortissant d’un pays arabe (le Liban ?). Cette figure intégrée au scénario veut se poser en vis-à-vis d’une question soulevée dans le film : les droits de la femme, dont ceux de l’héritage.
Quant à cela, le spectateur s’étonne de s’être trompé de film en quelque sorte lorsque le sujet, dit principal, n’est traité que pendant les dix dernières minutes, et dont on tient le titre. Le synopsis présente Sélima qui découvre que, selon la loi tunisienne inspirée de la Chari’a, une fille n’hérite que de la moitié de la part d’un garçon, et que Sélim, malgré sa fidélité, applique la loi à la lettre à la mort du père. En visionnant le film, on attend que l’histoire commence, ce qui ne survient qu’aux dix dernières minutes quand le père est mort et que l’héritage doit être partagé. Pas de chance, on a dû (très) longtemps supporter Younès Ferhi. On est encore plus interloqué, dérouté, en se rendant compte que le nœud du film n’est que l’un des différents sujets évoqués par la scénariste (au même titre que Lénine, Bagdad et l’injustice ; on a échappé tout de même à l’immigration clandestine). Et la question posée par Sélima au père, concernant l’héritage : «Est-ce parce que les pères n’aiment leurs filles qu’à moitié ?», reste dans le contexte de naïveté dans laquelle elle était posée, bien que la réalisatrice ait voulu insister dessus montrant plusieurs fois, et peut-être même à l’excès, des minarets, pour indiquer l’origine de cette loi, sans pour autant expliquer la raison de son instauration. Pour exprimer une certaine injustice, Bornaz élude les fondements de la loi islamique, cela si elle les connaissait. Sinon comment, Sélima, une fille de plus de vingt ans, ne peut-elle connaître cette loi, aussi protecteur son père soit-il, quand on sait que c’est enseigné à l’école ?

De fait, le film demeure d’une naïveté extrême, aussi bien dans les scènes que dans le dialogue, signé Mohamed Raja Farhat ; le but escompté était que ce soit surréaliste, ce n’en est que davantage candide et énervant. Toute l’œuvre de Kalthoum devait, manifestement, être surréaliste au départ, d’où les personnages, les situations et les dialogues en l’occurrence. Mais il y a incompatibilité entre texte et contexte. Le surréalisme, au contraire de «Kesswa», le premier film de Bornaz, est ici inutile, et l’anecdotisme ne l’aide nullement. Devant aussi bien faire rire que réfléchir, le spectateur en est mué et idiotifié. Et le jeu des acteurs, perdus dans le brouillard, se révèle indigeste, de même que la succession des séquences, les plans (dont plusieurs clichés) et le traitement de l’image : de très mauvaise qualité, les couleurs en sont agressives…

La figure de la mère, renforcée par une allusion à «Tout sur ma mère» d’Almodóvar (chez qui, on le sait, le thème est récurrent), au lieu d’interpeller par le degré de présence du personnage absent, est complètement massacrée. Et les raisons du secret gardé par le père nous échappent totalement, bien que la réalisatrice ait usé de tout (y compris le fétichisme non justifié) et de n’importe quoi. Et alors le drame part en friche. Il sera resté dans notre mémoire autant de minutes que le nombre de spectateurs dans la salle…

Lui ayant présenté le plan qu’il prévoit pour elle suite au décès du père, Sélim demande à sa sœur : «Et le scénario, il est bon ?» Nous, on ne se pose même pas la question.

 

Source : Le temps    

 

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