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Khamsa exerce sa rage contre le plus faible Version imprimable Suggérer par mail

D'où vient le sujet ?

http://medias.lemonde.fr/mmpub/edt/ill/2008/10/06/h_4_ill_1103775_karim-dridi-bis.jpgLes déshérités m'attirent. La lutte pour la survie des pauvres, les no man's land et les bidonvilles m'inspirent plus que l'opulence.

 

Au départ, mon idée était de faire un film sur un enfant appartenant à la classe la plus pauvre de notre démocratie.

Peut-être est-ce ma double origine (mi-française, mi-tunisienne) qui m'influence : j'avais choisi un petit voyou métis et j'avais prévu de le montrer dans un milieu maghrébin. Et puis quelqu'un m'a emmené au camp Mirabeau, ce lieu de misère près d'un tas de ferrailles, sous un échangeur de l'autoroute près de Marseille. Je pensais que les Maghrébins constituaient le sous-prolétariat, j'ai découvert pire.

 

 

D'où vient cette haine entre Arabes et Gitans ?
Ils vivent dans des zones de réclusion. Leurs communautés se mélangent peu. Entre démunis, ils se disputent le pouvoir, le territoire. Et ceux qui sont au plus bas de l'échelle, ce sont les mômes. Pendant le tournage, ils se lançaient du "sale Gitan", "sale bicot". Gitan par son père et maghrébin par sa mère, mon héros est doublement rejeté, victime de racisme où qu'il soit. Moi, mon identité, j'en ai fait une fierté. Si je n'étais pas métis, je ne ferais pas de cinéma.

 

 

Les animaux sont omniprésents : coqs, chien, souris et python martyrisés.
Les combats de coqs, c'est une tradition chez les Gitans. Pour le reste, dans cette loi de la jungle, il y a une hiérarchie : l'homme fort, puis la femme, puis l'enfant, et l'animal est au bout de la chaîne. Khamsa exerce sa rage contre le plus faible. Mais je n'ai rien inventé. Quand je suis arrivé au camp, le nain Tony avait un serpent autour du cou. Et le lendemain, plus de serpent. Je lui demande ce qu'il en a fait et il me répond : "Je l'ai brûlé, il refusait de bouffer les souris que je lui filais." Dès l'instant où le serpent n'exerce plus sa fonction de prédateur, il doit mourir !

On pense à Los Olvidados de Buñuel, Pixote de Babenco, Bouge pas, meurs, ressuscite de Kanevski...
A Truffaut aussi, j'espère. C'est en référence à ces films-là que je voulais parler de l'enfance, de la beauté hallucinante de ces "gueux". Et puis en pensant à ce magnifique texte subversif de Jean Genet (L'Enfant criminel, 1959), dans lequel il sublime les jeunes délinquants : "Soyez fiers de ne pas être comme les autres, de ne pas vouloir être de petits boulangers."

Sauf que moi, je ne suis pas fasciné par les voleurs, je ne sublime pas le crime, je n'en fais pas des icônes. Je voudrais être comme ce gars qui, un jour, a trouvé Zidane en bas d'une barre d'immeubles à Marseille. Je cherche à détecter le talent naturel de ces gamins. Ils n'ont pas une bonne opinion d'eux-mêmes. Ils se croient incapables de faire un truc bien. Quand ils se sont vus sur l'écran, ils étaient ébahis.

La délinquance, on ne la choisit pas, elle est imposée par le contexte. Pendant la préparation du film, j'ai demandé à l'un des acteurs, au pedigree imposant de rapines, ce qu'il aimerait faire. Gangster ? Ah non, me répond-t-il, je veux faire du pain, des croissants... Il rêvait d'être boulanger !

C'est là où je diverge de Genet. Le problème des Gitans, c'est qu'ils n'ont pas de Zidane, pas de Jamel Debbouze, pas de modèle de réussite.

Django Reinhardt, c'est trop loin.
Propos recueillis par Jean-Luc Douin
 

 

 

 

 

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