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"Mektoub" et la télévision du peuple Version imprimable Suggérer par mail
Lhttp://www.lexpression.com.tn/upload/Mektoub-129-09-2008.jpge feuilleton ‘‘Mektoub’’ nous a séparés. Les critiques de télévision dans leur majorité, n’ont pas apprécié la manière. Beaucoup de lecteurs en ont adopté le ton réaliste, presque pictographique. ‘‘Mektoub’’ nous impose d’y revenir.  Tahar El Fazaâ (scénariste) et Sami Fehri (réalisateur) montrent la Tunisie sous un jour réaliste : sans fards, ni dentelle. Telle quelle. Voilà pour l’essentiel l’argument populaire, traversant en long, en large et en travers les courriers des lecteurs.

Acquis à l’unique fiction ramadanesque (d’habitude il y en a deux), ils y vont de leur foi réaliste : «Ce sont nos problèmes, il faut briser les tabous...».

 

En revanche, la critique regrette un naturalisme au faux nez. Où l’on parle DEA, à l’heure du Master, où les riches sont beaux et les pauvres sur-boudins, où les classes se figent comme bloc de glace, sans lutte ni rapport de force et où, surtout, l’on défonce des portes ouvertes : la gloriole des tabous télévisuels brisés est tout simplement vaniteuse. La télévision tunisienne traite essentiellement des tabous (l’adultère est déjà central dans les histoires d’Abdel Aziz Al Aroui).

Pas forcément naïf, l’argument populaire exprime un désir d’identification, une passion de miroir. Le bon peuple veut que la télé le représente, montre jusque sa face cachée. Cela n’a rien d’étonnant. Le public fait une demande intéressée : une télé réalité qui le flatte et l’arrange, le remet au centre de son propre champ télévisuel. Au fin bout, une demande narcissique.

L’offre de ‘‘Mektoub’’ en prend acte et tente la réplication naturaliste, littérale de la société : du vin aux entrelacs en passant par les piscines et le haschisch... Que «demande» trouve sa meilleure offre!

Le public l’a-t-il trouvé en ‘‘Mektoub’’ ? Oui et non. Cela dépend de ce qu’on attend d’une œuvre réaliste. De la qualité de la «copie»! La surface lisse des villas et des tires, les beaux minois de cristal, la rugosité dévoyée des gangs...

À quelques faux ingrédients près, l’essentiel du «paysage» tunisien est là. Mais ce n’est qu’un paysage. Sans racines, sans plis, sans envers, ni ramifications. Les déboires conjugaux, sentimentaux ou économiques en font un paysage plus conforme peut-être, mais tous ces effets manquent encore de causes, de genèse, de croissance, de trajectoire personnelle et familiale complexe, de facteurs profonds et en conflit. Il manque la lutte psychologique, celle des classes, comme il manque l’inquiétude, l’ennui, le désarroi et le renouvellement des personnages. La contradiction de tous y fait cruellement défaut. Le rêve d’argent est cousu de fil blanc. Il manque le fil rouge de l’exploitation et de la révolte !

On l’a bien dit dans notre dernière «prise de poste»: en lieu et place de la lutte des classes, on nous a servi la carte de la richesse avec ces deux routes séparées : l’héritage et la corruption ! Le travail et le capital en sont absents. L’argent des pères et celui des autres les remplacent ! Sans relief.

Ce n’est qu’un paysage, a-t-on dit. Or la Tunisie est loin d’être un paysage. C’est une société vivante, contradictoire, avec quelques harmonies salvatrices. Ses riches ne se ressemblent pas, ses pauvres travaillent. Ses délinquants se recrutent dans les deux classes. Ses honnêtes gens aussi. Ses paysages changent tous les jours que Dieu fait. Un paysage trompeur en cache un tréfonds, une Tunisie tour à tour conservatrice et permissive, souffrant force contradictions.... 

Les apartés décousus, la séparation des  univers, l’absence totale de rebondissements, froissent la copie tunisienne, tirée par ‘‘Mektoub’’. Sa télé réalité est par trop irréelle,  presque fabulée. On trouve pire et plus compliqué en Tunisie. Dans ses «grandes» familles comme dans ses poches de pauvreté, la vie est plus riche, plus complexe et les hommes moins «déterminés» de naissance.

Enfin, deux mots sur les politesses brûlées, les tabous que l’on s’avise de griller. ‘‘Mektoub’’ n’est absolument pas plus provocateur que d’autres fictions : l’adultère et le vin remplissent la médiathèque ramadanesque. Fazaâ et Fehri n’ont  pas osé le tiers du quart de ‘‘Halfaouine’’, ‘‘Soltane El-Médina’’ ou ‘‘Beznass’’. Leur critique sociale est loin du drame engagé des ‘‘Sabots en or’’. Ce n’est tout de même pas ‘‘Khamsoun’’ !

Le cinéma tunisien est particulièrement connu pour ses tabous en culottes courtes. À la tête du peloton «coquin», il a offert quelques immortels en la matière. Beaucoup de feuilletons ont levé des tabous, presque tous tournent autour d’un adultère ou deux. ‘‘Mektoub’’ n’en est qu’une suite timide et embarrassée, par moments fétichiste !

Pour rester poli, ‘‘Mektoub’’ est un miroir sélectif, que brisera nos fêlures réelles...

 

Jamel Heni      
 
Source : L'expression     

 

 

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