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HOMMAGE A MED HONDO Version imprimable Suggrer par mail

 2019-03-03 19:46:23


Une des grandes figures du cinéma africain, Med Hondo, vient de nous quitter à l’âge de 82 ans. Pour lui rendre hommage, nous reprenons un article écrit par Mouldi Fehri, sur «West Indies», un de ses films réalisé en 1979.

 

Cet article a été publié au N°3 de la revue de cinéma «Adhoua», créée (et animée) au début des années 80 à Paris, par Mouldi Fehri, Mohamed Khiri, Radhi Trimech, Hamadi Bouabid, Mohamed Jaoua, ou encore les regrettés Abbés El Bahri et Farida Ayari…


«WEST INDIES» OU «LES NEGRES MARRONS DE LA LIBERTE»
De Med Hondo (Mauritanie) / 1979


Par : Mouldi FEHRI
Revue «Adhoua» Paris, 1er Trimestre 1981.

 ESCLAVAGE MODERNE

Décidément, les cinéastes arabes et africains n’ont plus un seul problème à affronter : en plus de l’entêtement, de l’indifférence et parfois de l’hostilité de leurs gouvernements, ils doivent, désormais, compter avec le public, devenu plus exigeant, plus vigilant. Après Youssef Chahine accusé à tort, de soutenir avec «Alexandrie… Pourquoi ?» les accords de Camp David, c’est aujourd’hui Med Hondo, qui est contesté. Certains l’ont même qualifié d’agent sioniste, lors des VIIIe JCC (1980). Ils prétendent avoir entendu sa voix dans un film sur Idi Amin Dada et avoir même vu son nom au générique de Raid sur Entebbe. Pourtant, déclare Med Hondo : «Mes films, mes déclarations, mes prises de position publiques et privées n’ont jamais été et ne seront jamais de nature à porter un quelconque soutien de près ou de loin à l’impérialisme et à son enfant chéri, le sionisme… L’ensemble de mes films traitent directement et dénoncent sans ambiguïté aucune, notre ennemi commun et principal : l’impérialisme et ses acolytes, déguisés ou non».



«West Indies», son dernier long métrage de fiction, après «Soleil O» et «Les Bicots nègres, vos voisins», n’est qu’un autre maillon de la chaîne, une autre étape dans la dénonciation de ces mêmes forces d’oppression.

L’histoire de «West Indies» est celle de la déportation de tout un peuple, celui du continent africain qui ne cesse d’être pillé de sa meilleure matière première : l’homme.
Le récit repose sur un ensemble de tableaux portant sur deux thèmes différents : d’une part, un rappel historique de l’époque de la traite des Noirs ; et d’autre part, un constat sur les conditions d’un peuple antillais encore sous domination française.

Fidèle à sa méthode didactique, Med Hondo s’acharne alors à nous expliquer à travers ces différents tableaux, que si la traite des Noirs n’existe plus et si l’esclavage a été aboli, l’émigration apparait aujourd’hui comme une nouvelle forme d’asservissement.

Un des moments les plus forts du film est celui où on assiste à une grande campagne publicitaire invitant la population antillaise à quitter son pays pour aller s’installer en France (la métropole), paradis où le travail est facile et la vie aisée. La population est alors divisée et les avis partagés. Partir ou rester ?

Les premiers partants, ceux qui ont cru au miracle, vont connaître la déception, l’exploitation et la misère. Leur situation est alors comparée par le réalisateur, grâce à un montage parallèle, à celle des esclaves qui, autrefois, étaient vendus à des commerçants européens. La fin du film est un retour à la terre antillaise, où l’on découvre qu’un mouvement de résistance commence à s’organiser pour s’opposer à l’anéantissement de ce peuple.

 

En réalisant ce film, Med Hondo a voulu porter à l’écran une réalité historique que les médias continuent à ignorer et à passer sous silence : «La lutte de libération nationale de nos peuples africains et arabes a été la raison et le moteur principaux qui m’ont décidé à me saisir de l’image et du son, pour tenter d’inscrire dans les mémoires collectives de nos masses populaires le besoin et la nécessité absolus de sauvegarder notre dignité, d’acquérir notre indépendance, de renforcer notre souveraineté par l’unité et l’effort commun des peuples africains et arabes», déclare le réalisateur.

«Les Nègres marrons de la liberté», autre titre de ce film, est inspiré d’une pièce intitulée «Les Négriers», de l’antillais Daniel Boukman. Med Hondo nous en donne une nouvelle version adaptée aux exigences du cinéma, même si la mise en scène reste plutôt théâtrale.


 Un grand spectacle :

Six millions de francs français ont été nécessaires à la réalisation de ce film. Le décor a nécessité, à lui seul, un million de francs. Soixante-dix danseurs professionnels, pour la plupart antillais, ont été réunis pour ce projet. Le résultat est une comédie musicale exécutée avec beaucoup de talent. Toute l’action est basée sur des danses et des ballets qui nous évitent ainsi de tomber dans la tragédie et la dramatisation. Mieux encore, la chanson et la danse deviennent ici une expression de la lutte d’un peuple pour sa libération.

Un gigantesque navire négrier (véritable objet d’art qui aurait dû être conservé) est l’unique lieu où se déroule l’action. Ce bateau est le symbole de tous les navires et avions qui ont servi et servent encore de moyens de transfert de ce peuple vers l’Europe…, vers l’exil. C’est ensuite une solution qui permet de résoudre les problèmes de temps et d’espace. Avec ce décor à transformations on peut, en effet, passer d’une scène qui se déroule aux Antilles à une autre qui se passe sous le ciel parisien sans aucun choc, brutalité ou rupture. On peut, de même, remonter à l’époque de la traite des Noirs, pour revenir après, à la condition actuelle des immigrés à Paris. Enfin, l’action du film se déroulant entièrement, ou presque, à l’intérieur, le réalisateur devient en mesure de mieux maîtriser la lumière qui joue un rôle important dans l’expression par l’image.

Si, cependant, Med Hondo a réussi à ce niveau, il n’a pu malheureusement faire de son film une œuvre homogène quant à sa construction. Il est en effet regrettable que le rythme rapide de l’action soit mêlé à une progression lente et linéaire au niveau du récit. Une telle construction ne peut que desservir le film et déranger le spectateur.

 

 

Un style trop didactique :

On ne sera ni les premiers ni les derniers à faire ce reproche à Med Hondo : il ne change pas ou ne veut pas changer de méthode. Il veut (ou a besoin de) tout expliquer, de tout démontrer. Il n’a peut-être pas tort : «Les gens ont besoin d’aller à l’école, d’apprendre chaque jour davantage». Mais, il faut le dire, ce rapport qu’il crée entre lui, réalisateur, et son public, à travers tous ses films, y compris «West Indies», laisse apparaître une certaine prétention. Il n’est pas établi que Med Hondo, seul, détienne la vérité. Lui-même le reconnaît d’ailleurs : «J’ai moi-même besoin d’aller à l’école»,…

Autrement-dit, il ne suffit pas pour un réalisateur d’être honnête dans son travail ou de consacrer toute son œuvre à la dénonciation de l’impérialisme. Ceci est, certes nécessaire ; mais ce qui l’est aussi, c’est d’avoir un minimum de respect vis-à-vis du public, qui est capable d’avoir un point de vue… même différent de celui de Med Hondo.

 

M.F / 1er Trimestre 1981

 

Crédit photos : Maghreb des films et unifrance.

 

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