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LA FTCA PRIVEE DE SUBVENTION SANS SAVOIR POURQUOI Version imprimable Suggrer par mail

 2019-01-15 04:51:13


Mouldi FEHRI
Paris, le : 14.01.2019

Au moment où la Tunisie célèbre le 8ème anniversaire de la «Révolution du 14.01.2011», on apprend avec stupéfaction, à travers un communiqué publié, ces derniers jours, par la Fédération Tunisienne des Cinéastes Amateurs (FTCA), que le ministère des affaires culturelles tunisien aurait l’intention de priver la Fédération de sa subvention annuelle de fonctionnement, sans aucune raison apparente ni même déclarée.

 

Comme chaque année, un dossier complet (répondant à tous les critères et documents demandés par la Loi réglementant le financement public des associations) a été déposé par la Direction de la FTCA audit ministère en date du 26.04.2018. En l’absence de réponse, plusieurs courriers de relance ont été envoyés, mais sont tous restés sans suite.

Face à cette situation et dans une déclaration publique, le Président de la FTCA Aymen JELILI a exprimé [son étonnement face aux «tentatives d’exclusion» de la fédération du financement public dont elle bénéficie depuis sa création].
Pour lui, [ces tentatives menacent l’indépendance de la fédération et son projet national, dont l’objectif est d’offrir une formation culturelle et technique au profit de ses jeunes adhérents désireux de réaliser des films].

 

La FTCA est une des premières associations de Tunisie :
 
Créée en 1962 sous l’appellation d’Association des Jeunes Cinéastes Tunisiens (A.J.C.T.), à une époque où la Tunisie n’avait pas encore réalisé son premier long métrage, elle a très vite réussi à s’imposer et à être reconnue comme le premier centre d’initiation à l’expression par l’image pour tous les jeunes qui le souhaitaient. Beaucoup d’entre eux (et elles) sont par la suite devenus professionnels et font aujourd’hui honneur au cinéma tunisien dans le monde. A titre d’exemple, on peut en citer Ridha BEHI, Salma BACCAR, Férid BOUGHDIR, Mokhtar LADJIMI, Walid MATTAR…

 

Depuis la fin des années 1960, la Fédération Tunisienne des Cinéastes Amateurs a toujours été animée par un esprit novateur. Sa production et son action s’inscrivent dans le cadre d’un projet global d’édification d’une culture nationale, ancrée essentiellement dans la réalité quotidienne du Tunisien, de ses préoccupations et de la défense de ses droits fondamentaux.


Elle peut aussi être considérée comme une école qui ne dit pas son nom et dont l’un des mérites est de chercher inlassablement à démocratiser les différents moyens d’expression par l’image (photo, vidéo, cinéma…), en les démystifiant et les rendant à la portée de tous ; sans pour autant négliger la nécessité de développer l’imagination, la créativité et surtout la recherche de la qualité technique du produit fini (à savoir le film ou la photo).


Avec cette même et ambitieuse vocation, le Festival International du Film Amateur de Kélibia (qu’elle a lancé en 1964) lui a régulièrement servi de vitrine et d’occasion incomparable pour aller dans ce sens, à travers la diffusion de ses meilleurs films, l’ouverture sur d’autres expériences venues du monde entier, mais aussi la possibilité de rendre hommage à des films de soutien et d’information sur les mouvements de libération nationale, comme «la cause palestinienne».


Actuellement cette Fédération compte plus de 750 adhérents appartenant à une vingtaine de clubs répartis sur l’ensemble du territoire national. Elle continue à assurer leur formation, leur encadrement et à mettre à leur disposition les moyens techniques nécessaires à la réalisation de leurs films. Mieux encore et à travers ses objectifs, son organisation et son mode de fonctionnement rationnel et démocratique, elle les prépare tout simplement (et sans le savoir) à la vie en société et à une insertion réussie dans la vie sociale et professionnelle.

 

Stupéfaction et indignation :

Alors, en apprenant que la FTCA allait être privée de la subvention à laquelle elle a toujours eu droit, les premiers mots qui viennent à notre esprit sont stupéfaction, incompréhension et indignation.

Stupéfaction, parce qu’on était loin de penser ou d’imaginer, ne serait-ce qu’un seul instant, qu’une telle décision puisse être envisagée à l’encontre d’une association comme la FTCA. Car de l’avis de tous les observateurs, cette Fédération joue un rôle éminemment important et mène une action unique dans son genre auprès d’une partie essentielle de la société, à savoir la jeunesse.

Déstabiliser cette organisation cinématographique, qui symbolise la réussite, le dynamisme et la créativité d’une bonne partie de la jeunesse tunisienne, c’est soit ignorer son histoire et son rayonnement sur le plan international, soit chercher volontairement (et à travers elle) à porter atteinte à toute forme d’expression culturelle qui se veut libre et indépendante. Ce qui serait alors non seulement très grave mais, pour le moins, sidérant dans un pays qui se dit fier d’avoir réussi à provoquer la chute de la dictature et entamé avec succès un processus de transition démocratique.

Incompréhension, parce que le ministère concerné ne donne, jusqu’à présent, aucune explication à cette mesure. Or, priver la FTCA de cette subvention publique, sans aucun motif valable et connu, c’est tout simplement empêcher son fonctionnement normal, la fragiliser et l’exposer, à court ou moyen terme, soit à une disparition lente et inévitable soit à devenir une proie facile aux différentes formes de récupération possibles. C’est en même temps priver les jeunes qu’elle encadre des seuls moyens d’expression dont ils disposent pour montrer leur créativité et leur attachement à leur pays, en étudiant dans leurs films tous les évènements dont ils peuvent être témoins.
Et ceci est d’autant plus important que cette même jeunesse, largement touchée par le chômage et la pauvreté, souffre d’un état de détresse, de malaise et d’inquiétude pour son avenir, comme le montrent malheureusement les aventures suicidaires des «Harraguas» ou de ceux qui se sont laissés entrainer vers les zones de guerre et de terrorisme.

Indignation enfin, car une telle mesure est d’autant plus incompréhensible et inadmissible que, même du temps de la dictature, elle ne s’est jamais produite.


Et le pire, c’est qu’au moment où l'on supprime cette subvention annuelle de la FTCA, qui au demeurant ne dépasse guère les 15000 DT, on assiste comme des témoins impuissants à un pillage en règle des richesses du pays en toute impunité par des forces politiques obscurantistes et rétrogrades qui ont profité de la «révolution» pour servir leurs intérêts personnels et partisans et imposer progressivement à l’ensemble de la nation leur propre modèle de société.

Pour toutes ces raisons, nous ne pouvons que lancer un appel pressant au ministère des affaires culturelles, l'invitant à réexaminer au plus vite cette décision injuste et à reprendre le versement normal à la FTCA de la subvention à laquelle elle a toujours eu droit.

En agissant de la sorte, il éviterait toute complication inutile à cette organisation qui pourrait d’ailleurs être reconnue (légitimement et sans aucune exagération) comme une «Association d'utilité publique».

 

Une telle décision raisonnable est d’autant plus nécessaire et urgente que la Fédération entre dans une phase de préparation active de la prochaine session du FIFAK et que cela nécessite non seulement des moyens financiers importants, mais surtout une grande sérénité, pour en faire une nouvelle réussite non seulement pour la FTCA, mais pour l’ensemble de notre pays.     

M.F
Paris, le : 14.01.2019

 

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