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«TUNIS BY NIGHT» OU LA PEINTURE D’UNE SOCIETE MALADE Version imprimable Suggérer par mail

 2018-12-01 08:31:12

 

Par : Mouldi FEHRI
Paris, le 30.11.2018

A première vue le titre du film «Tunis by night» pourrait nous faire penser à une histoire sur la vie nocturne de la ville de Tunis. Or, il n’en est rien, car en le voyant, on découvre que le sujet traité n’a rien à voir avec une telle thématique, même si le film a été tourné, parait-il, à 80% dans des conditions nocturnes.

 


Le réalisateur semble en fait se servir de la nuit tout simplement comme un fil conducteur et un symbole lui permettant de mettre en relief le côté sombre de la vie tumultueuse d’une famille tunisienne et celui de son pays (la Tunisie), lui-même traversant une phase des plus  compliquées de son histoire récente.  

 

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Un thème social et dramatique :

Avec ce deuxième long métrage de fiction, Elyes Baccar s’attaque à une problématique sociale à la fois sensible et embarrassante, à savoir la complexité des relations humaines au sein de la cellule familiale.
L’histoire peut paraitre simple et fréquente, mais dont on parle peu ou pas du tout, alors que ses conséquences peuvent parfois être tout-à-fait dramatiques. Tout tourne autour de quatre personnages principaux formant une famille presque ordinaire : une mère souffrant d’une maladie et délaissée par son mari. Deux enfants majeurs (une fille et un garçon) qui ont des perceptions de la vie complétement opposées. Et un père qui brille par sa présence fantomatique au foyer familial, préférant être entièrement investi dans son travail et passer une bonne partie du reste du temps au bar du quartier.  

Dès le départ, le spectateur se retrouve dans la position inconfortable du témoin oculaire d’une ambiance familiale morose, pesante, voire même étouffante. Et comme pour mieux planter le décor, la première scène démarre en plus avec une annonce à la radio sur la mort d’un jeune homme qui s’est immolé par le feu à Sidi Bouzid, dans le sud de la Tunisie. Le cadre temporel de l’intrigue est ainsi posé et on comprend vite que l’action est placée dans ce terrible contexte historique d’agitation et de troubles sociaux qui ont précédé l’éclatement de la révolution tunisienne du 14 janvier 2011. On pense alors qu’il s’agit d’un nouveau film sur cette révolution. Mais là aussi on se trompe et l'on se rend compte rapidement que c’est loin d’être le cas.

 

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Trame du film :

En fait, le réalisateur nous place d’emblée au milieu d’une famille tunisienne, qui malgré les apparences s’avère être complétement disloquée et traversée par des conflits internes aggravés par des non-dits et surtout par un manque total de communication. Ses membres cohabitent certes sous le même toit et ne semblent manquer de rien. Mais ils sont éloignés les uns des autres, ne se parlent presque jamais et chaque fois qu’ils le font, leurs paroles se transforment en cris, disputes et larmes.

L’ampleur et l’explosivité de cette situation (qu’on découvre peu à peu) ne laissent aucun doute sur la nature des liens au sein de cette famille : les parents font chambre à part, leur fille cadette Aziza (jouée par Amira Chebli) en totale rupture avec les valeurs traditionnelles semble déprimée, désorientée, en perte de repères et à la limite d’une forme de délinquance. Quant au fils ainé Amine (joué par l’acteur Helmi Dridi), plus ou moins influencé par la mouvance islamiste, il cherche à jouer le rôle du grand frère protecteur et à imposer son autorité et ses idées à sa sœur, pour soi-disant la ramener dans le «droit chemin».  

De son côté, la mère Amel (incarnée par Amel Hedhili), délaissée et totalement ignorée par son mari, apparait comme résignée, conservatrice et en tout cas incapable seule de faire face à la situation. Atteinte en plus d’un cancer du sein, elle se réfugie alors dans la prière et mène une vie austère tournée vers ses «obligations traditionnelles» de mère, d’épouse et de femme au foyer.

 

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Le père, Youssef (personnage principal et incarné par Raouf Ben Amor) est sur le point de partir en retraite d’un poste d’animateur qu’il occupe depuis plus de vingt-cinq ans à la radio nationale. Intellectuel introverti et taciturne, il semble souffrir de contradictions internes qui le coupent de son environnement, au point de lui faire oublier ses obligations conjugales et parentales. Alcoolique, froid et distant avec les siens, il passe son temps entre le travail et le bar du quartier où il a ses habitudes et ses amis et où il semble retrouver une forme de sérénité et de quiétude, tout en essayant de noyer son chagrin inavoué dans l’alcool.

Préparant sa dernière émission «Tunis by night» [d’où le titre du film], il se lance inconsciemment dans un examen rétrospectif de sa vie et de sa carrière et se rend compte enfin de ses propres erreurs et défaillances. Déstabilisé par l’effet de ce «flash-back» et de cette prise de conscience tardive, il décide alors de consacrer son dernier programme à la lecture d’un texte d’autocritique et de révolte.
Un moment très important, pendant lequel il va publiquement rendre hommage à sa femme en lui faisant une déclaration d’amour et en lui présentant ses excuses pour l’ensemble des erreurs qu’il reconnait avoir commises vis-à-vis d’elle. Puis, voulant évoquer le suicide du jeune homme de Sidi Bouzid il n’hésite pas à finir son texte par une critique ouverte du régime de Ben Ali. Mais, son intervention à l’antenne est très vite coupée sur ordre de la direction et en application d’instructions venues «d’en haut ». En sortant de la radio il se fait en plus interpeller par une voiture de police qui l’attendait et doit passer quelques heures d’interrogatoire musclé au commissariat. Plus tard, vers la fin du film, on le retrouvera errant dans les rues de cette ville de Tunis qu’il semble revisiter, comme pour retrouver des souvenirs personnels, mais qu’il a finalement du mal à reconnaitre et dont l’état général le désole.

 

Finalement, «Tunis by night» n’est donc ni un film sur la nuit ni encore moins sur la révolution tunisienne. Mais ces deux éléments restent toutefois très importants et constituent pour le réalisateur le cadre et le contexte général dans lequel il semble vouloir placer cette histoire et lui donner par la même occasion une dimension à la fois sombre et explosive.

Ce film se présente comme une sorte de «peinture d’une société malade» nous dit Elyès Baccar. C’est aussi une réflexion sur la détresse d’une famille disloquée vivant dans un pays lui-même au bord du gouffre. Et le mal-être de chacun des personnages principaux, apparait alors comme un rappel de ce qui se passe dans la société tunisienne d’aujourd’hui, où tout le monde parle d’unité nationale et en même temps chacun travaille dans son coin, pour ses propres intérêts, faisant preuve d’égoïsme exacerbé, d’incompréhension et d’insouciance.

Les spécificités de la fiction :

Répondant à certaines questions lors du débat qui a suivi le film, Elyès Baccar rappelle que «dans une fiction la transposition de la réalité à l’écran comporte toujours une part d’imaginaire et de subjectivité liée à la vision propre du réalisateur. Ce n’est jamais une copie conforme de la réalité. D’ailleurs dans ce film, ajoute-t-il, l’image que je transmets de la société tunisienne n’est qu’un simple échantillon de la réalité et ne peut donc être représentative de toute la société. J’ai également essayé de le faire sans donner aucun point de vue personnel et avec le maximum possible de sincérité et de prise de distance».

Si on ne peut qu’être d’accord avec lui là-dessus, quelques remarques ou interrogations pourraient néanmoins être faites : certes il a eu le mérite dans ce film d’attirer l’attention du spectateur sur un bon nombre de questions sociales aussi délicates et sensibles les unes que les autres, tels que les problèmes du couple, ceux d’une partie de la jeunesse, de certains intellectuels, ou encore de la femme dont la condition reste toujours assez précaire… Mais ce qui est peut-être regrettable c’est qu’il semble s’être contenté de faire un simple constat et une énumération de ces problèmes, sans aucune autre ambition ou recherche d’approfondissement.
Or, tout en respectant ses choix personnels et sans vouloir minimiser la valeur de son travail, on ne peut que se demander s’il n’aurait pas fallu se limiter à deux ou trois de ces problèmes et à leur accorder un peu plus d’intérêt. Traiter trop de problèmes à la fois, n’est-ce pas courir le risque de se disperser ?
Car, si en règle générale le réalisateur n’est pas dans l’obligation d’exprimer son propre point de vue sur toutes les questions qu’il évoque, la liberté que lui donne la fiction devrait lui permettre normalement de pouvoir déterminer dès le départ les problématiques qu’il veut exposer et de les traiter avec autant d’approfondissement que nécessaire.

Bonne prestation des acteurs :

Parmi les points particulièrement appréciables du film, il faut noter et saluer la qualité du jeu tout-à-fait juste et respectable de l’ensemble des acteurs, qui contribuent ainsi et en grande partie, à sa réussite. Mais, il convient surtout d’ajouter que ceux, parmi eux, qui avaient les rôles dits secondaires ont probablement été les plus remarquables, tant par la qualité de leur jeu que par la note d’humour que leurs personnages introduisent dans le film. Leurs prestations respectives dans les différentes scènes où ils apparaissent (dans ces bars, night-clubs et cabarets, ou encore dans la voiture de police) constituent incontestablement de vrais temps forts du film. C’est grâce à ces moments que le spectateur arrive enfin à reprendre son souffle et à sortir de cette ambiance générale morose et étouffante imposée par la trame du film. Et ce qui contribue encore plus à dédramatiser la situation et à introduire un peu d’humour et de légèreté, c’est surtout ce choix judicieux du réalisateur d’opter pour une utilisation parcimonieuse des dialogues et surtout d’introduire dans les échanges de ses acteurs certaines expressions populaires, typiquement tunisiennes et pleines de sens (et que certains pourraient à tort qualifier de vulgaires).

M.F

 

Paris, le 30.11.2018

 

Voir la fiche technique ici

 

 

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