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Abdellaziz Ben Mlouka : l'homme qui tourne Version imprimable Suggérer par mail

Abdellaziz Ben Mlouka : L'homme qui tourne
 
Abdellaziz Ben Mlouka est un producteur qui veut en finir avec l’artisanat et le bricolage. Portrait d’un véritable industriel tunisien de la culture et de la communication.



Tunisoise de Bab Souika, la famille Ben Mlouka fête un certain 12 mars 1948 la naissance d’un Abdelaziz. Un enfant qui deviendra des décennies tard l’un des passeurs culturels prodigieux de son pays. D’abord dans les sphères de l’Etat, au sein de la Satpec, ensuite dans le secteur privé. Il est de tous les moments forts de la construction de l’imagerie nationale.

Il est aussi l’un de nos meilleurs nageurs dans les eaux troubles de la coproduction, de la coopération et de l’accueil des productions étrangères.

Cet homme avenant et modeste nous reçoit dans son fief des Uv4 d’El-Menzah. Un beau labyrinthe fleuri qui abrite la société de services et de productions audiovisuelles CTV. Cette entreprise, fondée par lui il y a près de 20 ans, est qualifiée par Rick McCulum, le producteur de ‘‘Star Wars’’, d’«extrêmement organisée et honnête».

En effet, le siège de CTV lui-même respire l’honnêteté et l’organisation. Dans les bureaux et couloirs communiquant dans la transparence, des toiles de Adel Magdich côtoient des affiches de films et des portraits de stars internationales. Un endroit vivant où tout le monde, ou presque, est souriant… Angèle et Olfa, assistantes de production : deux générations qui se côtoient, deux rives qui communiquent… deux femmes qui incarnent l’esprit CTV. Dynamisme, compétence et humilité sont les leitmotiv de l’identité de cette entreprise. Le tout dans une ambiance décontractée où, à l’image du chef, le sourire est maître, le bilinguisme de rigueur et le tutoiement  courant.

Ben Mlouka ouvre la fenêtre et prie les non-fumeurs présents de l’excuser… Les cigarettes se bousculent à ses lèvres abîmant sa dentition et colorant ses doigts. Ses phrases sont ainsi ponctuées : des raccords-clopes et mouchoirs en papier essuyant sa face, voilà ce qui rythme une conversation avec si Abdellaziz, souvent en sueur. «Pourquoi me suis-je lancé dans ce business ? Très bonne question ! C’est passionnant. C’est épuisant, mais quand ça marche c’est une jouissance».

Le boss est accessible… Il reçoit sans rendez-vous, s’il est disponible… Un homme vénéré par sa tribu. Vaine complaisance ? Loin de là, nous semble-t-il : sincères sont les regards qui se croisent, et aimants. Son bureau draine cinéastes, collaborateurs, directeurs d’anciennes ou de futures productions, compositeurs, étudiants et chercheurs préparant exposés ou rapports. On se bouscule à sa rencontre. Et pour cause, arrogance et chichi ne sont pas dans son glossaire relationnel. Franc-parler, transparence et humour sont sa devise…

Un parcours binaire

Ben Mlouka intègre la Satpec, la célèbre société publique de production et de distribution cinématographique, en 1971. Dès lors et jusqu’en 1997, il participe à la création de plusieurs films à grand succès, en particulier ‘‘Jésus de Nazareth’’ de Zeffirelli, ‘‘Les Aventuriers de l’Arche perdue’’ de Spielberg, et ‘‘Le Patient Anglais’’ de Minghella, tout en développant ses talents de producteur sur des films français et tunisiens.

En 1989, il crée CTV Production (Cinéma, Télévision, Vidéo) qui, en dix ans, devient un leader sur le Maghreb. À l’heure actuelle, Abdelaziz Ben Mlouka produit 80 heures annuelles de programmes télévisuels et contrôle près de 65% du marché de la publicité et des films tunisiens. En 1997, il est producteur exécutif sur ‘‘Star Wars Episode 1 – La Menace fantôme’’, puis de nouveau en 2002 sur ‘‘Star Wars Episode 2 – L’Attaque des clones’’, en collaboration avec George Lucas et Rick McCallum. Durant cette période, plusieurs réalisateurs américains le sollicitent ; parmi eux, Oliver Stone, Mel Gibson, Tony Scott ou encore Ridley Scott. Abdelaziz Ben Mlouka devient aussi consultant pour HBO Pictures, dans le cadre d’une série TV.

En 2004 et 2005, le producteur tunisois collabore avec le Pogramme Environnemental des Nations Unies en tant que producteur senior. Il développe une série documentaire exclusive : ‘‘Entre Terre et Mer’’ dans le cadre du MAP (Plan d’Action pour la Méditerranée). Le tournage, qui a lieu au Maroc, en Algérie, en Tunisie, à Malte, à Chypre et au Proche-Orient, comporte de nombreuses scènes sous-marines.

Durant la même période, Abdelaziz produit plusieurs films européens indépendants parmi lesquels ‘‘Miel et Cendres’’ (Télévision Suisse Romande), ‘‘Passé composé’’ (France 2 et Auramax Production, France) ou ‘‘Flandres’’ (3B Productions, France). Ce dernier obtient en 2006 le Prix Spécial du Jury au Festival International du Film de Cannes. Dans un futur proche, il vise à promouvoir de façon internationale films et documentaires afin d’imprimer une image de marque novatrice dans la politique d’investissement  de films outre-atlantique.

Patriote polyglotte

Si feu Ahmad Baha Eddine Attia (patron de Cinétéléfilms) était l’homme de la décennie 1990 avec des films phares tels que ‘‘Halfaouine’’ de Férid Boughedir et ‘‘Les silences du palais’’ de Moufida Tlatli, Abdellaziz Ben Mlouka serait celui de la décennie 2000 : on lui doit entre autres ‘‘Bedwin Hacker’’ (2002) de Nadia Feni, ‘‘Poupées d’argile’’ (2002), ‘‘Hya w Houwa’’ (2003) d’Elyès Baccar, ‘‘Noces d’été’’ (2004) de Mokhtar Ladjimi, ‘‘Fleur d’oubli’’ (2005) de Salma Baccar et ‘‘Making Of’’ (2006) de Nouri Bouzid.

Comptant tant bien que mal sur son réseau international aux ramifications interminables, le patron de CTV est en train de négocier la distribution de ce dernier en France et aux Etats-Unis. Actuellement, deux projets tuniso-français sont en bonne voie d’achèvement : deux longs métrages de fiction, l’un est de Khaled Ghorbal, l’autre de Nidhal Chatta. La récolte de fonds de part et d’autre de la Méditerranée vient de prendre fin. Les tournages ne sauraient tarder…

S’insérer dans le global en déployant ruses et quelque malice pour maintenir l’authenticité du local, voilà le pari difficile à gagner. «Traiter avec l’Autre d’égal à égal n’est pas aisé. Mais c’est la moindre des choses pour une respectabilité durable».

Lorsqu’un certain nombre de larbins font profil bas et acceptent, dans nos pays du Sud, des compromis qui virent souvent aux compromissions, notre hôte refuse d’intérioriser le statut du «nègre». Fier de sa tunisianité – quoi qu’on puisse reprocher à tort ou à raison à son pays –, ‘‘Si’’ Abdellaziz semble savoir manœuvrer et pouvoir s’en sortir régulièrement la caisse garnie et… surtout la tête haute.

Anouar Trabelsi
 
Source : l'expression
 

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