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MONGI SANCHO Version imprimable Suggérer par mail

 2008-09-11 22:33:48

 

Mongi Sancho et les stylos à bille

 

Sa vocation est multiple. Il est photographe, plasticien, cinéaste, animateur formateur. À son actif, plusieurs expositions, douze films d’animation et plein d’autres projets qui n’attendent que le moment propice pour aller à la rencontre du public.

 

Il s’agit de Mongi Sancho, un retraité actif et un artiste qui entretient inlassablement sa jeunesse. Ce qu’il prépare aujourd’hui est une exposition inédite, iconoclaste dans notre cité : une œuvre picturale à base de stylo à bille. 

 

Oui, il suffit d’avoir quelques stylos de différentes couleurs, un intérêt pour le dessin et une prédilection pour l’expression des atmosphères pour que le projet prenne forme et que l’art gagne de la consistance.

Pas moins de deux cents tableaux sont déjà réalisés et rangés dans l’atelier de l’artiste. Une quantité impressionnante de stylos, la plupart sont utilisés jusqu’à l’usure, couvrent la surface d’une immense table rectangulaire. M. Sancho ne veut rien rejeter pour le moment. Une idée mûrit lentement dans son esprit. Ces stylos serviront peut-être comme matériau de base à un éventuel tableau de nature expressionniste. Mais pour le moment, il s’occupe de ses toiles faites au stylo.

Une lumière tamisée que laissent filtrer les persiennes de la porte-fenêtre de la salle faisant office d’atelier éclaire un tableau représentant une scène quasi théâtrale: deux personnages, dans un costume traditionnel devisent entre eux à force de gestes énergiques et enthousiastes. Là, la désinvolture des lignes, la variété des couleurs et le bruissement que suggère l’entrain des personnages gomment, comme par un trompe l’œil, la trace du stylo. Cependant, ici le réalisme n’est que de surface. Les contours laissent entrevoir les signes d’une caricature latente.

Une technique timide et marginale

Plus loin, le choix d’autres stylos à pointure plus fine et à encre foncée a permis de composer une atmosphère pesante: une ruelle de la médina aux murs enveloppés dans une ombre épaisse, chasse toute présence humaine et évacue toute chance de sérénité. L’équilibre des formes géométriques entre les voûtes et l’angle droit des murs amplifie la configuration symétrique entre l’ombre et la lumière. La preuve qu’il y a dans ces strates des formes non seulement les relents d’une technique très proche de l’impressionnisme, par le fait même que l’empreinte du stylo (comparable à la touche du pinceau) détermine la texture de la toile et souligne la trace laissée par l’artiste, mais aussi le projet de transfigurer l’espace au gré non d’une observation objective, mais d’une vision intérieure.

Mais c’est surtout dans «la nature morte» que se cristallise le mieux l’intérêt de cette technique à base de stylo à bille, comme en témoigne le tableau représentant des bouteilles à moitié pleines ou à moitié vides, regroupées et attachées les unes aux autres par une combinaison de tiges métalliques. Là aussi, le jeu de contrastes entre les rondeurs et les angles droits imprime une tonalité dynamique, surtout qu’un examen attentif de la texture nous permet de voir que la nature morte dans ce cas de figure n’est que l’aboutissement ou le couronnement d’un mouvement énergique des graphitiez, car faute de pouvoir s’inscrire dans la logique d’un alphabet canonique et reconnaissable, l’écriture ne se perd pas, elle se transforme en graphisme inventé, ou encore en une transfiguration esthétique.

Rares sont les artistes, de par le monde, qui avaient adopté cette technique. Le plus célèbre d’entre eux est incontestablement le peintre plasticien espagnol Juan Francisco Casas qui a composé plusieurs chefs-d’œuvre exposés partout dans le monde et que M. Sancho évoque avec autant d’enthousiasme que de passion, comme pour y puiser une légitimité de taille en faveur de  cette technique encore timide et marginale sous nos cieux.

Kamel Ben Ouanès
 
Source : L'expression
 

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