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Festival de Kélibia - Redéfinir le statut amateur Version imprimable Suggérer par mail
La 14ème session du festival national du cinéma amateur s’est tenue du 3 au 9 août Kélibia dans une ambiance festive et bon enfant. Cette manifestation, aussi utile que nécessaire, doit cependant être repensée. Kélibia ne serait pas Kélibia sans le festival amateur. Vous vous y rendrez en-dehors de la manifestation cinématographique, vous vous sentirez comme qui dirait ailleurs. Sentiment connu des habitués des festivals de cinéma. Que serait Cannes sans le festival de Cannes? Venise ferait peut-être exception dont le mythe déborde une identité cinématographique pourtant exceptionnelle. Sans son festival, Kélibia ne serait donc pas concevable pour les cinéphiles. Ses matinées et ses après-midi sont à l’école de pêche. Ses soirées, de dix heures à une heure du matin, sont au théâtre de plein air de la Maison de la culture et pas ailleurs. Et ses veillées tardives sont dans ou autour des hôtels et des lieux d’hébergement des festivaliers. On ne se rend pas toujours compte de ce que représente une manifestation cinématographique comme le festival amateur. La 14ème édition nationale qui s’y est déroulée du 3 au 9 août nous a encore donné l’occasion de mesurer l’importance de cette manifestation. Mais la mesure-t-on vraiment ?

Je m’étonne parfois de voir à quel point les habitants sont indifférents  au charme apporté par le festival à leur village. Peut-être le trouvent-t-il (ce charme) bien relatif, la beauté du site balnéaire étant déjà là, antérieure et postérieure à la petite semaine cinématographique. Peut-être ne sont-ils pas indifférents, peut-être le paraissent-ils tout juste. En tout cas, j’aurais été kélibien, j’en aurais été fier et ma fierté se serait augmenté d’un cran cette semaine. Mais ceux qui nous intéressent davantage sont les auteurs de la manifestation et ce qu’ils en font.

 

Limites et dysfonctionnements

Il est toujours plus facile, naturellement, de porter des jugements sur un événement quand on l’envisage de l’extérieur. Mais justement, ne pas être impliqué aide parfois à voir plus clair. Encore que, cette année, j’y aie été personnellement associé, en tant qu’animateur d’une rencontre sur la place du film amateur dans le paysage cinématographique actuel. Ni tout à fait dedans ni tout à fait dehors donc, j’ai été dans une posture autrement intéressante. Et plus responsable.

Autant l’intérêt de ce festival dans ses deux versions nationale et internationale ne fait absolument aucun doute, autant il serait irresponsable de passer sous silence certaines limites voire certains dysfonctionnements organisationnels et conceptuels.

Prenons d’abord la question même du cinéma amateur qui a justement fait l’objet de ladite rencontre tenue les 5 et 6 août. Il n’est plus possible d’avancer sans repenser le geste amateur dans un contexte fondamentalement différent de celui qui lui a donné naissance. Amateur dans les années soixante avait un caractère inaugural qui expliquait son importance et justifiait sa maladresse. Aujourd’hui, les transformations du contexte socioculturel, le développement du cinéma professionnel, le changement institutionnel, l’émergence des écoles de cinéma, les vertigineuses mutations technologiques de l’outil font que la place du cinéaste amateur est à redéfinir. D’un côté, une partie des fonctions qu’il assumait est tombée d’elle-même ; elle est désormais du ressort d’autres instances comme la formation. De l’autre côté, l’accessibilité à l’outil devient plus grande. Le cinéma amateur, plus libre et plus probable, peut se concentrer sur sa vocation fondamentale : l’exploration de nouveaux espaces thématiques et formels.

Ensuite (et avant tout, devrais-je dire) arrive le cinéma. L’organisation des projections, le respect du film, le soin à apporter à la culture cinématographique doivent être replacées au centre de l’activité de la Fédération tunisienne des cinéastes amateurs (FTCA) et du mouvement amateur en général. L’amateurisme est à entendre ici dans le sens de la liberté et de l’audace thématique et formelle et dans le sens d’une grande rigueur dans l’organisation, dans le respect de la création.

Nous sommes aujourd’hui bien en deçà de ces exigences. Or, le populisme ambiant, la démagogie politique, le tout visuel, le charlatanisme technique, le nivellement de la valeur cinéma imposent une culture de la distinction, une rigueur dans l’engagement, une liberté dans la création qui sont, qui doivent être la vocation du cinéaste amateur.

Le charme que donne le festival amateur au beau village de Kélibia n’en sera que plus sûr. Ces jeunes qui le matin, le soir, animent l’école de pêche, le théâtre de plein air, les rues, les cafés environnants amèneront une élégance, un air de liberté, un dynamisme, un surplus de culture et de beauté dont le Kélibien que j’aurais été en serait encore plus fier.

 
Source : L'expression
 

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