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Hergla la blanche, point de rencontre Nord-Sud Version imprimable Suggérer par mail
Les 4èmes Rencontres de Hergla, organisées par le cinéaste Mohamed Challouf et le critique Hassouna Mansouri ont accueilli au mois de juillet 2008, un colloque de réflexion sur l’œuvre de Djibril Diop Mambety et projeté ses courts et moyens métrages à l’occasion de la commémoration des dix années de la disparition du cinéaste sénégalais. Le ciel est le miroir de la mer. La mer, le miroir du ciel. Entre les deux bleus, les blanches maisons de Hergla, petite ville du golfe de Hammamet sur les rives de la méditerranée, coupée du tourisme culturel dans une région appelée Sahel. Mais le Sahel tunisien n’est pas comparable au nôtre. Il est littoral. A l’époque romaine, Hergla était connu sous le nom de « Horrea Coelia » parce que vaste entrepôt public recevant les récoltes et les produits de la Tunisie centrale et méridionale, destinés à la sécurité alimentaire de Rome. Aujourd’hui, les habitants de Hergla désignent ces vestiges sous le nom de « Al m’khazen ». Les qualités paysagères de la ville, sa basilique chrétienne, le Nécropole des entrepôts (Horrea) et ses fours à chaux donnent à Hergla un cachet particulier et dont Lorand Gaspard, dans ses « feuilles d’observation… », disait qu’ « ici l’inconnu est aveuglant. Comme si l’opacité battue par le soleil devenait aérée, lucide. Cette légèreté qui reste de nos Secrets-Ferments qui bougent au-dedans de la pesanteur, images brûlées dont la lumière est d’eau et de cailloux, de ces paroles dans le vent quand s’use le contour d’une chose ». Hergla , sans l’avoir réclamé est aussi terre de cinéma. Le grand réalisateur italien Roberto Rossellini est venu tourner ses deux derniers films dans cette petite ville. D’abord « Les Actes des Apôtres » une co-production française, italienne et allemande, tournée à Hergla, à Sousse et à Takrouna, et puis « Le Messie ». Rossellini avait un amour pour Hergla. Il y a même acheté une maison.

Depuis quatre ans, la petite ville à son festival international de films mais Mohamed Challouf, l’initiateur de la manifestation a choisi de la nommée « Rencontres Cinématographiques Afrique Méditerranée de Hergla ». L’idée qui a présidé à la création de ces Rencontres procède de la reconnaissance. Mohamed Challouf dit que : « C’est parti d’une envie de rendre à la Tunisie ce qu’elle m’a donné quand j’étais jeune. Si j’ai une conscience, si j’ai eu une ouverture d’esprit maintenant, si je pense au sud du Sahara, si je pense à un échange entre les deux rives de la Méditerranée, c’est parce que j’étais dans un club de cinéma amateur où j’ai pris conscience de l’importance de l’image et rencontré le cinéma de mon continent. » Après une expérience de trente ans en Italie, il était temps pour Challouf de rentrer au bercail et de semer les germes d’une ouverture pour la nouvelle génération qui n’a plus la chance de se former dans les cinés clubs et qui se nourrit plus de télé, de vidéo clips que de cinéma sur grand écran. Les projections de films documentaires, de courts métrages et de fiction offrent l’occasion aux jeunes de Hergla et à de jeunes réalisateurs d’Afrique et du pourtour méditerranéen de se rencontrer, de travailler ensemble, de dialoguer. Endroit magique et inattendu, depuis quatre ans, la cour d’une ancienne huilerie reconvertie en salle de projection en plein air accueille sous la lune naissante les films. De temps à autre entre dialogues et musique de film, la voix du muezzin. Les chaises sont disposées à l’intérieur des bacs à olives ce qui donne à la salle une disposition particulière et obligent le public à enjamber les murets qui séparent les différents bacs. Quand le vent se lève, l’écran vacille et il faut vite recourir aux cordages. Le spectacle est sur et en dehors de l’écran. Un spectacle vivant. Les Rencontres de Hergla sont un rendez-vous du court métrage et du documentaire ainsi qu’une série de films italiens, dont Diari (Cahiers) d’Attilio Azzola (prix Cannes junior 2008). Un regard vers l’Afrique noire avec La Vendeuse de soleil, le Franc, Contras city, trois films de Mambety qui ne sont d’un accès facile pour le jeune public de Hergla. Mais Mohamed Challouf n’en démord pas : « Dans tout ce que je fais, j’ai pour soucis d’ouvrir les yeux à l’autre car nous vivons dans un monde globalisé ou la télévision fait un spectacle globalisé. Tout est spectacle à la télévision. L’information est spectacle ; l’immigration est spectacle ; le rapport Nord Sud est spectacle ; la santé est spectacle. Il faut une alternative à ce spectacle. Il faut des films qui font réfléchir, qui provoquent la discutions. Une vraie recherche de quelque chose d’autre que malheureusement les médias n’offrent plus ». Hergla cultive l’interculturalité puisque les présentations des films mêlent l’arabe, l’italien et le français.

Hergla ne se résume pas en des projections de films, les matinées sont l’objets d’atelier, de rencontres : écriture documentaire (animé par le cinéaste documentariste italien Stefano Savona) et court métrage fiction (animé par le cinéaste tunisien Mahmoud ben Mahmoud). De jeunes cinéphiles d’Italie avaient fait la traversée de Gênes et de Lampedusa en bateaux à voile pour venir à la rencontre de jeunes Tunisiens au sein d’un laboratoire "audiovisuel et sauvegarde de l’environnement". Un programme "Voyager les yeux ouverts" était spécialement conçu pour les enfants de Hergla en collaboration avec le Festival du cinéma africain, d’Asie et d’Amérique Latine de Milan. Pour Mohamed Challouf la formation et les ateliers sont à la base de ces rencontres. Car, comme il le souligne : « Tout le monde sait qu’il y a une crise de l’écriture de scénario. Le cinéma africain n’est plus aussi vivace qu’il l’était dans les années 90. Nous avons voulu donner la possibilité à des jeunes de venir présenter des projets et venir les discuter avec des professionnels. Nourid Bouzid ( Kamikaze) est déjà venu. Cette année, il y a Mahmoud Ben Mahmoud ( Sieste Grenadine) qui s’est occupé des ateliers d’écriture de court métrage fiction. Les projections, c’est bien. Mais donner la possibilité à des jeunes de se confronter avec des gens d’expérience comme Mahmoud Ben Mahmoud, c’est important. » Hergla qui voit pousser sur son flanc, un grand aéroport international et sa noria de touristes prend elle conscience de l’aubaine que lui offrent ces Rencontres pour s’ouvrir par anticipation au monde extérieur ? « C’est un milieu très difficile, répond Mohamed Challouf, par exemple, les gens sont refermés sur eux-mêmes. Ils n’ont pas été confrontés au tourisme, pas habitués à l’autre mis à part quelques épisodes, en plus de cela il y a les problèmes entre familles. Mais après trois éditions on a pu conquérir surtout les jeunes qui commencent à fréquenter la manifestation et à voir arriver l’autre chez eux ». Mais Challouf nourrit des craintes d’un développement touristique qui va bouleverser tout dans cette ville qui a une identité, qui représente un patrimoine de la Tunisie alors que Hergla a plus besoin de femmes et d’hommes de culture que de touristes qui viennent consommer soleil, mer et acheter quelques produits artisanaux.

Baba Diop
 
 

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