Recherche

Identification






Mot de passe oublié ?
Pas encore de compte ? Enregistrez-vous

NOS PARTENAIRES

 
 
 

 

 

 

 


 


 

 

 
 
 
 

Films Tunisiens

Court métrage
Long métrage

Stats

Films: 524
Critiques: 2
Bandes annonce:
Commentaires: 90
Jaquettes: 0
Mon Cannes 2008 par Férid Boughedir Version imprimable Suggérer par mail
http://www.lexpression.com.tn/upload/moufida-00116-06-2008.jpgDe retour de Naples, où la fille du sénateur Maurizio Valensi (l’ancien maire de la ville, qui est un Italien de Tunisie ayant plusieurs fois payé de sa liberté sa lutte pour l’indépendance de notre pays) organisait une semaine culturelle tuniso-napolitaine, Férid Boughedir tient sa promesse faite aux lecteurs de ‘‘L’expression’’ de leur relater le 40ème anniversaire de mai 1968 célébré cette année par le Festival de Cannes. J’y étais invité quelques jours, en même temps que ma collègue et amie Moufida Tlatli, parmi les réalisateurs dont les films ont marqué l’histoire de la  Quinzaine des Réalisateurs. Une importante section de Cannes, née justement de la révolution culturelle de mai 1968, pour créer une ouverture vers le cinéma indépendant et les nouveaux cinémas nationaux ignorés jusque-là par le festival officiel.

Moi, Moufida et les autres

J’étais là au titre de mon petit ‘‘Asfour Stah’’ (Halfaouine), présenté par la Quinzaine en 1990,  et Moufida Tlatli pour ‘‘les Silences du palais’’ présenté en 1994. Mais je pense aussi que nous avions été choisis parce que, suite à l’écho favorable qu’avaient obtenus nos deux films, nous avions été, Moufida et moi, les deux seuls cinéastes maghrébins à avoir siégé au Jury officiel de Cannes, depuis sa création (en 1946), jusqu’à 2008 ! L’idée que la Quinzaine voulait démontrer, à l’occasion de son 40ème anniversaire, qu’elle avait été un tremplin naturel pour mener des cinéastes encore inconnus vers le «Grand» festival, s’est confirmée quand nous avons rencontré les autres réalisateurs invités à monter sur scène pour cette commémoration : des cinéastes dont les premières œuvres avaient étés révélées par la Quinzaine et qui, plus tard, ont décroché, tel l’Américain Jim Jarmusch, le Grand prix du jury de la Compétion officielle (avec ‘‘Broken Flowers’’), ou, mieux encore, les deux frères belges Luc et Jean-Pierre Dardenne, qui sont allés jusqu’à décrocher deux fois, la tant convoitée  Palme d’Or (avec ‘‘Rosetta’’, puis avec ‘‘L’enfant’’).

Moufida Tlatli, qui a gagné légitimité et considération au sein du cinéma international (elle a été, entre autres, présidente du fameux Fond Sud qui subventionne les films d’Asie, d’Afrique et d’Amérique Latine), était également invitée à d’autres titres : elle devait animer deux tables rondes, l’une sur le thème «Cinéma et engagement» et l’autre sur «Les femmes cinéastes du Sud». Elle avait également été choisie pour 2008 comme la marraine du stand «Cinémas du Sud» mis sur pied chaque année par le ministère français des Affaires étrangères, et l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), au sein du Village international du festival, pour accueillir les cinéastes des trois continents. Un stand où, en cette session 2008, les cinéastes tunisiens n’avaient plus besoin d’aller se réfugier comme ils le faisaient auparavant car, à deux pas de Cinémas du Sud, flottait désormais, pour la deuxième année consécutive, le drapeau tunisien sur un stand qui leur était totalement réservé !

Au stand Tunisie

En effet, grâce aux efforts méritoires du ministère de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine (qui avait constaté un manque à ce sujet, lors de la journée d’Hommage au cinéma tunisien, organisé par la Section officielle du festival en 2006), la Tunisie a, depuis 2007, son propre stand à Cannes.

Un stand géré par les professionnels eux-mêmes (la Chambre syndicale des producteurs de films, CSPF, représentée par Lotfi Layouni et Naoufel Saheb-Ettabaa, ainsi que le spécialiste tunisien de la publicité et de l’événementiel, Hichem Ben Khamsa), et qui a permis aux cinéastes tunisiens présents de rencontrer «chez eux» un très grand nombre de producteurs, acheteurs, directeurs de festivals et journalistes venus du monde entier.

Le ministère lui-même était représenté par le nouveau directeur du cinéma,  Abderahmane Bennani et par la chef du service cinéma, Mounia Menif, qui étaient à même de répondre à toutes les sollicitations étrangères concernant les films ou les tournages en Tunisie. L’existence du stand de la Tunisie a fait que  la présence de représentants tunisiens du cinéma et des médias à atteint, cette année, un nombre record. Qu’on en juge : outre la nouvelle directrice des Journées cinématographiques de Carthage, Dora Bouchoucha, venue avec une partie de son staff, on pouvait rencontrer les réalisateurs Nacer Khemir, Kelthoum Bornaz, Rachid Ferchiou, Khaled Barsaoui, Brahim Letaief, Mourad Ben Cheikh, Hichem Ben Ammar ou Mohamed Zran (venus présenter leurs derniers films ou des extraits de leurs films en cours au sein du Marché du Film), le caméraman, réalisateur et documentariste Ezzedine Harbaoui, les producteurs Hassan Daldoul, Habbib Attia ou Habib Belhedi, les comédiennes et comédiens Dora Zarrouk, Anissa Daoud, Mohamed-Ali Ben Jemaa ou Mohamed Ali Nahdi, les critiques de Cinéma Neila Gharbi, Samira Dami, Tahar Chikhaoui, Iqbal Zalila et Hassouna Mansouri, ou encore Taoufik Guiga, le directeur du laboratoire de cinéma et vidéo LTC Méditerranée, entièrement rénové par Tarak Ben Ammar.

Le même Tarak donnait une conférence de presse dans les salons du fameux Hôtel Carlton pour annoncer que lui et son associé Silvio Berlusconi venaient d’acquérir chacun 25% de parts de la chaîne maghrébine Nessma TV, créée par les frères Nabil et Ghazi Karoui, les deux surdoués tunisiens de la pub et de la communication, et cela afin de promouvoir une «civilisation islamique de tolérance» dont la Méditerranée a plus que jamais besoin aujourd’hui, selon l’orateur.

A la tribune, aux côtés de Tarak Ben Ammar et des frères Karoui se tenait, resplendissante, la belle Afef Jnifen, la Tunisienne devenue célèbre en Italie, comme mannequin et animatrice télé, et qui, en tant que nouvelle ambassadrice du premier groupe cosmétique mondial L’Oréal, avait fait la veille la «montée des marches» du festival en compagnie des plus belles femmes du monde. Décidément, en cette année faste de la 61ème session du festival, on pouvait se sentir, plus que jamais, fier d’être Tunisien à Cannes !

Triomphe du cinéma-vérité

Et les films du festival, me direz-vous, qu’en avez-vous vus ? Allez-vous nous en parler ? Qu’avez-vous vu ?

Outre la bonne nouvelle de voir un talentueux Nuri turc (Nuri Bilge Ceilan, venu pour la troisième fois en compétition, après ‘‘Usak’’ et ‘‘Les Climats’’) décrocher le prix de la mise en scène avec son nouveau film, ‘‘Les trois singes’’, on a déjà écrit un peu partout que la majorité des films présentés cette année montraient un visage pessimiste voire désespéré de l’état du monde en général. Que le triomphe surprise en fin de festival et l’attribution de la Palme d’Or au petit film français ‘‘Entre les murs’’ de Laurent Cantet (tourné en cinéma vérité dans une classe d’un vrai collège d’un quartier populaire de Paris, et que l’on a comparé, pour la fraîcheur et la spontanéité du jeu de ses jeunes interprètes, au film ‘‘L’esquive’’ de notre compatriote Abdellatif Kechiche, lui aussi interprété par de vrais collégiens, acteurs amateurs) à soulagé la tension sous forme d’un  «happy end» joyeux, après la «déprime» des films précédents.

Cette Palme d’Or tout à fait inattendue, et certainement pas visée comme objectif de départ par le réalisateur (son film a été rajouté à la dernière minute à la compétition officielle) m’a conforté en tant que réalisateur dans l’idée qu’au cinéma, ce sont la vérité et la sincérité qui payent et non pas le calcul : une création artistique n’est en aucune façon une «martingale» de Casino, où l’on essaye de prévoir à l’avance les «coups gagnants».

Cela est d’autant plus aisé à constater à Cannes où existe depuis plusieurs années une maladie qui contamine les plus grands cinéastes et que j’ai surnommée «la Palmedorite» : à cause des honneurs mondiaux que donne la Palme d’Or, on voit bien des cinéastes de talent quitter consciemment ou inconsciemment l’inspiration véritable pour le «calcul artistique», destiné dans leur esprit à leur faire remporter la récompense suprême.

C’est le cas du grand réalisateur allemand Wim Wenders, dont on a pu voir en compétition officielle le tout dernier film ‘‘The Palermo Shooting’’ (Rendez-vous à Palerme) : à la vision du film, on ne peut s’empêcher de penser que ce talentueux réalisateur, déjà titulaire de la Palme d’Or pour ‘‘Paris-Texas’’ en 1984, a tout fait pour rentrer dans le club très fermé des «doublement Palmés» à Cannes (Francis Ford Coppola, Emir Kusturica, Billey August, les Frères Dardenne), en plaçant dans son film tous les ingrédients supposés donner une œuvre à la fois «profonde», «poétique» et «moderne».

Le problème étant que ces notions ne peuvent être assimilées à des «ingrédients», le film se réduit alors à des références (inabouties) à quelques grandes œuvres de l’histoire du cinéma mondial, qu’il est loin d’égaler : un photographe à succès s’interrogeant sur son métier et sur le rôle de l’image dans la société contemporaine (tout comme dans ‘‘Blow Up’’ de Michellangelo Antonioni, Palme d’Or 1967) décide de tout quitter pour un pays étranger (tout comme dans ‘‘Profession Reporter’’ du même Antonioni). Il manque d’être tué  à plusieurs reprises et finit par dialoguer en direct avec la mort elle même (tout comme dans ‘‘le Septième Sceau’’ d’Ingmar Bergman). Le fait que Wenders cite ses deux réalisateurs modèles (tout deux disparus le même jour en 2007) au générique final de ‘‘The Palermo Shooting’’ ne fait pas d’avantage fonctionner ce film très esthétique et très ennuyeux, qui ne vient visiblement pas d’une nécessité intérieure de la part de son réalisateur.

Ne plus avoir comme premier public que celui des festivals internationaux avec leurs normes propres, plutôt que son public national, peut aussi, consciemment ou inconsciemment, devenir paralysant. Est-ce (aussi) une des multiples raisons pour lesquelles, moi ou Moufida, fêtés par la Quinzaine des Réalisateurs, comme décrit au début de cet article, n’avons pas tourné de nouveau film pour le cinéma depuis bien longtemps ?

 
Source : L'expression
 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

< Précédent   Suivant >


CINE CLAP

Tournage Chronique d’une agonie, un nouveau film de Ayda Ben Aleya

Mahrez KAROUI - (La Presse).
 Rêves et désenchantement

On n’a pas encore eu…     Lire la suite...

ECOUTEZ FRANCE MAGHREB 2

Powered by  MyPagerank.Net