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La vie est un spectacle Version imprimable Suggérer par mail

http://www.lexpression.com.tn/upload/Youssef-Chahine11-08-2008.jpg

 

Il est au cinéma égyptien ce que Victor Hugo est à la littérature française du XIXème siècle. Il a dominé le siècle autant par sa longévité que par la fécondité exubérante de son œuvre. Youssef Chahine (1926-2008) a produit pas moins de 35 films touchant tous les genres et reflétant, en miroir fidèle, les événements majeurs qui ont marqué l'Histoire de l'Egypte et du Monde arabe de 1950 à nos jours.

Après quelques essais puisés dans le modèle du cinéma commercial (''Baba Amine'', 1950, ou ''Le grand bouffon'', 1952), Chahine s'attaque, avec une nette dose de réalisme militant, aux maux qui rongent l'Egypte des années 50, les Eaux Noires (1956) et surtout l'inoubliable ''Gare centrale'' (1958) où il campe le rôle principal.

Puis, quand l'Egypte sous Nasser s'installe dans un régime qui se veut socialiste et aliéné à Moscou, Chahine réalise d'abord un péplum nationaliste : ''Saladin'' (1963) et ''Un jour, le Nil'' (1964), une coproduction égypto-soviétique.

Il fallait attendre la défaite de juin 1967 pour que le regard critique de Chahine change d'angle et devienne carrément agressif. D'où des œuvres nettement engagées, comme ''La Terre'' (1969) ou ''Le Moineau'' (1972), ce dernier est un film bilan sur la débâcle de l'armée égyptienne durant la guerre de Six jours, ou encore ''le Retour de l'enfant prodigue'' (1976) où il exprime, pour la première fois, son hostilité et sa résistance aux extrémismes.

 

Un cinéaste qui observe

En 1977, Chahine tombe gravement malade et subit une opération à cœur ouvert. Cela l'a beaucoup marqué et l'a conduit à s'interroger sur son propre itinéraire et à élaborer une trilogie à caractère autobiographique autour de la ville de son enfance, Alexandrie : ''Alexandrie pourquoi ?'' (1978), ''Alexandrie encore et toujours'' (1990) et ''Alexandrie... New York'' (2004). Ce cycle, qui a pris forme sur une longue période, ne se réduit pas à évoquer les traits de Chahine l'homme ou le cinéaste, mais poursuit l'ambition d'embrasser l'ensemble du contexte social, historique et artistique que Chahine a traversé.

Cette trilogie a été complétée par un film à tonalité encore plus autobiographique : ''La mémoire'' (1982) où l'évocation de son opération l'a conduit à remonter le temps et à revisiter les grandes étapes de sa vie, à travers les grands événements qui ont marqué l'histoire de l'Egypte au milieu du XXème siècle.

Puis quand les mouvements islamistes ont vu le jour et ont nourri un vif débat tendu dans l'ensemble du monde arabo-musulman, Chahine s'est appliqué avec détermination à défendre les valeurs de tolérance, d'ouverture d'esprit et à battre en brèche tous les relents de l'obscurantisme et du fanatisme.

Là, il explore des pans de l'Histoire. C'est ainsi qu'il réalise ''L'Emigré''  (1994), un portrait désacralisé du prophète Joseph, puis le grand succès ''Le Destin'' (1997), un film qui retrace l'œuvre du grand humaniste musulman Averroès.

La problématique de la mondialisation a aussi interpellé Chahine, comme en témoigne ''L'Autre'' (1999), ou encore ''Silence... on tourne'' (2001) avec notre compatriote Latifa Arfaoui, où il exalte l'Egypte d'antan avec ses divas et son cinéma populaire...

L'œuvre de Chahine est donc immense et ambitieuse, car elle s'inscrit dans plusieurs directions, parfois hétérogènes. Cependant, cette œuvre ne manque pas d'unité et d'une logique interne qui s'articule autour de deux principes.

D'abord, Chahine n'invente rien. Il est un cinéaste qui observe attentivement le contexte historique qu'il traverse. Il en capte les émois et les frémissements afin d'en faire la matière de ses films.

Miroir de différentes périodes de l'Histoire de l'Egypte et du monde arabe, le cinéma de Chahine est toujours une tentative de réponse aux questions de son époque. De ce point de vue, il est un auteur engagé qui réagit aux événements, donne son point de vue, formule sa position avec courage, en s'exposant ainsi à de périlleuses menaces émanant de ses adversaires.

 

Le mélange des genres

Ensuite, la réponse du cinéaste aux maux de chaque période historique ne cède à aucun discours politique teinté d'une idéologie fermée. Bien au contraire, la réponse de Chahine est essentiellement artistique, celle d'un cinéaste qui puise ses arguments dans les potentialités du langage cinématographique : réalisme poétique, péplum philosophique, opéra ou comédie musicale, clins d'œil au cinéma hollywoodien, etc. Aussi, est-ce pour cette raison que l'esthétique chahinienne associe la danse, le chant et les mouvements quasi chorégraphiques d'une caméra souple, nerveuse et agile.

Que le film soit politique, historique, social, philosophique ou autobiographique, le mélange des genres (comédie musicale, les ingrédients d'opéra, les longs et majestueux pano-travelling, même dans les scènes intimes ou domestiques), constitue une constante et la grammaire de base de l'écriture cinématographique de Chahine.

La preuve que, pour Chahine, le cinéma devrait être avant tout un spectacle, par le biais duquel on peut exprimer des idées ou des émotions, des cris de colère ou des rêves nostalgiques, car Chahine sait parfaitement que «personne ne va au cinéma pour prendre un cours», comme il l'a dit dans un entretien au milieu des années 90.

 

 

Par : Kamel Ben Ouanès
 
 
Source : l'Expression
 

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