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«BASTARDO» (2013), DE NEJIB BELKADHI : ESSAI DE DECRYPTAGE Version imprimable Suggérer par mail

 2018-02-23 20:47:31

 

Par Hédi Dhoukar pour cinematunisien.com


Hier soir, 22 février, dans le cadre des rendez-vous du Cinéma tunisien à Paris au cinéma La Clef, organisés à l’initiative de Mohammed Khiri et de son site cinématunisien.com, le film Bastardo de Néjib Belkadhi a été projeté en présence d’un public nombreux.

 

Ce fut l’occasion de découvrir un film majeur, prodigieusement maîtrisé. Il a subjugué sans aucun doute la salle, mais, lors du court débat qui a suivi, il semble qu’un seul aspect ait été retenu et, c’est bien entendu l’aspect politique à la fois évident et sous-jacent.

 

 

Une intervenante a souligné par ailleurs certaines «longueurs» et «lourdeurs». Cela laisse supposer des approches qui laissent de côté d’autres niveaux de lecture. On peut en citer brièvement quelques unes :

 

1 - Le niveau politique déjà souligné pour son évidence mérite une attention spéciale par son recours à la métaphore et au symbolisme, c’est-à-dire pour un parti-pris formel refusant le réalisme (ou le néo-réalisme). Les divers protagonistes sont hauts en couleurs (Ils évoquent certains personnages de Fellini ou d’Emir Kusturica, dans la mesure où le choix de leur physique est essentiel). Ce choix permet l’introduction de la parabole représentant une communauté humaine fonctionnant en circuit fermé, et régie par de purs rapports de forces. Cette parabole est elle-même introduite par une métaphore sous la forme d’un documentaire télévisé portant sur le mode de fonctionnement des Orang Outangs. D’ailleurs, la communauté humaine en question est enfermée, tout comme les singes dans le zoo ! C’est-dire combien le trait est forcé pour présenter la politique sous un aspect brutal, voire sauvage.

 

 

2 - On peut tenter une lecture subliminale de la trame politique — la dictature — en la limitant à trois phases : la première est induite par le drapeau turc des premières images du film et se réfère à la dictature de la période ottomane. Nous passons ensuite à la dictature d’un couple (Bourguiba/Wassila ?), puis à celle d’un marginal hissé par les circonstances au statut de dictateur (Ben Ali ?) appuyé par le renfort de la technologie. Tout le monde connaît l’addiction de Ben Ali à la technologie numérique. Encore une fois, il faut rappeler que le trait est grossi et le propos n’intègre pas la parenthèse (?) coloniale. Cela frôle la caricature et explique que l’on puisse trouver une certaine «lourdeur». Il faut dire qu’il n’y a rien qui puisse inciter le réalisateur à alléger les traits. Ce qui ne signifie pas une absence de subtilité, bien au contraire !

 

 

3 - La subtilité apparaît dans l’approche anthropologique, c’est-à-dire dans un parti-pris d’universaliser le propos pour le hisser au dessus du seul exemple tunisien. Les tendances au grégarisme, le fonctionnement en horde, le besoin de chef, le dualisme dominants-dominés et l’exploitation qui s’en suit sont des traits humains universels, plus ou moins perceptibles selon les sociétés. Dans le cas tunisien, comme les événements semblent le montrer (le film a été conçu en 2007), Néjib Belkadhi semble avoir perçu la forte tendance vers un retour à des formes de tribalisme, entraînant l’émiettement du tissu national et l’installation du chaos.

 

 

 

4 - La subtilité apparaît également dans l’approche critique sous-jacente de la «technologie», représentée ici par une antenne de toit pour téléphones portables. Elle est l’origine d’une aliénation collective qui peut aller jusqu’à l’hystérie, et ses retombées négatives pour la santé sont montrées, mais ignorées par celui qui leur est le plus exposé et qui finit par en mourir (Mohsen, le «bastardo»).

 

 

5 - Subtilité encore dans l’approche psychologique avec le choix du personnage de la jeune femme qui essaie de «sauver» Bastardo. Cela renvoie au mythe faustien qui, rappelons-le, raconte l’histoire d’un savant incapable, malgré tout le savoir accumulé, de s’élever au dessus de sa condition de «vermisseau» qu’un pied peut écraser. Il passe alors un pacte avec le Diable et devient puissant en perdant son âme. N’est-ce pas ce qui arrive à Bastardo ? Seul l’amour d’une femme arrivera à le sauver. Il y a là une dimension fantastique présente dans le film de Belkadhi, puisque la jeune femme en question est doué d’un pouvoir surnaturel : celui d’attirer les insectes, tout en restant attirante.

 

 

6 - Enfin, il faut souligner un autre heureux choix formel du réalisateur qui permet de sortir des sentiers battus portant sur la représentation du sexe au cinéma. Il choisit le parti-pris de la suggestion, évitant ainsi le piège du voyeurisme et des mauvais procès qui vont avec. Il contribue ainsi à frayer la voie pour un cinéma proche de son public premier, le public tunisien, tout en restant de portée universelle.

Hédi Dhoukar

 

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