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YAHYA ABDALLAH NOUS FAIT RIRE DE NOUS-MEMES Version imprimable Suggérer par mail

 2017-11-19 12:35:30

 

PAR Faouzia REJEB

 

Jeudi 16 novembre, au cinéma «La Clef», le rendez-vous mensuel du «cinematunisien» nous a proposé de plonger dans l’univers du réalisateur Yahya Abdallah, à travers son documentaire «We Are Here» (nous sommes ici), tourné entre 2011 et 2012, juste après la révolution tunisienne, dans l’enfer de Jebel Jeloud !


Un sentiment de malaise m’habitait à l’idée d’affronter cet enfer. Je m’apprêtais à affronter la caméra du réalisateur, son regard subjectif, ses messages intentionnels chargés de connotations politiques, sociologiques…

Je suis partie avec ces pressentiments et suis sortie avec un regard vif, des rires certes amers, de l’empathie et un long silence… Le documentaire est filmé avec un réalisme poignant, un réalisme qui m’a fait oublier par moments mes notions audiovisuelles : cadrage, échelle de plans, techniques de montage...

Le réalisateur donne dès le début la tonalité : une séquence qui réunit un enfant et un jeune homme. Ces derniers nous livrent une certaine perception de la vie, de l’avenir, de l'argent, de la richesse… La symbolique est désormais communiquée de manière fluide par ces acteurs ; la caméra s’efface et laisse la place à l’expression spontanée des idées.

J’ai tout de suite compris que c’est là le centre du message ; que c’est bien cet enfant qui me guidera au fil du documentaire… et j’étais prête à lui faire confiance !

Notre réalisateur nous a juste invités à accorder les idées, les images, les musiques…

Mon premier point d’ancrage est ce fameux numéro : le 9 ! Les jeunes du quartier nous expliquent qu’il est leur chiffre symbolique. Ce quartier auquel ils s’identifient, ils aiment lui donner du sens, lui créer un récit…

Comment rester insensible face à ces jeunes ? Des jeunes qui abordent la signification des études, des diplômes (la maîtrise) avec une belle distorsion !  Ce fameux diplôme universitaire devient un détail comparé à la maîtrise de la vie ; une maîtrise d’autant plus complexe qu’elle s’apprend dans la rue, dans la confrontation …

Comment rester insensible face à cette femme de ménage au cœur doux ? Elle s'identifie avec croyance et vérité à son espace de travail, devenu son lieu de vie ! Le lycée, les élèves, les émotions et le partage sont ses points de repère, son oxygène. Cette femme occupe manifestement et avec joie son rôle de lien social…

Comment rester insensible face à cet élève qui poursuit sa scolarité en terminale, mais tient à nous préciser sa fierté de s'identifier à son quartier pauvre et modeste, mais émotionnellement chargé de sens ?

On a ri pendant ce documentaire, mais c’était un rire désorienté…

Cette population filmée nous fait rire de nous-mêmes… Ces jeunes réfléchissent avec humour sur l’absurdité de leur condition : est-il encore possible de rêver ? Rêver des choses simples : ne plus se coucher seul à 38 ans, ne plus demander de l’argent à ses parents pour aller au bordel, pouvoir galérer pour aller travailler, se lever le matin pour prendre les transports, courir pour attraper le bus, être en retard pour son boulot, se sentir VIVRE tout simplement ! Quel luxe !

Et puis la drogue ? Elle, par contre, elle appartient au peuple ! Un jeune homme nous délivre avec humour une dose de réflexions : Qui est le coupable ? Qui fait circuler la drogue ? Qui la consomme ? Pourquoi nous punir ? Autant de questions dont les réponses sont décidément ironiques et tristement acceptées…

Nouvelle séquence et nouvelle orientation réflexive : nous sommes en salle de classe et écoutons la parole d’un professeur : démocratiser la culture, la liberté n’est pas l’anarchie, apprendre à écouter l’autre, veiller à respecter le multiculturalisme... autant de positions qui me parlent et qui nous parlent ! Hélas, cette beauté expressive se heurte à un problème plus profond : le décalage entre ce que l'on apprend à l’école et ce que l'on observe dans la rue ! Ce décalage est symbolique de tout un pays… et déclencheur de sentiments négatifs.
 
Or cette jeunesse a préféré extérioriser ses sentiments négatifs, ses rages et ses révoltes dans des codes d’expression plus originaux : le rap, la danse et les tags. Sur fond musical, on raccorde encore une fois les paroles chantées avec des visages, des discours et des identités en cours de construction.

Et la politique dans tout cela : eh bien … on espère un petit dictateur qui prendra la place du grand dictateur ! Nous avons bien compris que la politique est le centre des problématiques mais elle n’est pas traitée de manière explicite. L’art est désormais de ne plus forcer le récepteur, lui faire confiance.

Je regardais aussi les visages et les attitudes des femmes et des jeunes filles. Je me suis vite posée la question : y a-t-il un message caché dans leurs discours ? La réponse est donnée avec le portrait de la jeune lycéenne qui a décidé de changer de style, de mental sur un déclic moral. Le foulard devient un signe extérieur de respect de Dieu et l’Islam une revendication identitaire d’un fragment de la population. Il était aussi question de laïcité et le débat risque de s’enflammer… Les sujets sont sensibles, alors passons !

Il était surtout question de la parole qui se libère : celle des jeunes tout d’abord. Le réalisateur cadre en parallèle le visage d’une femme âgée qui prend conscience qu’on la filme. Elle a surtout pris conscience que cela pourrait changer la donne… Elle s’emporte avec ses revendications, ses émotions sincères … J’éprouvais de la tendresse pour elle,  pour ses paroles vraies, pour son expression authentique et pour son «utopie»…

J’achève mon modeste et rapide parcours de lecture en m’arrêtant sur le projet de la caravane : il rassemble les idées, les volontés et les espoirs de ces jeunes ! La caravane devient très vite la symbolique d'une trajectoire, celle de la jeunesse qui peint avec joie les murs et qui habille musicalement l’espace public. Une jeunesse qui assume et qui assure !

Le documentaire se termine avec une séquence qui réunit à nouveau le jeune homme et l’enfant. Le raccord est vite établi dans nos esprits. Les deux personnages sont filmés de dos et nous renvoient un dernier discours. La discussion prend un goût plus déterminé et optimiste puisque l’enfant, privé de son père immigré à Lampedusa, prendra sûrement la relève et mettra fin à la souffrance : celle de son père et la sienne !

Le regard enfantin qui nous a guidés tout au long du documentaire et qui a subtilement ponctué le récit de ce quartier m’est au final très cher ! Ce regard est tendre, sincère, vrai et positif. On s’y identifie, on y croit et on s’y accroche !

Par Faouzia REJEB

 

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