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COLLOQUE «ENGINEERING DES FESTIVALS DE CINEMA» : INTERVENTION DE KAMEL BEN OUANES Version imprimable Suggérer par mail

2017-09-14 07:45:37

 

Extraits de l’intervention de Kamel Ben Ouanès au Colloque «Engineering des Festivals de Cinéma», 8, 9 et 10 septembre 2017, Matmata, Tunisie.


Propos recueillis par Marie de Peyster pour «Cinematunisien».

 

Il serait utile pour notre rencontre  de rappeler d’abord la différence entre le cinéma et le film. Autant le film s’articule autour d’un projet artistique et intellectuel, proposé par un créateur et son équipe, autant le cinéma s’élargit à un ensemble d’activités comprenant la production de ce film, sa distribution, sa promotion, les conditions de sa réception, ainsi que les différentes lectures critiques auxquelles il se prête.

 

 

Nous pouvons alors dire que le film  n’est qu’une composante parmi d’autres du domaine du cinéma. De ce point de vue, le festival est rattaché davantage à une activité culturelle au service du cinéma, qu’à un quelconque exercice filmique.     
 

Aussi est-ce pour cette raison que le festival est appelé à remplir plusieurs fonctions :

 

- il offre aux professionnels du cinéma un cadre approprié pour aller à la rencontre de son public.
-  il assure la promotion de nouveaux films,
-  il permet de revisiter la mémoire du cinéma,
-  il peut jouer un rôle de tremplin pour promouvoir une ville ou une région.

C’est au gré des objectifs de chaque festival et de l’orientation de sa vocation que se dessinent tout autant la stratégie de son financement - et la nature ou le profil de ses partenaires - que la configuration de son programme ou les paramètres de la sélection des films pour la compétition.
Ces objectifs ne peuvent êtres identiques ou uniformes pour toutes les manifestations cinématographiques. Car il y a de grands festivals, d’autres moyens, d’autres modestes. Ceci justifie leur classement en catégories, selon leurs moyens respectifs, l’ambition de leur configuration structurelle, l’importance de leurs partenaires ou sponsors, ou le degré de leur impact médiatique sur la carrière du film programmé dans l’une de ses sections.
Dans ce sens, nous relevons une évidence : l’écart est grand entre les festivals des pays du Nord, en comparaison avec ceux du Sud. La preuve dans le fait que les festivals ne répondent pas aux mêmes exigences, selon que l’on cherche à promouvoir la culture, à animer la Cité, à soutenir le cinéma en tant qu’industrie de production, ou encore à utiliser le 7ème art comme un redoutable outil de propagande politique ou idéologique.

 

 

Une telle affirmation devrait nous conduire à concevoir un festival qui puisse émaner de la réalité de nos pays du Sud, des besoins de notre environnement socio-culturel.  Cela est d’autant plus important que chaque région du monde doit faire valoir sa richesse et ses particularités, en tenant compte plus particulièrement des moyens objectifs dont il pourrait disposer. N’oublions pas que le grand écueil qui a affecté fatalement certains festivals est d’avoir  affronté, avec une flagrante naïveté, l’écart entre le rêve d’un beau et grand festival et la modestie des moyens pour sa réalisation.

 

Cela nous conduit à poser cette importante question : pourquoi, en dépit des moyens modestes et de la précarité des structures de base,  s’applique-t-on avec autant d’audace et d’entêtement, en Tunisie, à organiser des festivals  de cinéma ? Sans doute, parce que le besoin est si impérieux qu’il lègue au second plan l’examen des moyens et les ressources à mobiliser pour gérer à bon escient une telle manifestation.

 

La prolifération des festivals est donc un phénomène socio-culturel qui mérite que l’on s’y intéresse, car il est symptomatique d’une réalité traversée par ses contradictions et les frustrations qui en découlent.   Dans tous les cas de figure, le festival est né pour répondre à certaines attentes et combler certaines lacunes dont souffre la Cité, dont notamment :  

 

- Le désir de voir des films dans un espace public, d’autant plus qu’il n’y a quasiment plus de salles de cinéma.

 

- Les gens se sentent en sécurité dès lors qu’ils se retrouvent en groupe.

 

- Le côté festif des festivals est attirant pour beaucoup de personnes.


Mais, malgré la générosité d’une telle initiative, nous constatons que le festival n’arrive pas à remplacer la salle et s’avère incapable de former un public assidu et réellement gagné par le goût de la cinéphilie.

Pourquoi cet échec ? La réponse à la question ne peut être donnée dans le cadre de cette intervention, tant ses implications sont multiples et complexes. Cependant, nous allons limiter notre développement au moins à un aspect que nous estimons fondamental.


En effet, un festival de cinéma a vivement besoin d’un environnement ou d’un cadre approprié, sans lequel la manifestation cinématographique aurait beaucoup de mal à créer les conditions nécessaires à son ancrage social immédiat. Ce cadre est la vie citadine, le milieu urbain, là où, à côté du dynamisme et de la richesse de la vie économique et commerciale, émerge une vie culturelle comme une composante naturelle de la civilité urbaine. Or, force est de constater que la ville au Maghreb, et malgré son développement, comme l’a démontré Assia Djebbar, est en train d’être gagnée par un esprit de ruralité. Dans ce cas, la vie culturelle a tendance à déserter l’espace urbain, ou du moins à se réduire à une proportion marginale et timide.

 

Cette constatation apparait donc comme un verdict : une scandaleuse dissonance entre la vocation du festival et l’environnement destiné à l’accueillir et permettre son développement. Dans ce cas, on serait tenté de dire que pour donner crédibilité et vitalité à nos festivals de cinéma (en Tunisie et dans le monde arabe en général), il faut rénover nos villes et leur insuffler les conditions canoniques de véritables centres urbains, là où les citoyens peuvent se rencontrer un jour autour d’un livre, un autre autour d’une pièce de théâtre, puis un  autre autour d’un film… C’est à la faveur de cette communication transversale que les discours artistiques ou créatifs s’éclairent mutuellement et établissent entre eux un réseau d’échos et d’interférences. Aussi est-ce pour cette raison que la Culture est un tout ou elle n’est pas.

 

A la fin de cette intervention, faut-il émettre quelques propositions de nature à assurer une certaine coordination entre les festivals arabes et leur permettre de donner une certaine impulsion à leur vocation ?

 

Dans les pays arabes, un festival a besoin de deux outils de travail :

 

- Une carte géographique des festivals ; en effet, un festival doit être connecté à d’autres festivals partageant les mêmes objectifs ou la même thématique.

 

- Un listing de tous les films arabes produits pendant l’année, afin de proposer une coordination entre les différents festivals.
Ces deux outils de travail peuvent être pris en charge par l’ALECSO ou l’IMA.


Propos recueillis par Marie de Peyster pour «Cinematunisien».

 

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