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8 MARS 2017 : LES CINEASTES TUNISIENNES A L’HONNEUR Version imprimable Suggérer par mail

Sample Image2017-03-09 12:26:51

 

Par : Mouldi FEHRI pour cinematunisien.com

 

Le 8 mars de chaque année est déclaré «Journée internationale des femmes» ou encore «Journée internationale des droits de la femme».

Les appellations diffèrent mais l’intention est la même : rendre hommage à la femme où qu’elle soit et la soutenir dans sa lutte quotidienne pour la reconnaissance de ses droits à la liberté, à la justice et à une place dans la société à égalité avec les hommes (ni soumise, ni complémentaire).

 

Cette journée donne généralement lieu à des fêtes et à des célébrations avec des discours de rappel des conditions, encore et toujours difficiles, des femmes dans le monde.


Pour sa part et pour la deuxième année consécutive, l’équipe des «RENDEZ-VOUS DU CINEMA TUNISIEN A PARIS» a choisi de s’inscrire dans cette tradition, mais à sa façon, en invitant de jeunes cinéastes tunisiennes à venir présenter au public de la salle du cinéma «La Clef» [le 07 mars 2017 à 20 heures] le fruit de leur travail et prouver ainsi que la femme tunisienne est présente (et capable de l’être) dans tous les domaines, y compris celui du cinéma.


Au programme, six courts-métrages (entre 10 et 17 mn) dont un de feue Kalthoum BORNAZ, disparue il y a quelques mois, et à laquelle un hommage particulier sera rendu le Jeudi 9 mars 2017.
Comme à l’accoutumée, et peut-être un peu plus, le public a répondu présent et la salle affichait pratiquement complet.


Après une présentation par Mohamed KHIRI des cinq jeunes réalisatrices (toutes présentes), le public a pu découvrir, apprécié et applaudir leur travail.

 

Avec beaucoup de légèreté (dans le bon sens du terme), de simplicité et de maitrise sur le plan technique, ces films ont été chacun à sa façon un témoignage sur le vécu et le quotidien de la société tunisienne actuelle. Les thèmes évoqués, dans (ou par) leur diversité, constituent ainsi une sorte de fenêtre ouverte sur la Tunisie d’aujourd’hui, celle d’après la « révolution de 2010 ». On a l’impression qu’ils forment, en quelque sorte et indépendamment de la volonté des réalisatrices, les maillons d’une même chaine ou les pièces d’un même et unique puzzle.


Le spectateur est invité à travers ces films à pénétrer dans les foyers de familles tunisiennes et à découvrir et partager leur quotidien, leurs préoccupations ou problèmes personnels, leurs rêves, leurs espoirs (ou désespoirs parfois ?), en passant d’un thème (ou problématique) à un autre :

 

1. [«VISA DE SURVIE» de Nadia Rais – 10 mn / Animation, Tunisie - 2014] : nous rappelle la problématique du terrorisme et ses conséquences pour les citoyens ; thème malheureusement toujours d’actualité en Tunisie, mais qui est traité ici avec simplicité et rigueur dans ce film d’animation où la parole a été volontairement déformée, pour tout baser sur l’expression par l’image.

 

 

2. [«PROFESSION DE FOI» de Nour Abichou – 17 mn / Documentaire, Tunisie - 2016] : nous montre comment et à quel point l’intrusion de la religion dans la vie sociale peut devenir une source de troubles et de complications dans la vie quotidienne des individus et surtout dans leur relation avec le reste de la société. Ce film est basé sur un montage judicieux, par lequel la réalisatrice a pu créer un lien entre des séquences filmées récemment et des images d’archives utilisées de façon intelligente.

 

 

3. [«LA BROUETTE» de Sana Jaziri – 15 mn / Fiction, Tunisie - 2015] : un film très touchant qui nous fait découvrir le quotidien d’un enfant plein d’innocence, élevé dans la pauvreté des quartiers populaires, le besoin, les privations, mais aussi la fragilité et souvent l’abandon. Un film qui ressemble à  un signal d’alarme et à travers lequel la réalisatrice donne en quelque sorte la parole à ces enfants qui commencent leur vie sans aucun espoir et qui peuvent facilement devenir une proie facile pour toutes sortes de prédateurs.

 

 

4. [« TABOU » de Meriem Riveill – 15 mn / Fiction, Tunisie - 2010] : rend le spectateur témoin de la solitude et du trouble psychologique d’une jeune adolescente confrontée à la découverte de son corps blessé/ marqué par les méfaits d’un monde d’adultes parfois cruel et sans scrupules (problèmes d’attouchements ou d’abus sexuel par un membre de la famille), voire coupable d’incompréhension et de manque de communication (attitude négative de ce père intransigeant et inconscient du drame de sa fille),

 

 

5. [«MIEL AMER» de Emna Najjar – 12 mn / Fiction, Tunisie - 2014] : nous fait découvrir une autre forme de solitude, à travers cette histoire d’amour à sens unique vécue par une jeune femme vis-à-vis de son voisin et aux déceptions qui en découlent, par maladresse, excès de pudeur, etc. Un film qui a la particularité d’être basé uniquement sur l’expression par l’image et où le seul dialogue est celui suggéré par les regards, les gestes et les déplacements des personnages, que vient compléter une bande son composée d’un simple bruitage et au fond d’une musique d’accompagnement.

 

 

 

6. [«LA FORET D’EL MEDFOUNA» - 10 mn / Fiction, Tunisie – 2000] : dernier film projeté, est un regard particulier et un signal d’alarme lancé par feue Kalthoum BORNAZ sur la problématique de l’environnement et la nécessaire sauvegarde de la nature

Cette soirée, qui a été une très grande réussite et une belle promenade entre tous ces sujets, s’est terminée par un débat riche et animé entre le public (resté nombreux jusqu’à la fin des débats) et les cinq réalisatrices, ainsi que l’universitaire Madame Alia Baccar, venue de Tunis exprès pour nous parler de la vie et de l’œuvre de la cinéaste disparue Kalthoum BORNAZ, à l’occasion de l’hommage qui lui sera rendu le 9 mars 2017 à 19 heures 30.

 


Parmi les questions posées, les plus importantes portaient sur :
- Les conditions de tournage de ces films et notamment les éventuelles difficultés financières que les réalisatrices auraient rencontrées.
- Si des difficultés sont apparues avec les autorités politiques actuelles en Tunisie pour les laisser exprimer librement leurs idées et tourner leurs films sans obstacles.
- Les possibilités qu’elles ont eues ou pas de présenter leurs films, d’abord en Tunisie, mais aussi à l’étranger.
- Les conditions de certains castings et notamment celui de l’enfant qui joue dans le film «LA BROUETTE».


A toutes ces questions et à d’autres encore, les jeunes réalisatrices ont répondu avec beaucoup de sérénité, de sincérité et de courage : elles insistent sur le fait que les difficultés existent, tout comme les aides de l’état même si elles restent insuffisantes. Mais, elles ajoutent qu’elles ont pu «se débrouiller avec les moyens du bord et souvent compter sur la bonne volonté des membres de leurs équipes respectives et leur patience». Malgré toutes les difficultés possibles et imaginables, elles se disent déterminées à poursuivre leur travail, avec ou sans aide significative de l’état.
Pour la diffusion de leurs films, elles affirment avoir pu les présenter un peu partout en Tunisie (à travers les festivals et autres circuits culturels) et dans pas mal de pays étrangers.


Sans revenir sur l’ensemble des réponses et des échanges qu’elles ont eus avec le public, disons que ces jeunes réalisatrices nous ont montré, à travers leur travail et leurs réponses, qu’elles constituent une bonne pépinière pour le cinéma tunisien, et pourquoi pas arabe et africain. Elles ont plein de projets en préparation, une bonne maîtrise de la technique cinématographique, beaucoup de courage et de bonne volonté.
Elles montrent enfin que la femme tunisienne est présente aussi dans le domaine du 7ème Art et qu’elle ne manque ni d’initiative, ni de créativité.
Souhaitons leur bonne route et bon vent.


Paris, le 8 mars 2017
Mouldi FEHRI

 

 

 

 

 

Photos : Sabrina Khiri

 

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