Advertisement

Recherche


Mardi 11 mai 2017

Identification






Mot de passe oublié ?
Pas encore de compte ? Enregistrez-vous

NOS PARTENAIRES

 
 
 

 

 

 

 


 


 

 

 
 
 
 

Films Tunisiens

Court métrage
Long métrage

Stats

Films: 500
Critiques: 2
Bandes annonce:
Commentaires: 272
Jaquettes: 0
CORPS ÉTRANGER, DE RAJA AMARI AU FESTIVAL DE BERLIN Version imprimable Suggérer par mail

 2017-02-20 09:07:00

 

Naser Samir Ayache pour cinematunisien.com

 

«Jassad Gharib» relate un fragment d’une vie : celle d’une jeune fille tunisienne, Samia, qui a décidé de fuir son pays, hantée par l’idée d’être rattrapée par un frère islamiste qu’elle avait dénoncé. Elle prend le large, clandestinement, pour la France. Elle se rendra en premier lieu dans un café-bar, où travaille Imed, une connaissance, mais surtout un ami de son frère. Ensuite, elle rencontrera Leila, alias madame Berteau, veuve et héritière d’un bourgeois français, pour qui elle travaillera.

 


Tout au long du film, une toile se tisse entre ces trois individus qui se découvrent mutuellement, mais qui découvrent aussi d'autres facettes de leur propre personnalité.

Où mèneront ces connexions hasardeuses du destin ?

«Le cinéma, à la différence de la télé, un peu comme la littérature, c’est un art de choix. Le spectateur paye son billet pour voir un film, je considère que cet acte est un acte fort». Raja Amari.

Les premières images du film.

Le film commence par une séquence sous la mer, au cours de laquelle on voit un passeport tunisien, des photos de famille, des chaussures … Ensuite, des silhouettes se jettent par-dessus bord, plongent devant la caméra sous-marine et son équipe. Le lendemain, Samia se réveille, parmi les morts et les échoués.
La scène d’ouverture du film annonce l’un des principaux sujets du film : l’immigration. Un sujet d’actualité, qui apparaît comme une évidence dans la sphère cinématographique actuelle. En ce début de XXI° siècle, et après plus de cent ans de culture de l’image, je pense à tous ces films, post-révolutionnaires traitant de l’immigration et du djihad.
Que montrent ces images et quelle mémoire sont-elles en train d’écrire ? Sommes-nous encore créateurs d’images fantasmées par l’Occident ?

Le djihad et l’immigration représentent la première couche du film, c'est-à-dire sa forme.
«Ce sont des thèmes qui m’intéressent, et j’aime en parler d’une manière particulière, contraire à ce que l’on pourrait attendre d’un film qui traite de ces sujets-là. L’intérêt, c’est d’évoquer ça à travers le point de vue du personnage et d’en parler d’une manière intime. Ces thèmes-là sont utilisés par la suite, à des moments-clés du film, par exemple quand Samia dénonce Imed sur ses antécédents jihadistes». dit R. Amari.

 

Cette scène d’ouverture nous dévoile ainsi une partie intégrante de la personnalité de Samia dans sa manière de réagir, de s’adapter rapidement. Elle nous montre, surtout, à quel point son instinct de survie réagit vite, face aux plus extrêmes des situations.
Les premières images de « Jassad Gharib » nous dévoilent aussi le mode de narration du film. Il se construira jusqu’à la fin autour de cette gymnastique du double écran, double couche. Petit à petit se crée l’idée d’un miroir imaginaire : un sujet politique face à un sujet personnel ; l’immigration et le djihad face aux désirs des corps, des richesses et de l’instinct de survie. «Des luttes pour fusionner le personnel et le politique» (1), c’est ce que développe le critique américain Boyd van Hoeij à propos du film.

Samia réussit à stabiliser sa situation financière grâce à madame Berteau, mais l’ombre de son frère plane toujours, elle affirme même un soir que son frère est là, en bas de la rue, mais cette affirmation s’avère être le fruit de son imagination et de sa frustration. «L’histoire du frère, c’est un fantôme, on ne sait même pas s’il a vraiment existé, on ne sait pas si elle le voit ce frère, c’est peut-être dans son imaginaire, nous ne l'avons jamais vu. Nous n’avons que sa version à elle, et nous, spectateurs, nous ne sommes pas sûrs de ce qu’elle nous dit», développe R. Amari.

 

 

À noter que cette séquence d’ouverture est aussi inconsciemment un mouvement, un courant sous-marin dans le cinéma tunisien. Depuis quelques années, les auteurs d’images veulent voir et montrer les choses sous un autre angle. Je citerai pour exemple, «Bidon 2» de Jilani Saadi ou «No Man’s love» de Nidhal Chatta. Le cinéma tunisien explore l’univers sous-marin avec retard en matière de technologie. Mais cela rajoute une nouvelle couleur à notre écran et un début pour plusieurs autres essais.
«Jassad Gharib» a été projeté à la Berlinale en tant que première européenne. Il a été également projeté pour la première fois à Toronto pour la première mondiale et à Bussan pour la première asiatique. Un très beau début de parcours pour ce troisième film de la réalisatrice Raja Amari, qui annonce par ailleurs qu’il fera sa sortie tunisienne le 22 février 2017.

NSA pour Cinématunisien,
Le 19 février 2017.


(1) www.hollywoodreporter.com/review/foreign-body-corps-etranger-926883
«Struggles to fuse the personal and the political», par Boyd van Hoeij.
 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

Suivant >


ECOUTEZ FRANCE MAGHREB 2

Powered by  MyPagerank.Net