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Abderrazek Ben Jemaa : le cinéma pour moi est le mode majeur de créativité Version imprimable Suggérer par mail

Abderrazek Ben Jemâa
Abderrazek Ben Jemâa
Qui est notre chercheur?

Je m'appelle Abderrazek Ben Jemâa, de nationalité tunisienne. De formation, je suis maîtrisard de langue française et docteur en gestion d'entreprise. Par ailleurs, Je suis scénariste et je viens de réaliser mon premier court métrage.

Pourquoi ce choix du cinéma tunisien comme exemple ? Le choix du cinéma tunisien se justifie par plusieurs motifs :
D'abord, je suis tunisien et il est normal que je me m'intéresse d'abord à problème local. Ce qui ne veut pas du tout dire que je ne tiens pas de la nécessité de s'intégrer à l'économie internationale, malgré toutes les difficultés qui y sont inhérentes.

De plus, sur un plan personnel, le cinéma pour moi est le mode majeur de créativité puisqu'on y trouve de la littérature, de la peinture, de la musique, du jeu d'acteurs, etc.

Finalement, contrairement à ce qu'on peut penser, le cinéma en Tunisie pourrait être une opportunité dans tous les sens du terme : sur le plan de l'exportation, sur le plan de la production locale, sur le plan social, sur la plan culturel.

Une mise à niveau, une étude du marché tunisien laisse sombrer dans une problématique locale, est-ce juste pour un chercheur arabe de rester fermé dans son fief et ne pas offrir sa thèse à sa région, pour le moins dire?

Votre question mérite plusieurs réponses :
D'abord, l'appartenance à un espace géographique ou culturel régional ne doit pas occulter les préoccupations nationales. Au contraire, c'est grâce aux contributions nationales que le régional peut se construire. Permettez-moi de vous donner un exemple simple. On parle ces jours-ci, à l'occasion des J.O. de Pékin de la nécessité de promouvoir le sport arabe.

Mais il est irréaliste de croire que l'on peut actuellement penser une politique arabe sportive. En revanche, les nations arabes peuvent promouvoir leurs sports nationaux respectivement, ce qui à terme permettra de construire l'unité arabe. Ce n'est pas le Président de la Ligue Arabe qui a décrété un jour que Hichem Al Garrouj sera le porte-drapeau du monde arabe.

C'est d'abord le Maroc et Hichem Al Garrouj lui-même. Mais il faut par la suite chercher à conforter ces résultats nationaux par une collaboration inter-arabe qui peut être très bénéfique face à la montée des grandes puissances : États-Unis, Chine, Inde, Brésil, Europe.

Par ailleurs, dans le livre que j'ai publié sur le site tunisiancreativity.com et que l'on peut télécharger gratuitement, j'ai bien affirmé que la collaboration entre les pays arabes au niveau du financement de la production et au niveau de l'exploitation peut être très utile. D'ailleurs, plusieurs producteurs tunisiens (que j'ai interviewés dans le livre) s'engagent avec bonheur dans cette direction.

Les éditions sur internet, attirent beaucoup de personnes pour contourner les maisons d'édition traditionnelles qui épuisent les efforts de jeunes talents, ces deniers sont-ils bénéfiquement reconnus?

Pour publier un livre de 10.000 exemplaires, il faut en moyenne couper un arbre adulte. Imaginez le nombre d'arbres qu'il a fallu couper pour écrire tous les livres de la terre. Et on s'étonne après que la planète se révolte.

Par ailleurs, toute édition sur papier est forcément limitée pour des raisons de coût de production mais aussi pour des raisons de distribution. Internet est justement la chance rêvée pour dire ce que l'on a sur le cœur ou dans l'esprit.

C'est pour cela que j'ai créé cette maison d'édition numérique et gratuite qui pourrait rendre service aux talents mais aussi faire connaître les œuvres intéressantes sans contrainte.

Couverture du livre electronique
Couverture du livre electronique
Malgré un certain développement de l'industrie cinématographique marocaine, le résultat reste réduit, le marché d'accueil est sans effet commercial; qu'en pensez-vous ?

Je ne partage pas votre point de vue sur le cinéma marocain. Le cinéma marocain est l'un des plus actifs du monde arabe. Certains films marocains ont reçu un accueil au Maroc supérieur à celui de très grands films américains. Ce qui manque, à mon sens, au Maroc comme la plupart des pays arabes, c'est une vision exportatrice du cinéma avec une stratégie appropriée.

Ce qui nous fait redire, cette confirmation, les salles de cinéma, de plus en plus fermées et de plus en plus désertées en est la grande preuve de cette décadence du secteur; pourquoi ce malaise cinématographique ?

Partout dans le monde, on observe cette tendance. D'abord, cela est dû à plusieurs variables : le développement du home-cinéma, le piratage, l'explosion des télévisions, etc. Mais cela ne veut pas dire pour autant que le cinéma va mourir. Le cinéma est en train de changer de forme. On peut désormais télécharger légalement des films sans passer par le circuit classique de distribution et d'exploitation.

J'en parle beaucoup dans le premier chapitre de mon livre portant sur l'impact de la numérisation. Au niveau statistique, on constate dans le monde deux phénomènes : on voit de plus en plus de films mais il y a de moins en moins de salles. Vous savez certainement qu'actuellement vous pouvez visionner des courts métrages sur votre téléphone portable.

Le cinéma est promu à un bel avenir mais les formes de production, de distribution et d'exploitation sont tout simplement en train de changer.

Quand vous parlez du Maroc, pour avancez toujours les revenus engendrés par le tournage des films étrangers, aussi pour la Tunisie, vous parlez de l'argent à encaisser des tournages étrangers; votre point de vue est ici, un point financier, donc, le cinéma n'est pas à l'honneur, où en est-il pour le développement de notre propre cinéma ?

D'abord, le cinéma est une industrie, probablement la plus grande industrie dans le monde. Il ne faut pas l'oublier. Mais sans art et sans artistes, cette industrie n'existerait pas.

Autrement dit, l'industrie du cinéma a besoin d'artistes confirmés, sinon personne n'irait voir des films. Mais par ailleurs, les artistes ont besoins de producteurs et de financement. Sinon aucun tournage, local ou régional ne pourrait se faire.

L'art et l'argent sont complémentaires. Ils ne sont pas en contradiction.

Ces revenus seront éphémères , car nous dépendons de l'étranger, un vrai revenu est dans la production locale, c'est sensibiliser notre public, c'est promouvoir sa vision et sa compréhension cinématographique, c'est rendre son éclat à notre salle du cinéma; n'est-ce pas cette stratégie qui va durer ?

Comme je vous l'ai dit précédemment, il y a deux visions possibles : une vision ciblant le marché local et une vision ciblant les marchés étrangers. Les deux ne sont pas contradictoires. Bien entendu, il faut défendre son marché, son industrie. Mais il faut aussi profiter des opportunités qui s'offrent à l'étranger. Le film « La Marche de l'Empereur » produit avec 2.3 millions d'euros a rapporté à l'export plus de 85 millions de dollars. Cela ne doit-il pas nous faire réfléchir?

Propos receuillis par eMarrakech.info
Mercredi 13 Août 2008
 

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