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LES RÉFORMES SE CACHENT POUR MOURIR Version imprimable Suggérer par mail

 2016-12-27 12:21:17

 

Les réformes se cachent pour mourir


Par Noura Borsali — La Presse de Tunisie du 24 Décembre 2016


Face aux problèmes cumulés vécus par le secteur du cinéma tunisien, et à l’évolution du 7ème Art avec ses innovations incessantes dans le monde, une consultation des milieux du cinéma a été lancée au mois d’octobre dernier par le nouveau ministre de ce qui est devenu le ministère «des Affaires culturelles» (et non plus, comme auparavant, «de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine»).

 

Ce secteur en ébullition a connu, par le passé, différents projets de réforme, mais, pour la plupart d’entre eux ils sont restés lettre morte.

Chronique d’une réforme annoncée

Une première réunion en présence du ministre s’est tenue ce même mois d’octobre, réunissant cinéastes, techniciens, comédiens, producteurs, critiques cinématographiques, distributeurs, cinéphiles indépendants, associations, fédérations et syndicats du cinéma…

 

Un état des lieux a été établi, pointant du doigt tous les dysfonctionnements et insuffisances liés à l’opacité des commissions d’aide, à la dégradation des conditions de travail, à l’absence de rigueur dans l’octroi de la carte professionnelle, à la complication de l’obtention de l’autorisation de tournage pour les premières oeuvres, à la question du guichet unique, aux productions étrangères, au Centre National du Cinéma et de l’Image (CNCI) et les problèmes y afférant, à la création de nouvelles sources de financement, aux lois désuètes ou bloquées, à l’absence de collaboration entre la télévision et le cinéma (M. B.)… Autant de questions qui appellent à être résolues après consultation des parties concernées.


Pour rationaliser le travail préalable à toute décision, il a été proposé de mettre en place une Commission indépendante de la réforme du cinéma. Cette dernière se chargerait d’élaborer un rapport identifiant d’une manière rationnelle et impartiale tous ces problèmes, et apporterait des solutions quant à leur résolution, ceci après consultation et écoute de toutes les parties concernées.


La Commission ne serait que consultative, et il reviendrait au ministre de prendre les décisions qui conviennent. Cette proposition n’obtint pas le consensus de certains producteurs qui proposèrent que le rapport soit élaboré par un bureau d’étude. Le projet n’a pas recueilli l’approbation des autres présents du fait de son coût élevé. Ces producteurs décidèrent alors de boycotter les réunions pour imposer leur projet, et refusèrent toute négociation avec une bonne majorité qui s’est exprimée autrement. Le ministre, subissant leur pression, exprimée selon différentes formes et en dehors des réunions, a fini par mettre en place ladite Commission lors d’une réunion officielle en présence de représentants de certains milieux du cinéma.


Cette Commission sera constituée de six membres proposés par des composantes de la société civile et des producteurs : Chema Ben Chaabene, Mahmoud Abdelbar, Habib Belhédi, Mounir Baaziz, Mohamed Sahbi Khalfaoui et Noura Borsali.


Le ministre promit l’élaboration et la publication, dans un délai très court, d’un arrêté ministériel officialisant la Commission qu’il a intronisée et qu’il se proposa de revoir quelques jours après, en octobre 2016.

Des promesses non tenues

Mais rien ne se passa comme l’avait promis et décidé le ministre dans la dernière réunion avec divers acteurs du secteur (en dehors de certains producteurs). Et voilà plus de deux mois que l’arrêté est bloqué, que la réunion de la Commission avec le ministre telle qu’il l’avait annoncée n’a jamais eu lieu. Des contacts avec le cabinet du ministre pour organiser une réunion avec la Commission devinrent incessants. Des rendez-vous décidés la veille (souvent tard) étaient fixés pour le lendemain (comme si les membres n’avaient rien à faire), ou annulés et reportés, ou encore fixés pour le jour férié du Mouled…

 

Et voilà que le cycle des contacts est repris avec le cabinet ministériel pour un nouveau R.V. Comme toujours, coup de fil d’un membre de la Commission autour de 20h pour annoncer que la réunion se tiendra le lendemain matin ou après-midi. De toute évidence, la plupart des membres enseignants ou ayant des engagements professionnels ou autres n’assistèrent pas à ces réunions décidées à la dernière minute et toujours pour le lendemain, sans aucune planification préalable. Comme si le projet de réforme du cinéma n’était pas une préoccupation importante.


Pour moi, membre de cette Commission, il n’était plus question de «travailler» dans ces conditions et surtout en l’absence de la publication de l’arrêté ministériel promis par le ministre depuis deux mois.

Me sentant flouée et considérant que notre dignité était bafouée par tant de manque de respect du ministre à l’égard des membres de la Commission et aussi de ses propres engagements, je me retirai de la Commission en guise de protestation.


Cet état de choses fut encore aggravé par les propos tenus par le ministre lors de sa toute dernière réunion avec deux membres de la Commission, (les autres, dont moi-même, s’étant absentés pour les raisons que j’ai évoquées plus haut) : il menaça de renoncer à la Commission au cas où les membres seraient encore absents à la réunion fixée au 29 décembre (veille des fêtes et fin des vacances). Il ordonna qu’une feuille de route lui soit présentée par la Commission, en présence de ses collaborateurs, ce document devant recueillir l’approbation de tous, tout cela toujours en l’absence d’un projet d’arrêté. Et pis encore, le ministre déclara: «Je ne connais pas les membres de la Commission. Comment voulez-vous que j’intronise une Commission dont je ne connais pas les membres?».


Propos bizarres qui n’appellent aucun commentaire, mais un rappel : les membres, avant d’être intronisés par le ministre voilà deux mois, lui ont été présentés, en ce jour d’octobre, à partir de leurs CV respectifs. Selon des observateurs avertis, c’est l’indépendance de cette Commission qui semble préoccuper le ministre. Quant à l’argument du consensus, il est important de rappeler que le secteur du cinéma, comme tous les autres, a toujours connu des dissensions et des conflits, le rôle d’un ministre consistant à les atténuer.


Parallèlement au rapport de la Commission, le ministre pourrait demander aux producteurs récalcitrants d’élaborer leur propre rapport. Ce qui enrichirait l’inventaire des questions et les propositions les concernant. Mais, de là à retarder ainsi la Commission, le pas, à mon sens, ne devait pas être franchi.

Le temps des réformes

On se serait attendu, après le 14 janvier 2011, à ce que de grandes réformes soient élaborées pour pallier les dysfonctionnements et bâtir sur de nouvelles bases, dans la concertation et en dehors de toute autorité. Or, pour que de tels changements profonds dont le pays a grandement besoin puissent se produire, il est impérieux de changer les hommes contestés, les politiques fermées entreprises jusque-là, et les mauvaises traditions affectant le travail des ministères… Aussi s’agit-il d’insuffler des énergies nouvelles et des potentialités au-dessus de tout soupçon et de créer de nouvelles traditions de travail basées, d’une part, sur le respect, et d’autre part sur une transparence sans faille. Une vraie participation citoyenne est plus que nécessaire… Que ne rappelle-t-on pas à nos responsables que la culture dans ses diverses formes et créations est fondamentale pour une société ayant tendance à se fermer de plus en plus et qu’elle demeure un véritable enjeu dans une Tunisie pleine d’inquiétude quant à son avenir…

Pour terminer, je dirai : «Est-ce ainsi que les hommes vivent/Et au loin leurs déceptions les suivent», en reprenant encore une fois à mon compte, et en les changeant, ces beaux vers de Louis Aragon : «Est-ce ainsi que les hommes vivent/Et au loin leurs blessures les suivent» (poème interprété par Léo Ferré, Catherine Sauvage et d’autres).

 

Noura Borsali

 

Source : http://www.lapresse.tn/

 

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