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INTERVIEW DE MAHMOUD JEMNI, DIRECTEUR DU FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM ARABE DE GABES Version imprimable Suggérer par mail
 2016-10-26 18:04:42

 

Interview réalisé par Kamel AZOUZ*

 

«Il y a des cinémas arabes et non pas un cinéma arabe»


Ancien instituteur et animateur de ciné-club, Mahmoud Jemni est un militant de la première heure. A l’occasion de la seconde édition du «Festival International du Film Arabe de Gabès» qu’il dirige et qui s’est déroulé entre le 24 et le 30 septembre dernier, cet amoureux de 7ème art nous a accordé un entretien où il révèle la genèse de ce jeune festival prometteur et il nous livre son regard sur l’état de la cinématographie arabe d’aujourd’hui.

 


  • Parlez-nous de votre parcours dans le milieu du cinéma


— J’ai d’abord exercé en tant qu’instituteur, je suis un normalien, c’est le métier qui me fait le plus plaisir, sauf que j’ai commencé à flirter avec le cinéma deux mois avant de commencer l’enseignement, j’avais 20 ans, c’était en juillet 1971. Le hasard a bien fait les choses, puisque je me suis retrouvé propulsé comme second assistant de René Vautier sur le tournage du film «Avoir 20 ans dans les Aurès».

 

 

Ce hasard a eu lieu à Gabès lors d’une soirée, un groupe de jeunes m’a interpellé pour me demander le chemin menant à la plage. Parmi ces jeunes, il y avait Alain Vautier, fils de René Vautier. Alain et moi avons sympathisé, il avait exactement mon âge, il m’a dit que son père était en tournage à Gabès. J’étais à cette époque (1968-1972) responsable du ciné-club de Gabès. Je me suis retrouvé le lendemain face à René Vautier qui était à la recherche d’une mechta et je l’ai emmené à Matmata. Par la suite, j’ai travaillé avec lui sur le long-métrage «La folle de Toujane», ainsi que sur deux courts-métrages : «Une lettre aux gars de chez Lipp» et «Le remords».

 

J’ai évolué dans le milieu du cinéma militant français en côtoyant Yann le Masson, Antoine Bonfanti et René Vautier, j’avais l’âge de leurs enfants et je partageais avec ces trois hommes des convictions de gauche, telle que la détermination, mais aussi le fait que le cinéma est un outil.
Par la suite, j’ai effectué avec René Vautier une tournée dans les grandes villes de Bretagne pour présenter le film «Avoir vingt ans dans les Aurès».
J’aurais pu rester en France, mais ma place était chez moi, avec mes enfants et cette graine de militantisme qui,  de fil en aiguille, a pris de l’ampleur.

 

Entre 1972 et 1974, j’ai fait partie du groupe de quatre jeunes : deux Français et deux Tunisiens, qui ont réalisé le premier film anti-Bourguiba sous pseudonyme, ce film s’intitulait «Les Mizigris», il est aujourd’hui référencé dans le guide «80 films anti-impérialistes» de Guy Hennebelle, c’est une docu-fiction en deux parties, la première en noir et blanc est didactique, faite à base de coupures de journaux, une manière d’analyser la situation de la migration vers la Libye à travers le Sahara. La seconde partie, en couleurs, est sous le mode flash-back, l’un des survivants raconte ses péripéties, notamment la mort de son camarade de voyage dans le Sahara. Ce film a été tourné dans la clandestinité et a été diffusé dans le circuit parallèle, notamment au Crepax Scope Color à Paris.
J’ai enchaîné, en 1975, avec un film en super 8 sur le tourisme intitulé «Monsieur et Madame Flous» que j’ai également monté seul, un film que je viens de numériser et j’en suis aujourd’hui très satisfait.
En parallèle, je n’ai jamais quitté l’enseignement. En 2002, j’ai réalisé des films avec des enfants, sous forme de projets pédagogiques : «Voir et agir,» qui traite de la publicité, un film frais et bon enfant. La chaine de télévision TV5 Monde, lors de la spéciale «24 heures à Tunis», a proposé ce film en visionnage sur son site internet. En 2003, j’ai réalisé «Les mille et une mains», un film plutôt philosophique dont le titre m’a été inspiré par le film de Souhil Ben Barka. J’ai ensuite réalisé une petite fiction intitulée «Portable» qui résume la phrase d’un sociologue suisse : «la technologie qui hérite le social».


En 2006, j’ai dirigé des ateliers de photographie à Gabès avec des enfants qui utilisaient des appareils photographiques jetables, autour de thématiques telles que «Gabès racontée par ses enfants», «Les minarets» et «Les bijoux», celui qui a eu le plus de succès a été «Portes et fenêtres», une exposition qui a voyagé jusqu'à Cuba, en passant par la France, l’Espagne et la Tunisie.
J’ai également initié les enfants au journalisme en squattant une fois par an le journal culturel francophone Autrement, diffusé à Tunis.

Ayant fait mes premières armes dans le ciné-club en 1968, j’ai aussi été critique de cinéma, membre de la FEPRICI, membre de jury de festivals de cinéma dans le monde, tels que le Festival de Dubaï, le Festival du Caire, le Festival de Locarno, la Fameck et le FIFAK en Tunisie.
J’ai écrit, notamment sur le site www.africine.org, j’ai publié un seul livre, intitulé : «40 ans de cinéma tunisien : regards croisés» dans lequel je donne la parole à une panoplie de personnes liées d’une manière ou d’une autre au 7ème art, en commençant par la placeuse et en allant  jusqu’aux producteurs, en passant par les réalisateurs, les cinéphiles, les monteurs, directeurs-photo… ce livre est un miroir dans lequel chacun projette sa conception du cinéma.

 

 

  • Comment a muri cette idée de créer un festival de cinéma dans la ville de Gabès et pourquoi cette thématique liée à la cinématographie du monde Arabe ?


— Auparavant, j’avais monté un festival du film de femmes arabes à Djerba, un festival qui a connu 4 sessions (1996-1999). La dernière section a eu lieu à Vienne à la demande des Autrichiens, j’ai rassemblé 47 films de femmes arabes, et 25 ans après avoir quitté Gabès, j’y suis retourné pour m’y installer définitivement, après avoir pris ma retraite de l’éducation nationale et j’ai rouvert le ciné-club en 2009.
Différents facteurs m’ont poussé à créer ce Festival : d’abord, la capitale, Tunis, a tout accaparé et a écrasé les périphéries. Même après la révolution, les choses n’ont pas changé.
Une autre raison est que nous, les gens du Sud, nous avons toujours roulé dans un couloir à sens unique. Nous connaissons tout du cinéma du vieux Continent, la nouvelle vague, l’expressionnisme allemand, le réalisme russe… mais nous  ignorons totalement les cinémas du Sud et de surcroît le cinéma arabe. C’est ce qui justifie le choix de la thématique du Festival liée à la cinématographie arabe : il y a des cinémas arabes et non pas un cinéma arabe. A titre d’exemple, le cinéma libanais se distingue du cinéma tunisien de par ces thématiques, son mode de production, de diffusion. Ce qui est valable pour le cinéma algérien ne l’est pas forcément pour le cinéma syrien…


Enfin, la 3ème raison est purement démographique : Gabès est une ville estudiantine qui compte près de 20 000 étudiants. Ces derniers, culturellement parlant, sont des laissés-pour-compte et j’ai bataillé pendant 3 ans pour monter cet événement. Le 2 juin 2015, la Ministre de la Culture, Madame Latifa Lakhdar, nous a donné son aval pour lancer ce Festival : 4 mois et demi plus tard, la première édition était lancée.

 

  • Comment se positionne le FIFAG par rapport aux différents festivals de cinéma du monde arabe, quelle est sa spécificité ?


— Je pense qu’à ce stade, il est prématuré de parler de spécificité du FIFAG. Peut-être qu’à partir de la 5ème ou de la 6ème édition, on pourra parler de spécificité ou d’une ligne éditoriale.
Mon objectif actuel est de faire revivre une cinéphilie que nous avons perdue, c’est une urgence absolue, ensuite nous travaillerons pour le luxe.
Afin de donner une orientation particulière à un festival, il faut d’abord faire le tour des autres festivals de cinéma qui traitent de la même thématique. Actuellement, dans le monde, il y a plus de festivals de cinéma arabes qui se trouvent hors du monde arabe qu’au sein de celui-ci. Néanmoins, deux festivals se distinguent par leur approche liée au cinéma arabe propre : le «Festival du film arabe» d’Oran et le «Fifag» de Gabès.

 

  • Les festivals de cinéma se multiplient dans le monde arabe au moment où le nombre de salles diminue sensiblement, il y a une réelle contradiction…


— C’est une vraie contradiction, une question subjacente se pose : faute de salle de projection, doit-on organiser des festivals de cinéma ou pas ? C’est une question tout à fait légitime et pertinente, nous ne pouvons pas rater la projection d’un film, sinon l’occasion de le voir sera nulle, surtout dans un pays comme la Tunisie, où il n’y a pas de distributeurs de cinéma. La question des salles est importante, elle sera réglée certainement un jour ou l’autre, les festivals de cinéma permettant à notre jeunesse d’acquérir une éducation cinématographique.

 

  • Quel bilan dressez-vous de la première édition du FIFAG ?


— Je ne dresse pas de bilan, mais je cite comme témoins des amis, des journalistes ou des officiels, tels que le chef de cabinet de notre ministre de la Culture qui m’a transmis ses félicitations par téléphone et m’a dit : «le Fifag est né grand». Ceci dit, cela ne veut pas dire que nous n’avons pas de lacunes.

 

  • Cette seconde édition du Fifag s’annonce très ambitieuse, pourquoi un tel défi ?


— Il y d’abord un défi psychologique, celui qui n’évolue pas meurt, nous ne voulons pas décevoir ceux qui ont aimé ce Festival, on ne se contente pas de petites choses.

 

  • Quelles sont les perspectives du Fifag à long terme ?


— Notre ambition est de fidéliser un public autour de ce Festival et d’avoir une cinéphilie beaucoup plus dynamique. Je ne peux pas m’ériger en tant que modèle, mais cela fait du bien de voir les personnes qui portent ce Festival avancer main dans la main pour l’améliorer.
Car nous avons un ennemi commun qui est l’obscurantisme et c’est là où la fonction de la culture est déterminante. Notre autre objectif est de créer des salles de cinéma avec les sponsors qui nous soutiennent.

 

  • Quel regard portez-vous sur les cinémas arabes d’aujourd’hui ?


— Je porte un regard très optimiste, quand je vois les courts et longs-métrages irakiens et syriens. Leur haut niveau cinématographique m’interpelle, malgré les situations économiques et sécuritaires terribles que traversent ces pays.

 

Propos recueillis par Kamel AZOUZ

 

 

* Retrouvez un dossier complet sur le Festival International du Film Arabe de Gabès dans le prochain numéro de Salama Magazine qui sera disponible dans tous les kiosques au début du mois de novembre prochain.

 

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