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SYHEM BELKHOJA, DIRECTRICE DE DOC À TUNIS, EL KALIMAT ET PRINTEMPS DE LA DANSE Version imprimable Suggérer par mail

 «Des manifestations transversales par manque de salles»

 

Propos recueillis par Neila Gharbi — La Presse du 20-04-2016

 

Trois manifestations culturelles qui se suivent mais ne se ressemblent pas : Doc à Tunis (20-24 avril), El Kalimat et le Printemps de la Danse (27 avril-1er mai).

Syhem Belkhoja, la directrice de ces festivals, révèle les nouveautés de ces rendez-vous printaniers attendus par le public.

 

On a constaté l’absence de Doc à Tunis, l’an dernier, et sa tenue uniquement dans quelques régions. S’agit-il d’un nouveau tournant pour cette manifestation qui a connu un grand succès à ses débuts ?

L’an dernier, Doc à Tunis était organisé du 1er au 4 avril. On était encore sous le choc de l’attentat du Bardo du mois de mars. Notre programmation, axée sur le terrorisme, pouvait nous causer des ennuis et le public était déjà traumatisé par rapport à des images de terrorisme. C’est pourquoi, depuis les deux dernières sessions, on a changé d’orientation en proposant des films sur l’environnement. Un thème qui me tient à cœur. Malheureusement, les films sous-estiment l’importance que je voulais donner à la question de l’environnement. 
Cette année, Yann Arthus-Bertrand viendra présenter son film «Home». Il donnera également une leçon de cinéma. Les films sur l’environnement sont soit des films institutionnels, soit des films de télévision. Par ailleurs, le documentaire a gagné du terrain et revêt de l'importance dans les JCC et cela grâce à Doc à Tunis qui a donné une crédibilité et une légitimité au documentaire de cinéma et non de commande.

La concurrence entre les festivals devenus nombreux ces dernières années ne pose-t-elle pas un réel problème pour Doc à Tunis ?


Ce ne sont pas les festivals qui me posent problème, mais plutôt les salles. Cette année, j’ai trouvé des difficultés pour trouver une salle. Il me faut quatre ou cinq salles. C’est pourquoi, cette année, j’ai choisi encore une fois les régions parce qu’elles sont souvent oubliées par les nouveaux films. On propose au public des régions soit d’anciens films, soit des films sur support DVD. Moi, j’ai envie de leur offrir tous les films nouveaux.
Doc à Tunis avait lieu du 6 au 10 avril. On a changé de date à cause des Journées Musicales de Carthage qui n’ont jamais été organisées à cette période; de plus, cette manifestation a récupéré les salles Rio et Ibn-Rachiq qui sont équipées en DCP. J’ai des films en exclusivité, dont celui de Michael Moore, qui ne peuvent être projetés qu’en format professionnel DCP. J’ai donc eu des difficultés pour avoir ces salles qui sont prises par la musique. Le fait que les JMC changent de date (de mars à avril) et que les nouveaux films tunisiens sortent à la même période nous fragilise.
Cette année, il y a une improvisation au niveau des dates. Toutefois, je suis heureuse qu’il y ait en même temps les JMC, Jazz à Carthage, Doc à Tunis etc. parce qu’il s’agit d’un acte de résistance. Bien sûr, on réfléchit artistiquement sur le produit, mais on a envie de faire sortir les gens qui sont terrés chez eux. C’est une occasion pour que le tunisien ne se barricade pas chez lui.



A ses débuts, Doc à Tunis se présentait comme un grand événement très couru par le public, ensuite il a commencé à s’affaiblir. A-t-il épuisé toutes ses ressources ?

Le festival a été créé en 2006 sous une dictature. Les gens avaient besoin d’entendre et d’écouter. Je reconnais que je n’étais pas frontale face à Ben Ali. Mais j’ai pu présenter, au cours de la première session, des films difficiles comme «Vivre à Tazmamert», des modèles et des échecs dans des films du monde entier avec des débats qui duraient tard la nuit.


Après la révolution, cette liberté de parole est devenue cacophonique. En 2011 et 2012, on a réussi un grand festival où on a montré les révolutions. 2013, lorsqu’on a projeté des documentaires algériens qui montrent les échecs des révolutions, le public sortait au milieu des films. Il n’était pas encore prêt psychologiquement pour voir des modèles d’échecs. C’est pour cela que j’ai décidé une pause parce qu’il fallait laisser le temps de parole, de la digestion. Les films ont la qualité de s’interroger sur la société : son passé, son présent et son avenir.

Depuis sa création, Doc à Tunis défend le documentaire de création. Or, on remarque que ce genre est de moins en moins présent, notamment dans la production tunisienne. Comment expliquez-vous cela ?

Doc à Tunis doit résister et continuer à avoir la qualité. La preuve, c’est que cette année on a choisi une quarantaine de films avec, pour une fois, trois master-classes proposés par des réalisateurs de fiction, parce qu’on considère que le docu-fiction est important. Ce sont des master-classes dédiés aux spectateurs dont certains devront réaliser leur propre film. Il s’agit d’un road-movie sur une année entière. Il y aura un atelier avec François Niney, un autre avec Nouri Bouzid, un troisième avec Nidhal Chatta et enfin un quatrième avec Amine Boukhris.

Par ailleurs, la nouvelle idée de Doc à Tunis est «Doc fi Dar». Il s’agit d’organiser des projections chez les gens. Un spectateur qui a aimé un film peut proposer à notre direction d’organiser une projection pour sa famille et ses amis chez lui. On vient proposer une soirée documentaire gratuite.



Quelle est la thématique de cette édition ?

Encore une fois, la thématique qu’on a choisie cette année est : Est-ce qu’on a un espoir pour résister. C’est encore une fois une porte ouverte pour l’avenir, pour l’interrogation et le temps d’effacer les cacophonies. L’art, le questionnement artistique et le temps d’interrogation doivent reprendre leur place. On passera encore par deux ou trois années de turbulence. Je suis sûr qu’on est sur la bonne voie et puis le public de Doc à Tunis est assez impressionnant. Pour nous, le choix des films, c’est toujours un choix du public avec des partenaires comme le ministère de la Culture tunisien, la Mairie de Paris, Arte, IFT, quatre festivals : Visa sans frontières (festival de Lyon, Cinéma du Réel, le FID de Marseille). Leur festival est une porte ouverte chez nous parce que cela permet à nos jeunes qui ne peuvent pas voyager de le faire à travers les films. Doc à Tunis c’est cinq jours à Tunis avec une quarantaine de films, trois jours à Bizerte, Kairouan et Sidi Bouzid. Doc à Tunis, c’est 365 jours de films parce que derrière il y a l’école de cinéma Edac dont la spécialité est le documentaire.



Après Doc à Tunis, il y aura El Kalimat et le Printemps de la Danse.

C’est le Printemps des Arts que Ness El Fen a toujours lancé. On avait décidé que le mois de mars serait celui du documentaire, le mois d’avril du marathon des mots et mai celui de la danse. Or, à cause du problème des salles, on a regroupé toutes nos manifestations, ce qui a donné un festival transversal où le cinéma rencontre les mots, où les mots croisent la danse et la danse pense et réfléchit. On aura comme invité l’écrivain français Michel Onfray, Olivier Poivre d’Arvor, un hommage à Ouled Ahmed. Ce dernier a ouvert El Kalimat il y a 5 ans. 10 étudiants de l’Isad liront dans les trains des poèmes de Ouled Ahmed. La traduction en français sera lue par Olivier Poivre d’Arvor et Frédéric Mitterrand. Avec la collaboration du TNT qui organise «El Qiraet» on a gagné un nouveau public. Je pense qu’il y a une maturité des trois festivals. El Kalimat se déroulera du 28 avril au 1er mai. Le programme sera composé d’une pléiade de lectures avec des invités de choix : nos amis syriens Yara Sabri et Nouri El Jarah, Michel Onfray, et une journée pour s’interroger sur comment vendre la destination Tunisie pour la culture : «Tunisie destination culture». On va inviter les directeurs des festivals de Carthage, de Hammamet, Jazz à Carthage. Il y a toute une interrogation sur ce qui doit être changé en matière de marketing, en réflexion, en image poétique.

Pour la danse, on va avoir le lancement de Fabrica. On a visité 10 régions de Tunisie pendant une année et auditionné une centaine de danseurs. Depuis juillet 2015, on a fait des films sur ces danseurs qu’on a suivis et on leur a fait obtenir leur carte professionnelle. Ils présenteront au cours du Printemps de la Danse leur première pièce chorégraphique contemporaine. C’est la naissance d’une petite fabrique de danse avec le ministère de la Culture et la Fondation Total et l’Institut Français de France qui arrive en force pour suivre nos partenaires. 1.000 jeunes vont présenter leur travail sur 4 jours du 26 au 30 avril avec une compétition assortie d’un prix de 10 mille dinars. On customisera ces compagnies et on fera une tournée dans tous les gouvernorats.

Auteur : Propos recueillis par Neila Gharbi

Source : http://lapresse.tn

 

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