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FRANCE — ÉVÉNEMENT À L'INSTITUT DU MONDE ARABE À PARIS Version imprimable Suggérer par mail

Nader Ayache pour cinematunisien.com

 

Projection de six courts-métrages de réalisatrices tunisiennes. Voilà, je suis dans cet immense et merveilleux auditorium «Rafik Hariri» et je commence déjà à voir les visages familiers de cette communauté franco-tunisienne.

 

J'entends parler tunisien, j’avoue que ça réchauffe le cœur, les discussions tournent autour des attaques de Ben Guerdane, près de la frontière libyenne, tout le monde est triste de ce qui arrive à notre chère Tunisie et pour ceux qui ont subi ce drame. Un hommage aux victimes de cette terrible guerre.

 

La salle est à présent remplie, les présentations et remerciements à l'Institut du Monde Arabe et à l’association Cinématunisien, que je renouvelle à mon tour.


Ce que permet le cinéma

Voir et entendre des images et des sons, auxquels nous n'avons pas accès dans notre quotidien. Vivre un instant avec les enfants du quartier Ettadham (qui se prononce… «état d'âme, le note Dounia Hadni dans un article paru dans next.liberation.fr» ou imaginer une autre révolution avec les enfants filmés par Intissar Belaid.

 

Ces images témoignent de la magie qu’offre le cinéma. Il me semble important de dire aussi que ces mêmes enfants auraient pu être les victimes de l'attaque du 8 mars et à quel point il est horrible de perdre des êtres qui rêvent tout simplement d'être ! C’est ce que permet le cinéma, une prise de conscience du spectateur.

 «Hors-jeu», de Moufida Fedhila, (2014), un documentaire agréable à regarder, la réalisatrice a su très bien filmer les enfants d’un quartier populaire, des enfants devenus ces complices en s’offrant au jeu de la caméra. Je crois comprendre pourquoi elle rend hommage à Jean Vigo à la fin du générique.

«Pousses de printemps», de Intissar Belaïd, (2014), un documentaire qui, comme celui de Moufida Fedhila, a réussi à créer une grande complicité avec des enfants. Cette fois, l'écran nous plonge dans la périphérie de la ville du Kef, parmi des enfants pas comme les autres.


Ils ont vécu la révolution loin de la capitale, avec pour seul moyen d’information la télévision. Ce qui m’a le plus frappé, c’est leur imagination : grande et sans limite. Nous avons vécu pendant un moment la révolution autrement.

Je remercie l'équipe pour ce merveilleux film.

L’homme qui s’est mis à crier dans la salle

«Laisse-moi finir», de Doria Achour, (2014), ce film nous plonge en plein centre-ville de Tunis à travers un regard autre que celui qui est porté par les habitants de la capitale. Doria Achour avoue que l’idée du film lui est venue, lorsqu’elle était en Tunisie et qu’elle s’est fait agresser verbalement par un homme : «Je me suis retrouvée un jour par inadvertance en robe devant une mosquée à Tunis, j'attendais une amie quand on m'a interpellée, craché dessus et traitée de tous les noms.

Je n'avais jamais vu et encore moins vécu ça dans le centre de Tunis. J'ai voulu essayer de comprendre ce qui s'était passé» suite à cet incident et face à ce choc, elle décide de réaliser ce premier court-métrage.

 

Un homme s’est mis à crier dans la salle, après la projection et l’intervention de la réalisatrice. Les paroles de Doria ont déclenché en lui cette envie de s’exprimer. Il a associé les mots de la réalisatrice aux images du film : l’actrice Anissa Daoud croise un homme vêtu d’un «qamis» qui lui crache dessus… Cet homme dans la salle a tout simplement eu le besoin de s’exprimer, «Ce qui ne peut danser au bord des lèvres - s'en va hurler au fond de l'âme» (1).

 

Peut être a-t-il eu peur de ne pas être compris, voyant que toute la salle était contre lui, le poussant à quitter sans laisser à Doria la possibilité de lui répondre. Je pense que s’il revoit le film une deuxième fois, il trouvera sa réponse dans la séquence qui suit… Notre protagoniste monte dans le taxi, filmée de dos, on ne la voit pas pleurer, mais nous le comprenons à travers les paroles du chauffeur de taxi qui s’acharne à lui expliquer que le tunisien abuse du sens du mot «liberté» jusqu'à se permettre d’insulter une femme en pleine rue, ou de se garer n’importe où…

La question de l’acteur tunisien…

«A Capella», de Nidhal Guiga, (2014),
voir le visage de Ezzeddine Gannoun, paix à son âme, fut un immense plaisir. Ce film, malgré la présence de deux grandes figures du monde artistique tunisien, me rappelle à quel point le jeu d’acteur est en crise, c’est sûrement dû à cette théâtralité dont beaucoup de comédiens ont du mal à se débarrasser devant une caméra, et qui donne cette impression de platitude et de monotonie qui tient le spectateur à l’écart.

 

«Cette désaffection s'explique par plusieurs facteurs, dont un sentiment d'extériorité ressenti par le spectateur face à des films qui ne parviennent pas à lui parler. Ce sentiment, même s'il ne s'exprime pas toujours en des termes précis, dénote du désir du spectateur de se sentir représenté dans un cinéma qui lui semble lui tourner le dos» (2).

«Peau de colle», de Kaouther Ben Hnia, (2013), en regardant Yasmine Ben Amara sur grand écran, je me dis que le cinéma tunisien tient ici sa future perle. Diriger un enfant n’est pas une chose facile, Yasmine a su incarner ce rôle simple et complexe à la fois, dans son évolution mais aussi sur le plateau face à l'équipe.

«Et Roméo a épousé Juliette», de Hinde Boujemaa, (2014), ce qui m’a le plus marqué dans ce court-métrage, les corps vieillissant des deux protagonistes (Najia Zemni et Ahmed Bennys) qui n’arrivent plus à se supporter et qui ont créé au fil des années des codes pour communiquer.

Une partie de la salle, après la projection, n’a cessé de répéter la réplique de Ahmed Bennys : «Aujourd'hui, on mange des pâtes» en plaisantant.


Cette rencontre avec le court-métrage tunisien ne peut être que bénéfique pour le cinéma, je salue à mon tour toutes les personnes présentes dans la salle.

 

 

©Nader Ayache pour cinematunisien.com

 

 

(1) Christian Bob.
(2) Désamours du cinéma, par Ikbal Zalila, publié dans Le Temps le 27 01-2013.

 

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