Advertisement

Recherche

Identification






Mot de passe oublié ?
Pas encore de compte ? Enregistrez-vous

NOS PARTENAIRES

 
 
 

 

 

 

 


 


 

 

 
 
 
 

Films Tunisiens

Court métrage
Long métrage

Stats

Films: 513
Critiques: 2
Bandes annonce:
Commentaires: 307
Jaquettes: 0
LA GUERRE CONTRE LA TORTURE AURA LIEU ! Version imprimable Suggérer par mail

 Par Houda Zekri pour cinematunisien.com

 

C’était un 14 janvier 2016. Cinq ans jour pour jour, après le déclenchement de la Révolution, que dis-je, après le déclenchement de la Révolte en Tunisie.

 

C’était un étrange anniversaire coloquintien, que Mohamed Khiri, fondateur de «Cinéma tunisien» a décidé de commémorer à sa manière, à l’écran des Ateliers Varan (11e art.) et j’étais de la partie.


Son choix s’est arrêté sur «Coloquinte» (ḥanẓala) de Mahmoud JEMNI et «Les Apatrides» (al-muġarrabūn) de Arbia ABBASSI et de Marwen TRABELSSI. Nous n’étions pas très nombreux, mais nous étions tous submergés par l’émotion. Il régnait dans la salle, après la projection, comme un arrière-goût rance de sang fétide et de cris étouffés. Cela a commencé par un témoignage ; celui de Zeineb CHERNI (perspectiviste), torturée et emprisonnée durant six ans dans les geôles bourguibistes. Malgré son énergie débordante, sa diction parfaite et son regard perçant, il y avait chez elle comme une imperceptible fragilité.

 

 Elle a commencé par remercier JEMNI de lui avoir donné la parole et d’avoir permis à de nombreuses victimes d’extraire des tréfonds de leurs âmes meurtries, cette douleur souterraine qui les a minés, des années durant. Puis ce fut le silence. Place à l’image. Retour chez Hadès : des hommes et des femmes de divers bords politiques, qui ont été torturés en Tunisie, aussi bien par les colonisateurs, par Bourguiba et par Ben Ali, font face à la caméra et tentent tant bien que mal de se raconter. Il y a le communiste aux mains et pieds agités. Il y a le perspectiviste poilu, dont «le pelage» trop fourni a empêché le bourreau de le violer. Il y a celui qui est mort sous la torture et à qui on a introduit une matraque dans l’anus jusqu’à l’éclatement de son estomac, à qui on a attaché le sexe à un hameçon, raconté par un rescapé des «Camps de la mort». Il y a le yousséfiste à qui on craché dans la bouche. Il y a le militant du bassin minier, à qui on a demandé de se mettre à quatre pattes, de dire que «la chienne ne mettait bas qu'un chien» - en l’occurrence, lui- et à qui on a ordonné d’aboyer. Il y a le vieux qui n’en peut plus de se souvenir et qui a presque envie de mourir, pour de bon cette fois-ci. Il y a le nahdhaoui qu’on a rendu stérile…

 

 Et il y a le médecin, qui a accroché le serment d’Hippocrate dans son cabinet, qui supervisait la torture, le bourreau qui redorait le blason de la dictature et qui ne se présentait que comme un simple exécutant obéissant aux ordres des chefs, mais également le psychiatre, le professionnel, le catharsiseur, qui tentaient de nous expliquer, à nous les spectateurs, les témoins éloignés de cette tragédie, les répercussions de la torture sur la psyché des victimes. Il y en a sûrement tant d’autres que Mahmoud n’a pas pu filmer, faute de moyens et parfois de mots/maux. C’était tout cela «Coloquinte» et d’autres choses que je ne pourrai pas décrire, parce qu’il faut les vivre par l’image et par le son.

 

 Il y a aussi ce documentaire-fiction «Les Apatrides» réalisé par deux jeunes cinéastes et qui nous rappelle que la torture physique et morale, tout en étant un acte du passé, continue à s’insinuer dans les pores du présent et du futur des torturés, ne laissant pas ou peu, place à la vie.

 

Ces deux documentaires doivent être montrés à tous les nostalgiques de la dictature en Tunisie, à ceux à qui Ben Ali et ses méthodes manquent, aux partisans de la torture et de l'état policier, qui recommencent déjà à se remettre en place dans notre pays. Ils doivent être diffusés dans les écoles, collèges et lycées, dans les réunions publiques et dans les salles de cinéma, pour que ne cela ne reproduise plus. Car cela risque de se reproduire et est en train de se reproduire !


Ces œuvres cinématographiques sont un acte de mémoire et nos jeunes générations en ont besoin, eux pour qui l'histoire a été falsifiée.

 

Vivement la prochaine et salutaire projection !

Houda ZEKRI 16 janvier 2016 - ©cinematunisien.com

 

 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

< Précédent   Suivant >


ECOUTEZ FRANCE MAGHREB 2

Powered by  MyPagerank.Net