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VOYAGE AU BOUT DU FIFAK… Version imprimable Suggérer par mail

 Nous reproduison un article tiré du blog Farah Khadhar, cinéaste, avec son aimable autorisation, relatant la dernière édition du Festival International du Film Amateur de Kélibia (FIFAK).


Le Fifak, un Festival de cinéma qui m’a donné envie de faire du cinéma depuis ma jeune enfance…

 

Écrit le 6 septembre 2015 par Farah Khadhar

 

Première impression

La cérémonie d’ouverture est classique, en présence du ministre de la culture, Latifa Lakhdher, un discours formel, et puis Mondher Kalai, toujours fidèle au poste de présentateur du Festival depuis presque toujours, bonne élocution, toujours sobre et élégant, c’est notre Jacques Martin national.

 


Hommage à la Palestine, en présence du cinéaste militant Rashid Masharawi, cette actualité qui revient souvent dans ce festival et pour cause le conflit israélo-palestinien non résolu voici depuis plus de 60 ans, «Lettres du Yarmouk», un film sur le camp de réfugiés Palestiniens en Syrie montrant les désastres de la condition de vie dans lesquels vivent ces réfugiés, dommage que le réalisateur se met un peu trop en avant à travers son dialogue via Internet avec ces réfugiés, un montage plus court-aurait mieux  fait passer le message.

 Deuxième impression
Je débarque aux discussions matinales à l’école de pêche de Kélibia, je suis surprise du nombre de jeunes cinéphiles et réalisateurs présent pour discuter des films projetés la veille. Des questions souvent assez pertinentes, sur le plan technique et sur la problématique des films. Par exemple un jeune à la barbe façon Che Guevara, pose la question suivante à propos d’un docu-fiction, «La karrita», film réalisé par le ciné-club de Ben Khiar : «votre film est très intéressant mais alors est-ce que vous aviez imposé à vos protagonistes de ne pas dire de gros mots dans votre film, les avez-vous dirigé ?».

 

Le cinéaste répond que non, que les filmés n’ont pas vraiment prononcé de gros mots, choses qui semble presque invraisemblable dans le dialecte tunisien mais finit par avouer qu’il a censuré un ou deux gros mots, pourtant le sujet du film s’y apprêtait étant donné qu’il s’agit de culture de la rue tel que le Rap, le Hip Hop et le Graffiti donc pourquoi pas y inclure des gros mots aussi, il est évident qu’art de la rue ne rime pas avec Bad boys ou voyous mais il serait temps d’accepter aussi le parler de certains artistes de manière fluide et transparente.

Troisième impression
Ce qui était aussi frappant, c’est certaines conférences matinales, tels que celle sur «l’acte de filmer et la sensibilité féminine» en présence de 5 cinéastes femmes et du savant Youssef Seddik. Bien évidemment le débat était brûlant toujours autour de la même question : doit-on distinguer cinéma féminin du cinéma masculin ? Ne réalisons nous pas une autre discrimination en bâtissant ces frontières entre les deux genres, un cinéaste homme peut très bien réaliser un film sur le même thème qu’une cinéaste femme et être plus sensible qu’elle. Je pense qu’il n’y a pas de doute mais pour imposer la place des femmes réalisatrices dans le cinéma en général, il est plus judicieux d’imposer d’abord une parité afin que déjà les femmes cinéastes réussissent à parvenir leurs films à être montrés au public ensuite une fois cette barrière franchie, nous pourrions toujours abolir cette parité. Parfois, c’est bien d’attaquer en frontal certains sujets tabous, je vous rappelle qu’il n’y a que 3,6% de films-long de réalisatrices de vue dans le monde en 2009, je précise des films d’auteur et non pas commercial.

(http://www.slate.fr/story/56351/realisatrices-hollywood-femmes-cinema-cannes-sexisme)

Ce qui est extra, le jour de la fête nationale des droits de la femme tunisienne, Naceur Sardi, responsable Presse du Festival, me propose spontanément, d’écrire dans le bulletin quotidien du Fifak avec mon amie Sonia Chemkhi, réalisatrice et écrivaine. Pour ce bulletin vous le trouverez en fichier joint Bulletin quotidien du FIFAK.

 Quatrième impression
J’étais conquise par deux réalisateurs Ahmed Jabloun et Fairouz Osman, deux jeunes talents, qui seront à mon avis les cinéastes de demain. Le premier film est «12 mètre au carré», le second est «Ecchymoses», les deux sont des fictions.
Ahmed est Kélibien, il a 21 ans et a tourné son film en 4 jours et l’a monté en 3 jours avec une somme modique de 160 dinars équivalent à 70 euros, donc chapeau bas.

 

Le film montre une fille qui déménage chez son demi-frère qui l’emprisonne dans une pièce et entame avec elle un dialogue assez violent devant la caméra et il finit par lui ôter son voile. Et comme si la caméra a servi de conscientisation de l’identité cachée de la jeune fille, une sorte de psychanalyse. Elle prend son destin en main et c’est le début de son émancipation.
Le film de Fairouz Osman, «Ecchymoses» est une fiction, deux amies, très liées vont se séparer suite à un incident, où l’une d’elle va manquer de solidarité envers l’autre. Le récit cinématographique est fort par sa structure, avec des plans justifiés qui emmènent le spectateur de manière très fluide jusqu’à la chute finale inattendue. N’est-ce pas le propre du genre Suspense. Une belle tentative d’essai que nous offre cette cinéaste.

Cinquième impression
L’atelier des petites mains, une équipe de quelques formateurs, venue de Douar Hicher, s’active pour expliquer le cinéma aux enfants. Un formateur Nadhem m’explique que les premiers jours, des projections de films courts ont lieu, dans la salle de cinéma couverte, tels que  «Sabaat El Aid» d’Anis Lassoued et d’autres films, des cours théoriques qui expliquent les valeurs de l’image ainsi que comment réaliser un Story bord, s’ensuit un Casting, pour ensuite tourner un petit film de quelques minutes, le résultat était assez probant, sur une petite fille qui regarde la télé cryptée et finit par l’éteindre pour dire que la télé est poubelle.

 Sixième impression
La soirée de clôture : une grande surprise, un nouvel élan de jeunes, le festival s’inscrit désormais dans la transmission intergénérationnelle du savoir, un cinéaste ancien du Fifak, me dit qu’il est déçu du Festival, il dit que ce n’est plus ce que c’était il y a 20 ans, pour lui, ce festival n’est plus visionnaire, non engagé, avec aucune perspective politique. 

 

Il est vrai que dans les années 70/80/90, le Fifak était très engagé, il était animé par l’esprit de l’époque, une forte gauche intellectuelle revendicative de ses droits. Et tout cela était justifié compte tenu du contexte dans lequel vivait la Tunisie.

Or aujourd’hui, ce qu’oublient certains, c’est que le contexte a changé, nous ne sommes plus dans ces années révolues, mais une révolution est passée par ce pays, et la donne a changé, les jeunes avec les femmes et les modernistes, ce sont eux qui se sont révoltés.
Hélas, la révolution a pris d’autres sentiers, corruption, islamisme et terrorisme guettent notre société, il serait donc assez urgent de prendre en charge les jeunes. Et ceci par quel moyen ?

 

C’est par la culture que cela pourrait être en partie résolu, le développement de la culture permettra d’éviter à ces jeunes qu’ils soient pris en otages par les islamistes ou autres mouvances étrangères, qu’ils ne soient pas endoctrinés. Alors, bravo au FIFAK qui a démontré son rôle dans la formation des jeunes tunisiens, ceci s’est traduit par plusieurs preuves :
L’atelier de théâtre a montré son œuvre par une présentation très contemporaine : des jeunes poussant des cris tels ceux des aborigènes, ensuite un d’eux a récité une poésie à sa bienaimée quand arrivent les flics pour l’embarquer mais les jeunes se révoltent et les flics finissent par s’enfuir, une belle performance pour défendre la liberté d’expression et l’art en général.
Un petit reportage de ces comédiens à retenu toute mon attention dans lequel les comédiens parlent du regard positif et négatif qu’ont certaines personnes dans la société tunisienne vis-à-vis du théâtre, ils finissent par dire que l’art est résistance et une lutte de tous les jours, qui permet de faire avancer les sociétés vers le progrès et la démocratie.

 

Aussi un atelier de photo assez prometteur. Un prix attribué par le syndicat des droits de l’homme au film «Tandem», un film d’animation de 5 minutes sur l’abolition de la dictature.  Ce qui m’a surpris, c’est cette improvisation géniale d’offrir un appareil photo à un jeune de l’atelier photo, le jeune Ridene par le syndicat de la protection des droits de l’homme. Un seul regret c’est que la soirée était un peu longue et un peu désorganisée par rapport au temps accordé pour annoncer les prix, quelques réalisateurs réagissant lentement à l’appel désespéré du présentateur. Mais ce qui reste extra, c’est ce Fifak que j’ai découvert il y a 30 ans, et qui m’a donné l’envie de faire du cinéma grâce à la diversité de ses ateliers a ré-enchanté mon cœur de part, son Avant-gardisme et sa spontanéité dans son programme riche en rencontres telles que Patricia Caillé, universitaire et critique cinéma venue pour réaliser une enquête sur le profil des cinéphiles du festival ainsi que Tahar Chikhaoui, brillantissime critique de cinéma.

 

 Ce Festival est né en 1964, le premier du continent africain, grâce à la volonté politique de l’époque bourguibienne. J’ai eu la chance en 2011, de participer par un de mes films aux Etats Généraux du Documentaire à Lussas (en Ardèche, France), la Silicon Valley du documentaire, qui me rappelle ces ambiances décalées de découvertes de premières œuvres de réalisateurs, une atmosphère très cool et Roots avec un public très sportif et simple, loin du bling bling des festivals à gros budget et qui sont nommés professionnels.
Finalement je n’ai rien vu de différent entre amateur et professionnel, si ce n’est le talent que défend chaque artiste.


Bravo au FIFAK et au FTCA (la Fédération Tunisienne des Cinéastes Amateurs) ainsi que tous les participants.

 

 

D’autres liens concernant le FIFAK 2015

http://www.tekiano.com/2015/08/18/fifak-2015-palmares-de-la-30eme-edition-du-festival-international-du-film-amateur-a-kelibia/

http://dromabuzz.com/2015/08/reportage-le-fifak-serait-il-notre-meilleur-festival-de-cinema-en-tunisie

 

N'hésitez pas à visiter le blog de Farah Khadhar : http://farahkhadhar.com

 

 

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