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NOUS N'IRONS PAS À CANNES… Version imprimable Suggérer par mail

 Samira Dami — La Presse du 11 mai 2015.

 

Entretien du lundi : Ridha Turki, président de la chambre syndicale nationale des producteurs de longs métrages

La Chambre syndicale des producteurs de longs métrages ne sera pas représentée, cette année, au pavillon tunisien du Festival de Cannes (13-25 mai).

Ridha Turki explique, ici, les raisons de cette éclipse, contrairement à la tradition. «Mieux», il ne comprend pas que les réformes, proposées et recommandées dans une étude par les professionnels du cinéma tunisien, tardent à voir le jour, alors que le Cnci (Centre national du cinéma et de l’image) a été créé, en fait, à cette fin.

 

Vous avez affirmé récemment que le Cnci n’a pas sollicité, cette année, la Chambre syndicale nationale des producteurs de films de longs métrages  pour la préparation du programme de la présence tunisienne au village international à Cannes  et vous avez même parlé d’exclusion. Ce que le directeur intérimaire du Cnci, Youssef Lachkham, a nié. Qu’en est-il exactement ?

En tant que Chambre syndicale des producteurs de films, nous avons œuvré, pendant plus de 20 ans, pour que le Cnci voie le jour. Et quand il a été, enfin, créé en 2012, nous avons décidé, en tant que chambre syndicale, de l’impliquer comme partenaire afin d’œuvrer ensemble pour la promotion du cinéma tunisien au Festival de Cannes.
Auparavant, c’était la Chambre syndicale des producteurs qui s’occupait de tout : la location du pavillon, le catalogue des films, le site, les affiches et photos, les teasers des films nouvellement produits, la tenue du stand, l’hébergement, etc.
En 2014, la collaboration avec le Cnci était totale, la chambre syndicale a même mis en place, outre le pavillon tunisien dans le village du festival, un stand au marché du film qui était tenu par le vice-président de la chambre syndicale, Lotfi Laâyouni, et des jeunes producteurs. Une cinquantaine de courts et de longs métrages  ont été proposés à la vente.
D’habitude, chaque année, le ministre de la Culture nous sollicite au début du mois de février pour entamer la préparation de notre participation à Cannes. Or, cette année, personne ne nous a sollicités, ni la nouvelle ministre de la Culture ni le Cnci. Ce n’est qu’une dizaine de jours avant la date du début du Festival de Cannes que chaque producteur a reçu un mail où le Cnci lui demandait de fournir des documents sur le ou les films qu’il a produits entre affiches, catalogues, teaser, etc. Or, ce sont là des pratiques non professionnelles car nous n’avions pas le temps matériel pour préparer tout ça. Pis, le directeur intérimaire du Cnci a déclaré avoir élaboré un ambitieux programme, mais les producteurs et la chambre syndicale n’en savaient rien. Le directeur intérimaire du Cnci a déclaré que cette année on ira à Cannes pour ne pas perdre le pavillon, mais que l’année prochaine, la préparation de notre participation à Cannes sera plus étudiée et se fera en coopération avec toutes les parties concernées. Est-ce raisonnable ? Cela d’autant que, durant la prochaine édition de Cannes, le Cnci n’a pas prévu de stand tunisien au marché du film dont l’enjeu est très important pour notre cinéma, car c’est là, dans cet espace stratégique, où se font les affaires et où l’on vend et achète les films. Enfin, ce stand doit être pris en charge par le ministère de la Culture.

Le directeur intérimaire du Cnci, Youssef Lachkham, a cependant affirmé qu’il a préparé un cahier des charges dans le but de faire contribuer toutes les parties concernées à la préparation du programme de la présence tunisienne à Cannes, ce que vous avez refusé ?

Il est vrai qu’un cahier des charges a été envoyé aux deux Chambres syndicales des producteurs de films de courts et de longs métrages  dans le but de choisir la meilleure proposition. Mais, à nos yeux, il ne s’agit quand même pas d’un appel d’offres comme s’il fallait vendre nos services et obtenir des gains.
L’intérêt pour le cinéma tunisien, c’est d’œuvrer ensemble, et non les uns contre les autres, d’autant qu’il s’agit d’une année charnière qui a vu naître la IIe République tunisienne, après les élections législatives et présidentielle de 2014.

Au fait, pourquoi, en tant que chambre syndicale, attendiez-vous qu’on vous sollicite au lieu de bouger et d’agir ?

C’est ce que nous avons fait : nous avons rencontré la ministre  de la Culture qui nous a reçus le 22 février 2015, nous lui avons présenté une feuille de route et un rapport d’activité de notre chambre syndicale, outre une copie résumant l’état des lieux du cinéma tunisien avec des propositions de solutions à tous les problèmes, sans compter la proposition d’un nouveau règlement intérieur des Journées cinématographiques de Carthage (JCC).
Finalement, au lieu de résoudre les problèmes de la profession en coopération avec les professionnels, le Cnci nous a ignorés et rejetés et nous nous retrouvons à la rue sans reconnaissance aucune. Et si certains au Cnci pensent que nous exigeons une quelconque allégeance, nous répondons que cela est complètement faux.

Ne pensez-vous pas qu’en l’absence de véritables réformes dans le domaine du cinéma et d’une véritable industrie cinématographique, le pavillon tunisien à Cannes ne peut constituer qu’une fausse vitrine ?

Il est vrai que nous avons appelé à la création du Cnci pour, justement, réformer le secteur et ancrer une industrie cinématographique. Mais depuis sa mise en place, il y a trois ans, le Cnci n’a pas encore joué son rôle et entamé les réformes demandées par les professionnels, dont l’activation du guichet unique, la lutte contre la bureaucratie pour les autorisations de tournage de films tunisiens et étrangers, le retour des préfinancements des  productions (avances des distributeurs et apports de fonds étrangers), une implication plus importante du ministère du Tourisme dans la contribution à la promotion des films tunisiens à l’étranger (festivals et marché du film), cela outre le problème de l’exploitation et de la disparition des salles de cinéma.
Rappelez-vous que le parti de Nida Tounès a promis la création d’une centaine de salles de cinéma, or il existe 265 maisons de la culture et il a été décidé que, sur un terme de 5 ans, chaque année, le ministère entame la mise à niveau d’une vingtaine de salles dans les maisons de la culture. 24 salles ont été ainsi listées dans les régions et le budget de leur mise à niveau qui est de l’ordre de 1,6 million de dinars est disponible. Mais jusqu’ici rien n’a été fait.


Ces réformes consistent également à lutter contre le piratage, à réviser le décret 717 du 19/03/2001 qui régit la commission d’aide à la production en le remaniant par un simple arrêté ministériel qui nous fera gagner des démarches procédurales considérables et harrassantes.
Il y a donc lieu de relever le montant de l’aide à la production aux 2/3 du budget des courts et des longs métrages, fictions et documentaires, comme c’est le cas dans certains pays arabes. Les réformes concernent également la diffusion de la production nationale, selon un quota à hauteur de 40% au moins, sur les chaînes de télé publique et privée comme cela est la norme, ailleurs en Europe et notamment en France, où le Centre national du cinéma français se charge du dispatching des programmes nationaux et du contrôle du montage financier des productions et des taxes. Cela, sans compter la numérisation des films tunisiens, la mise en place d’une convention collective des artistes et des techniciens et autres réformes.


Toutefois, précisons que la production des courts et des longs métrages  a, en revanche, augmenté, puisque nous produisons, désormais en moyenne, une dizaine de longs métrages  de fiction et autant de documentaires par an, outre une vingtaine de courts-métrages entre docu et fiction. Le ministère de la Culture a consenti un effort en ce qui concerne l’aide à la production, mais c’est au Cnci que ça bloque.
D’ailleurs, nous constatons que certaines demandes de la profession, considérées comme acquises, sont en train de se perdre tels, par exemple, l’accélération des autorisations de tournage, les repérages, la subvention des films tunisiens par la télé publique à hauteur de 10% du budget total du film, soit entre 200 et 150.000 dinars.
Ainsi, outre la coproduction, les télés publiques et privées doivent acheter, diffuser et promouvoir le cinéma tunisien, ce qui n’est plus automatique, dans plusieurs cas.

Dites-nous, maintenant, irez-vous à Cannes cette année ou non ?

Non. Nous n’irons pas à Cannes cette année. Notre chambre syndicale ne sera pas présente, mais chaque producteur est libre, s’il le juge opportun, d’être présent au festival. En tant que syndicat nous ne pouvons pas tout préparer et finaliser, dix jours avant la date fatidique, ce n’est pas possible. De plus, en l’absence d’une participation au marché du film, qui est une opportunité pour les professionnels, pourquoi aller à Cannes si c’est pour faire de la figuration. Nous ne voyons aucune raison d’y aller et c’est regrettable car nous avons préparé tout un projet innovant qui rompt avec la routine, surtout à l’ère de la IIe République.


Nous comptions créer l’événement à Cannes, en organisant deux grandes soirées tunisiennes. Nous avons même approché Fadhel Jaziri pour la préparation d’un spectacle de grande envergure, avec le soutien des producteurs, ministères du Tourisme et de la Culture et de certains sponsors privés, dans le but d’attirer l’attention sur le stand qu’on souhaitait ancrer dans le marché du film.
Pourquoi y être si nous allons, seulement, faire de la figuration ou copier-coller la précédente copie de notre participation à Cannes. Nous sommes contre la répétition d’un modèle dont nous ne sommes plus satisfaits et que nous désirons améliorer.
Il faut partir à Cannes avec des slogans en sollicitant, par exemple, les investisseurs et exploitants de salles de cinéma étrangers pour venir construire des salles ou des multiplexes en Tunisie. Nous ne sommes en guerre contre personne mais nous demandons la nomination rapide, à la tête du Cnci, d’un directeur qui maîtrise les dossiers du secteur et qui aurait carte blanche pour prendre les décisions urgentes et nécessaires afin d’appliquer enfin toutes les mesures et les lois se rapportant au cinéma et de mettre, au final, le Cnci sur les rails.

 

Samira Dami

 

Source : http://lapresse.tn/

 

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