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Entretien avec Khadija Lemkacher, réalisatrice Version imprimable Suggérer par mail

 Entretien conduit : par Salem Trabelsi — La Presse du 20-04-2015


Quand le cinéma ressuscite le patrimoine

«La nuit de la lune aveugle» est le court métrage tunisien de Khadija Lemkacher qui vient d’obtenir les prix du  Meilleur film et de la meilleure actrice au festival Oujda au Maroc.

 

Nous avons eu cet entretien avec sa réalisatrice.


 


Dans votre film, on parle vraiment la langue du Djérid de la manière la plus originale…

C’est un film qui parle de trois jeunes filles, Aïcha, Teber et Bouka qui vivent dans le Djérid. Elles ont entre 14 et 17 ans. Ces filles vivent sous la pression du mariage surtout venant des tantes. Elles vont donc voir une sorte de magicienne pour trouver une solution et réaliser leur rêve qui est le mariage. Parce que le rêve, c’est le mariage et ce n’est pas le mari. Je voulais au fait raconter une histoire à la manière d’un conte. Le texte je l’ai écrit avec Youssef Seddik et c’est lui qui signe les dialogues parce que les personnages parlent le dialecte du Djérid.



 

Comment a eu lieu cette rencontre ?

C’était au cours d’une rencontre autour d’un café avec youssef Seddik. On parlait du sud tunisien et du Djerid. Et j’ai alors exprimé mon désir de tourner un film dans cette partie de la Tunisie. Et là, il me raconte une histoire vraie que j’ai décidé de porter à l’écran. Mais je voulais que cette histoire soit exprimée dans le dialecte du Djérid, qu’on n’entend plus, qui est en train de se perdre. Il y a aussi des chansons très anciennes de la région que j’ai voulu ressusciter avec ce court métrage.

Les choix esthétiques de ce film sont différents de ceux opérés dans votre dernier court métrage.

J’ai choisi une manière de filmer plutôt intimiste. Il y a aussi beaucoup de plans fixes et quelques travellings faits de manière particulière. En fait, j’ai essayé aussi de faire un dialogue avec la lune via une caméra très particulière. Pour éclairer les décors, j’ai eu recours à la bougie. L’histoire se passait à une époque où il n’y avait pas d’électricité. C’est pour cela que je me suis imposé ce type d’éclairage.


 

Ce recours aux plans fixes est-il une autre manière de faire appel au photographe professionnelle que vous étiez à l’origine ?

A l’origine, je suis passionnée de photos et effectivement il y a un regard de photographe. J’ai beaucoup cadré dans le film et j’ai beaucoup demandé à mon directeur photo… C’est vrai qu’il y a un point de vue de photographe et une esthétique très particulière qui, à mon avis, n’a pas laissé le jury indifférent.

«La nuit de la lune aveugle» a tout de même un côté féminin mais aussi féministe…


 

Je n’ai pas du tout pensé à faire un film féministe. Ça aurait pu être l’histoire de trois garçons. Mais, au fait, dans le film je parle d’une époque où les femmes étaient à l’intérieur et les hommes à l’extérieur. Au début du film, on voit des hommes, se dirigeant vers l’extérieur et moi j’ai porté mon regard sur ce qui se passait à l’intérieur. Un intérieur où l’autorité des femmes était très forte. Car à l’époque, c’était les femmes qui faisaient la loi à l’intérieur de la maison (le houch). C’est vrai que j’ai voulu insister sur ce côté dans le film.



En quoi réside l’actualité de ce film, selon vous ?

Je trouve que ces histoires n’ont pas changé depuis lors. Sauf qu’à l’époque, les filles étaient considérées «vieilles filles» à 16 ans, aujourd’hui elles le sont à 23 ans dans cette région. Parce que quand j’ai fait mon casting, toutes les filles m’ont dit que c’est à cet âge que le problème commence à se poser pour elles. Elles n’ont fait que gagner quelques années.

Vous faites l’actualité avec votre film primé, mais vous êtes aussi une militante du cinéma. Quel regard portez-vous aujourd’hui sur le métier ?

Je pense que c’est très dur aujourd’hui de réaliser un court ou un long métrage et de montrer ce qu’on sait faire. Il y a un minimum à assurer ne serait-ce que du côté de l’équipe technique et des équipements. nos moyens restent toujours limités parce qu’on dépend toujours de la subvention publique. Du côté des entreprises privées et des grands industriels, la porte est toujours fermée même s’ils savent que c’est déductible de leurs impôts et qu’il y a une loi pour cela. Personnellement, pour ce film, cela n’a pas été facile et il ne me reste plus de budget pour faire les affiches par exemple. Cela n’a pas été facile d’autant plus que tout le tournage a eu lieu dans le sud tunisien et cela a pesé beaucoup sur le budget.



Pourquoi, selon vous, les privés refusent d’aider le cinéma ?

Parce qu’ils ont un réflexe télévisuel. Ils peuvent sponsoriser des feuilletons mais pas le cinéma. Alors que c’est les films qui sont montrés à l’étranger, et possèdent un rayonnement plus fort que celui de la télévision. Faites le compte de tous les films tunisiens qui voyagent dans le monde comme des ambassadeurs et vous allez voir à quel point cela a un impact. Je pense que c’est la meilleure publicité qu’on puisse faire pour la Tunisie. C’est une prise de conscience qu’il s’agit d’entreprendre du côté des sociétés privées et le côté politique y joue un grand rôle.


 

Entretien conduit : par Salem Trabelsi
Ajouté le : 20-04-2015

Source : http://www.lapresse.tn/

Source photo : Oujda-VIP

 

 

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