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Amine Bouhafa, César 2015 de la meilleure musique Originale Version imprimable Suggérer par mail

 Le petit poucet qui revenait toujours à la musique.
A vingt-huit ans, il remporte le César de la meilleure musique originale pour le film Timbuktu ! Entretien.

Il faut rendre à César ce qui est à César et à Amine ce qui est à Amine ! Le petit poucet du Conservatoire national de musique de Tunis avait toujours su retrouver sa passion musicale. Ni le lycée pilote, ni l’école d’ingénieurs, ni les finances ne réussiront à l’en détourner !

 


D’abord, un mot sur le César 2015 de la musique originale ?

Je suis très ému, très content, très fier que le cinéma français et mondial m’ouvre grands les bras et reconnaisse mon travail, d’autant plus que je suis tunisien, je suis fier de donner une belle image de mon pays.

Le piano à l’âge de 3 ans, un diplôme de musique à l’âge de 12 ans, le lycée pilote, un bac math, puis un cursus de composition et d’orchestration au Conservatoire à rayonnement régional de Paris, enfin un cursus Math-sup, math-spé ! La musique est-ce de l’arithmétique, comme beaucoup le soutiennent ?

Je ne sais s’il y a un lien direct ; pour moi, tout est venu naturellement, peut-être que des liens existent, mais je n’y pense même pas... La musique c’est ma vie, j’ai toujours voulu faire ça. Quand je compose, je ne pense pas aux maths et quand je mène des recherches en maths, je ne pense pas non plus à la musique… C’est le hasard de la vie qui fit que j’aie fait math sup… mais j’ai continué parallèlement à faire de la musique… quand j’ai fini mes études d’ingénieur, je me suis d’abord orienté vers la finance, puis j’ai décidé de vouer ma vie à ma passion ! Ça allait de soi ! Le conservatoire national de musique, le diplôme de musique arabe, le lycée pilote, Paris, les maths … je n’ai jamais eu de plan de carrière, tout est venu sans crier gare! Après mon bac, j’ai voulu faire de la musique, mais on m’a dit tu auras une bourse pour faire math sup math-spé. Alors, j’ai fait maths… et musique !

Comment êtes-vous devenu compositeur de musique de film ?

Le cinéma était ma deuxième passion, le temps où je n’étais pas sur le piano, je le passais à regarder des films. J’étais bouleversé le jour où j’ai découvert le rôle de la musique dans le cinéma, sa puissance à renforcer l’émotion, à rajouter du grain à un film ! Quand on écoute la musique de John Williams, Ennio Morricone ou encore Bernard Hermann, on est impressionné par la force et l’émotion que la musique peut apporter au cinéma ! A 15 ans, on m’avait sollicité pour composer la musique d’un court métrage tunisien, j’étais aux anges, je pouvais ainsi rallier mes deux passions, le premier et le septième art! Je m’étais alors dit, c’est bien ça ce que je ferais ! Puis les films et les séries se sont succédé, vivre ici, un long métrage avec mohamed Zran, dégage toujours avec Zran, Bab al Khalk, place in the palace, Jabal Al Halal, la première dame, avec le réalisateur égyptien Adel Adib !
Enfin Timbuktu ! C’est grâce à la monteuse du film que j’ai connu Abderrahmane Sissako. Le réalisateur mauritanien n’avait jamais fait appel à un compositeur de film, auparavant. Il cherchait alors un musicien qui soit ouvert au dialogue des cultures avec une double sensibilité locale et universelle ! J’étais l’heureux élu…

Dans Timbuktu, la musique est plutôt complémentaire de l’image, on est loin du simple accompagnement sonore, c’est aussi plus complexe qu’un classique majeur – joyeux versus mineur – triste. Quel est le thème musical de Timbuktu et pourquoi cette tonalité world-etnho ?

Timbuktu traite de l’interdit, c’est l’histoire d’un groupe de jihadistes qui a interdit toutes formes de distractions aux gens! Le film peignait la résistance d’un peuple. La musique a été pensée dans un sens de désenclavement, j’ai voulu briser les limites locales, créer un dialogue de cultures entre musique world et musique universelle ! ça n’est pas un contrepoint de l’image, la musique de Timbuktu avait sa propre ligne, elle complétait les scènes, atténuait des propos durs ou sublimait quelques aspects poétiques. Prenez l’exemple de la scène du foot sans ballon, c’était un vrai ballet, on avait l’impression que le terrain de foot était devenu un théâtre, on avait choisi une musique symphonique, la volonté était de s’ouvrir sur l’universel, de donner aux gens cette issue lyrique… et Sissako avait effacé tous les bruits, pour garder uniquement la musique !

Quelles étaient les contraintes extra-musicales du film, les contraintes de réalisation notamment ?

C’est vraiment un plaisir de travailler avec Abderrahmane Sissako. C’est un réalisateur qui sait ce qu’il veut, il est très ouvert et vous laisse entrer dans son univers. Y avait pas vraiment de contraintes artistiques, il souhaitait essentiellement faire une ode universelle à la culture locale. C’était une collaboration cordiale avec beaucoup d’humilité. On avait, toutefois, une contrainte de temps, on devait présenter Timbuktu au festival de Cannes et il fallait donc tout finir plus tôt ! Pour le reste, travailler avec Sissako est une grande leçon de vie et d’art !

Votre vie après le César ?

C’est un immense honneur d’être récompensé par l’académie des Césars. J’en suis très content. Mais le plus important est de continuer à produire la musique que j’aime, à travailler sur des films qui m’inspirent, avec des gens qui m’inspirent et qui me poussent à donner le meilleur de moi-même! Je reste à la recherche de collaborations avec des gens généreux et amoureux de leur art ! Ce que j’aime par-dessus tout, c’est de faire des rencontres à travers le cinéma et la musique !

Quel regard jetez-vous sur cette jeunesse tunisienne que vous aviez acclamée au théâtre du Châtelet ?

C’est un regard de bienveillance, d’encouragement et de confiance ! On est un pays riche et même très riche en talents, c’est important de donner l’exemple, de partager avec eux cette fierté, je voulais dire à tous les talents tunisiens qu’il leur manque seulement l’opportunité. Je voulais aussi dire combien la culture est une urgence sociale ! Je crois qu’avec la culture, on peut combattre beaucoup d’horreurs qui nous entourent. Avec la culture, on peut donner de l’espoir, du rêve, des valeurs humaines ! Il faut vraiment davantage soutenir le cinéma, la musique, le théâtre, pousser les jeunes à nourrir leur intellect! Oui, la culture est une véritable solution sociale !

Auteur : Entretien conduit par Jamel HENI
Ajouté le : 02-03-2015

Source : http://www.lapresse.tn
 

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