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Horra de Moez kammoun - Que d’incohérences ! Version imprimable Suggérer par mail

 Meysem M. — La Presse du 08-03-2015

 

Le troisième long métrage du cinéaste Moez Kammoun, «Horra», a été présenté récemment aux journalistes. Sur nos écrans à partir du 11 mars…

«Horra» (libre au féminin), comme le suggère le titre, se penche sur la condition de la femme tunisienne, prise entre son envie de s’émanciper et une société rétrograde et machiste.

 

 

Trois femmes, pour tisser cette toile, et un jeune homme, Karim (Ahmed Gasmi), comme point d’intersection entre elles. Issu d’une famille plutôt aisée, ce dernier n’est pas en bons termes avec cette dernière, une famille militante de gauche embourgeoisée, aux manières hautaines et asociales, qu’il trouve un peu trop nostalgique. Il est pris entre sa copine (l’amante romantique mais blasée) et sa passion pour une femme mariée, Alya (campée par la belle Fatma Nasser), son quotidien et sa vision de la vie vont être transformés.

 

«Horra» semble être une œuvre qui se veut dans le temps,  mais qui nous dresse un univers imaginaire marqué par une esthétique sombre et un rythme long comme hors du temps.

Le ton est ronronnant d’emblée (la séquence des funérailles du père de Karim) et on se retrouve, vite, pris dans un univers aux propos incohérents, on pense alors (trop optimiste !) à l’esthétique de l’absurde mais on se retrouve vite déçus par la tournure des choses. Car le film reste tristement réaliste (sans l’être vraiment en même temps ! Les personnages se trouvent très loin des manières de vivre et de se comporter) et nous présente des situations et autres dialogues incohérents, paradoxaux, voire greffés, sans parler de certaines scènes qui sont loin de nous convaincre.  Le jeu fade de certains comédiens n’aidant pas — ils tombent dans l’insipide, voire dans le ridicule (scène de la violence conjugale entre autres). Pour parler de la femme, il était plus qu’évident de parler des hommes qui les entourent, et dans «Horra», les hommes (adultères et hypocrites), quelque peu «schizophrènes», mènent un bras de fer avec les tabous et leurs propres démons intérieurs.
Moez Kammoun, qui signe également le scénario et les dialogues de cet opus, nous déçoit avec des allusions trop faciles et des dialogues froids, «télégraphiques» et incohérents.

Auteur : Meysem M.
Ajouté le : 08-03-2015

Source : http://www.lapresse.tn

 

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