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Fatma Bchini, l'exemple de jeune femme dévouée Version imprimable Suggérer par mail

 Par Nawel Bizid — foliomania.com — 09/03/2015

Fatma Bchini, 25 ans, interne en médecine. Son amour pour le cinéma l'a poussée à rejoindre Fédération Tunisienne des Ciné-clubs (FTCC) pour qu'elle gravisse rapidement l'échelon et devienne secrétaire général de la fédération.

 

Pour elle, la médecine comme le cinéma, ce sont pour elle deux arts qui ne cessent de façonner sa vie.


 

 

Pour cette semaine, foliomania a décidé de s'éloigner des profils habituels et mettre en valeur un personnage qui soit à la fois une femme (à l'occasion de la journée mondiale de la femme) et jeune dévouée que représente Fatma, qui travaille discrètement. Mais sans qu'elle le sache, son succès fait du bruit. Chose qui nous a laissé la repérer.

 

Foliomania : Pourquoi le cinéma ? Pourquoi la FTCC ?

Fatma Bchini : Pourquoi le cinéma ? Tout simplement parce que le cinéma parle d'abord de nous, de ce que nous sommes, de nos peurs avouées ou non-avouées, de nos drames, de nos tabous, de nos bassesses et de nos grandeurs. Godard l'avait d'ailleurs admirablement résumé à sa manière en quelques mots : «Pourquoi parler d'autre chose ? Avec le cinéma on parle de tout, on arrive à tout».


 Pourquoi la FTCC ? Il faudrait peut-être d'abord présenter la Fédération Tunisienne des Ciné-clubs : c'est une association culturelle à but non lucratif, non-gouvernementale, qui fut fondée en 1950. C'est une association qui a pour objectif le développement du cinéma en tant que média culturel, et l'encadrement du public cinéphile, récepteur des biens culturels audiovisuels. La FTCC est une institution historique qui demeure une école de cinéma, de cinéphilie, de démocratie et de partage.
Pourquoi donc la FTCC ? Parce que, tout simplement, elle compte parmi les rares associations qui, autour d'un film, nous offrent des espaces d'échange et de discussion ; des espaces où l'on apprend à écouter, où on aime partager réflexions, émotions, doutes et questionnements ; où l'ont débat des films exclus des circuits commerciaux et/ou officiels, où l'on soumet à l'interrogation des films polémiques ou interdits, des chefs-d'œuvre de l'histoire du cinéma, mal ou peu connus, et qu'on découvre essentiellement grâce aux activités des ciné-clubs. Les espaces d'échange et d'apprentissage qu'ouvrent les ciné-clubs au public, ce sont des espaces sans censure qui réunissent des passionnés du cinéma, toutes tranches d'âge confondues, des citoyennes et des citoyens libres et ouverts sur le monde.

Foliomania : Comment en es-tu arrivée ? Comment cette passion est-elle née ?

Fatma Bchini : Ma passion cinéphilique remonte à mon très jeune âge. J'ai grandi dans une famille qui confère aux activités culturelles une grande importance. Aller voir un film, une pièce de théâtre, un spectacle de musique ou de danse, était et est toujours un rituel mensuel de la famille.
J'ai certes fréquenté les ciné-clubs enfants et adultes, et j'ose dire que je n'ai raté aucune session des JCC. Je n'ai également manqué presque jamais les sessions estivales du FIFAK. Tous ces petits détails ont certainement contribué à forger ma passion. D'ailleurs, j'avoue que, durant mon adolescence (la période du collège et lycée), j'accordais plus d'importance et du temps à la musique. J'ai appris et joué au luth pendant 8 ans et j'ai obtenu le Diplôme de Musique arabe en 2007.
Une fois le bac en poche, j'opte pour des études de médecine. Mais à la faculté de médecine de Tunis, j'étais un peu mal à l'aise, peut-être déçue, puisque la vie estudiantine que j'y ai découverte était loin de celle dont j'ai longtemps rêvée. Du coup, j'ai décidé de m'investir dans ce microcosme de la société qu'est le monde des ciné-clubs.
J'ai donc commencé par intégrer le club de cinéma universitaire et de participer activement à la programmation ainsi qu'à l'animation des séances de projection. C'était ma seule lueur d'espoir dans cette faculté, avant d'intégrer l'Union Générale des Etudiants de la Tunisie (UGET).


Réflexions faites, je pense qu'avoir intégré la FTCC était plus ou moins inévitable dans ma vie : j'estime que mon vécu, mon environnement et mes principes m'ont conduit à atterrir là-bas, où je n'arrête pas de rencontrer des personnes avec qui j'ai en commun, pour ainsi dire, le même ADN doté de plusieurs valeurs. J'évolue chaque jour au sein de la FTCC, et de la simple cinéphile que j'étais, je suis devenue une cinéphile avertie et, disons-le sans prétentions, une véritable «ciné-clubiste». (Le ciné-clubisme est un mouvement culturel et social, c'est une démonstration d'organisation sociale à l'origine, très active, dont l'étendue et la pluralité des formes contribue à la création des espaces de débat et de diffusion du cinéma alternatif, quelles que soient ses orientations et ses circuits).

 Foliomania : Quel est le message que tu veux véhiculer à travers ta passion ? A travers ton évolution ?

Fatma Bchini : Le refus de cantonner les expressions artistiques, et les manières de faire de l'art, aux régimes de consommation instantanée ; l'objectif est de se munir d'un esprit critique, de cultiver une véritable pratique de la décentralisation de la culture, et de donner au public les moyens propices pour l'appropriation du cinéma.

Foliomania : A ton avis, pourquoi ne trouve-t-on pas autant de femmes dans la société civile et même dans la politique et les postes décisionnels ?

Fatma Bchini : Oui malheureusement, c'est presque une évidence : la femme, en Tunisie, n'est pas encore assez représentée dans les postes de décision, ni au niveau politique ni au niveau de la société civile.
Et pourtant, elles demeurent déterminées : les femmes deviennent avocates, médecins, professeurs, journalistes, magistrats, etc. Mais, combien, en réalité, compte-on de femmes professeurs en médecine ou dans les postes de décision du monde médical? Combien pour les postes de recteurs d'université? Et pour les grandes responsabilités dans les diverses professions ?

A mon avis, c'est une question de mentalité. La femme ne cesse encore de se heurter à la misogynie chaque jour, dans la rue, les transports publics, l'administration, etc.
Il ne faut surtout pas oublier aussi que certaines femmes se trouvent découragées malheureusement de briguer certains postes à cause des conditions imposées (des réunions à des heures tardives au dépens de sa présence à la maison par exemple).


Il y a lieu pourtant de rappeler que la FTCC était bien au devant de la scène sur cette question : en en 1987, les membres de la FTCC ont élu pour la première fois une femme à la tête de leur association.

Foliomania : Dans le cinéma et dans la vie associative, as-tu rencontré des comportements sexistes ? Ou des comportements réducteurs par rapport à ton âge ?

Fatma Bchini : Des comportements carrément sexistes, je ne m'en souviens pas. Par contre, les comportements réducteurs par rapport à mon âge, bien évidemment, c'est évident. Etre jeune, et avoir un poste décisionnel au sein de la FTCC, ne m'a pas pour autant épargner, comme d'ailleurs le reste du bureau fédéral de la FTCC, les mises en doute de notre professionnalisme. En revanche, et c'est vraiment un point rafraichissant, plusieurs personnes nous font confiance et nous encouragent grâce au dévouement dont notre travail fait preuve. Ceci dit, pour que nous puissions avancer, il ne faut pas craindre l'erreur : on se trompe, oui, mais on se remet toujours en question, on se corrige.

Foliomania : Et dans ta vie professionnelle et sociale ?

Fatma Bchini : En tant que femme médecin dans les hôpitaux de Tunis, je suis exposée, comme mes collègues, à l'agression verbale. Le taux de violence dans les hôpitaux ne cesse d'augmenter.
Malheureusement, le fait d'être une citoyenne tunisienne est aussi un facteur de risque pour être exposée à l'agression sexuelle dans les transports publics, dans la rue, etc.

Foliomania : Que manque-t-il pour que la femme soit sur un pied d'égalité avec l'homme ?

Fatma Bchini : On ne manque pas de législation à ce sujet. Je crois que la femme doit s'affirmer, doit se lever contre toute forme d'exploitation et ne doit pas baisser les bras à chaque fois qu'elle aura l'occasion d'occuper un poste exceptionnel.

Foliomania : Quel est ton conseil aux jeunes filles pour s'engager dans la vie associative ?

Fatma Bchini : Il n'y a pas d'âge pour l'engagement dans la vie associative. L'engagement vous permet de passer du rôle de consommateur d'activité à celui d'acteur dans la société.

Cela vous aidera à construire des relations, et vous permet de vous forger un statut social. La vie associative consiste à donner à chaque jeune fille la confiance en elle, à favoriser sa prise de parole, à lui permettre de s'affirmer dans un groupe.

Foliomania : Que préparez-vous pour cette session du festival «Cinéma de la paix ?» ?

Fatma Bchini : La 15ème session du Festival «Cinéma de la paix ?» sera, je n'en doute pas, une session exceptionnelle à plusieurs égards. Elle nous fera découvrir plusieurs «joyaux» cinématographiques : sept films qui seront projetés pour la première fois en Tunisie.
Mieux encore, cette session mettra en œuvre une démarche véritablement décentralisatrice, en s'ouvrant pour la première fois sur d'autres régions que la capitale. Le programme détaillé sera dévoilé lors de la conférence de presse qui se tiendra mardi le 17 mars 2015, au local de la FTCC.

Source : http://www.foliomania.com/

 

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