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Entretien avec Néjib BELKADHI Version imprimable Suggérer par mail

Propos recueillis par Olivier Pierre (FID Marseille 2006)

• Comment est né le projet de ce film ?


- En 1998, j’entends parler de l’histoire de ce peintre en bâtiments qui fait des films en V.H.S. à Sousse par le biais de mon ami et producteur Imed MARZOUK. Dans le temps, je faisais une émission hebdomadaire sur Canal+Horizons à Tunis et on est parti faire un reportage de 10 minutes sur lui. Durant le tournage, on a découvert non seulement Kahloucha, personnage haut en couleur, attachant et passionné, mais aussi un quartier incroyablement riche de vie et d’histoires-le fantasme de tout réalisateur. On s’était fixé comme objectif de faire un film sur Kahloucha et son quartier, et c’est en 2003, date à laquelle il avait commencé à tourner TARZAN DES ARABES, qu’on est parti filmer à Sousse, sans grands moyens, avec les fonds propres de notre société Propaganda Production.

• V.H.S est le portrait d’un cinéaste mais aussi d’une ville, Sousse, et de ses habitants. Comment avez-vous pensé le film au départ ?


- Un film pareil comporte son lot de surprises et de risques aussi. On savait dès le départ qu’on allait suivre Kahloucha pendant le tournage, dans sa vie de tous les jours et surtout filmer les habitants du quartier dans leur environnement…Avant le tournage, je suis allé à plusieurs reprises dans le quartier afin de sentir l’ambiance et connaître les gens. À partir de là, j’ai écrit un conducteur qui nous a servi de squelette pour la trame du film. Le plus délicat a été de suivre Kahloucha dans sa démarche amateur, d’y coller sans tomber dans l’amateurisme pour autant.
C’était peut-être le défi le plus important de ce film : être dans le feu de l’action tout en restant soi-même, tout en gardant un regard extérieur et un certain recul sur les images. C’est surtout au niveau du montage que la trame s’est développée. On avait 70 heures de rushes et on a travaillé avec une espèce de séquenceur qui nous a permis de ventiler le film en «rubriques» qu’il fallait, par la suite, imbriquer les unes dans les autres. Le montage nous a pris une année entière.

• Producteur, réalisateur et acteur principal de tous ses films, Moncef Kahloucha est un homme-orchestre de cinéma.
- Kahloucha est surtout un personnage qui ne vit pas les choses à moitié. Il a une passion qui le dévore et le pousse vers l’avant. Il s’attribue le premier rôle, joue parfois ensemble le bon et le méchant, tout en ayant un contrôle absolu sur ses films. Il a en effet toutes les qualités et défauts des «grands», comme il s ‘amuse à appeler ses idoles : de la mégalomanie et beaucoup d’autosuffisance. Avec lui, la distance n’existe pas. Comme on le voit dans le film, Kahloucha peut aller jusqu’à utiliser son propre sang comme maquillage dans les scènes de meurtre.

• Le cinéma de Kahloucha est un cinéma de divertissement qui crée ainsi un lien social, comme on le voit dans la séquence du visionnage de son film en Italie par les émigrés tunisiens.
- La force des films de Kahloucha ne réside pas forcément dans leur valeur cinématographique intrinsèque mais plutôt dans les réactions qu’ils suscitent chez les gens : le rire, l’étonnement, l’admiration… Les films de Kahloucha véhiculent aussi une idée de continuité, de lien et elle trouve tout son sens quand la cassette du film est renvoyée en Italie pour être visionné par les immigrés, dont plusieurs ne peuvent pas rentrer au pays faute de papiers.
Le film devient alors un document qui raconte la vie du « bled » à distance. Un moyen pour ces derniers de garder le lien avec les êtres chers, acteurs dans le film, et de partager des moments forts d’émotion et de rire avec la communauté.

• V.H.S montre le circuit complet de la réalisation d’un film, du casting au tournage jusqu’à la diffusion en salle et l’exploitation en vidéo.
- La logique de fabrication d’un film de Kahloucha suit exactement le même schéma qu’un film professionnel. Kahloucha fabrique ses films, se débrouille avec les décors, achète ses accessoires et choisit ses acteurs. Il monte ses images et commence le travail de promotion en faisant les affiches. Ensuite il fait le tour du quartier avec le vendeur à la criée du souk pour annoncer la projection du film dans le café du coin. Le film est «distribué à l’étranger» à travers les immigrés qui emmènent la cassette aux fils du quartier vivant en Italie.
Ce dispositif artisanal et l’engouement suscité par les films de Kahloucha font réfléchir quant à la capacité du cinéma professionnel à trouver son public en général et au déclin du cinéma en Tunisie en particulier, où les salles ferment les unes après les autres.

• V.H.S présente également les problèmes sociaux, politiques et économiques de Sousse, et évoque dès le début du film la question de l’émigration des tunisiens en Italie.
- L’histoire de Kahloucha est indissociable de son environnement et de son quartier. L’itinéraire du personnage principal nous permet de dresser un état des lieux : un quartier populaire où la vie est dure, une jeunesse à la recherche d’accomplissement dans un environnement qui ne le favorise pas. On ne peut pas raconter l’histoire de Kahloucha sans raconter la vie de ces gens.

• Comment avez-vous travaillé le montage et la musique du film, qui font écho à Sousse et à la vitalité de ses habitants ?
- Le montage nous a pris beaucoup de temps vu l’importance des rushes et la richesse de la matière. Le montage final s’est imposé de lui-même, on a travaillé sur une structure linéaire tout en faisant des allers-retours fréquents dans le récit. Ceci nous a permis d’avoir un film assez rythmé et nerveux, un peu à l’image du quartier : intense et dynamique.
La musique a été composée par un groupe tunisien qui s’appelle Neshez. Ils sont tombés amoureux du film et du personnage et nous ont rejoints quand peu de gens croyaient au film. Ils ont composé et enregistré la musique en trois jours dans un tout petit studio improvisé à Paris. À l’écoute de la première maquette, la musique s’est imposée à moi, chaque morceau collait à une image en particulier. C’était une relecture totale du film.

 

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