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«Bouts de vie, bouts de rêves» - Le documentaire indésiré surtout chez lui Version imprimable Suggérer par mail

 C'est une sorte d'errance ou de déambulation à travers les «âmes» de ceux qui résistent, de ceux qui se battent pour les causes les plus nobles.

Par Merabet Nedjma Baya —Les débats - Mardi 17 octobre 2014


Le documentaire «Bouts de vie, bouts de rêves» de Hamid Benamra s'articule autour du peintre et graphiste Mustapha Boutadjine, cet artiste qui pourtant n'utilise pas une once de peinture.

Dans sa démarche plutôt révolutionnaire autant sur le plan artistique qu'idéologique, le plasticien récupère des magazines de  modes ou autres produits de luxe, ces revues qui arborent l'opulence indécente d'une bourgeoisie sans conscience ni humanisme, et à partir de ces papiers qu'il déchire en petits morceaux, il fait des collages qui donneront de superbes portraits de nombreux révolutionnaires du XXème siècle, d'artiste engagés ou encore de poète des siècles passés. 

 

On verra le personnage clé du film qui nous montre Le Che, Fidel Castro, Abane Ramdane, Henri Alleg, Fernand Iveton, Maurice Laban, Raymonde Pechard, Hassiba Benbouali, Malcolm X, Ali la pointe, Salvadore Allende, El Hadj M'rizek, Miles Davis, Jimmy Hendrix… et bien d'autres. S'ouvrant sur le thème de la révolution, la couleur est annoncée. Un acteur interprète le rôle du pauvre homme sans avenir, sans privilège au théâtre, tous les petits boulots il a pratiqué, aucun il n'a pu garder…

 

Le militant communiste marocain Abraham Serfati qui verse des larmes en évoquant tous les espoirs qu'avaient suscités la révolution algérienne pour les peuples du tiers monde, constitue une sorte de point de rupture qui plonge l'ambiance au cœur d'une sensibilité magnifiée. Partant du chant de Miriam Makeba louant et saluant la révolution algérienne, le film explose en s'ouvrant sur le monde. Le spectateur part en voyage et va à la rencontre du réalisateur palestinien Rashid Masharawi qui parle de l'architecture parisienne contemporaine et de son esprit dominateur, on passe par l'acteur algérien Aziz Degga qui fait un sketch à des enfants à propos du métro à Tokyo.

 

Le langage cinématographique est riche de référents et de raccords intelligents. Quand des personnages évoquent l'Algérie qui tourne le dos à la mer, c'est une image belle mais sombre d'un bord de mer aux galets gris et à l'eau argentée qui succède. Le film réunit un casting absolument extraordinaire, qui offrira une prise de parole d'Angela Davis, une intervention filmée d'Aleida Guevara ( la fille du Che)… Le spectateur aura droit à quelques déclarations d'Angela Davis, de Robert Miropool, le fils des Rossenberg, de Miriam Makeba, et on peut même voir le poète syrien Adonis contempler les œuvres du peintre algérien. Le réalisateur dans sa recherche de l'esthétique documentaire mêle des formidables vidéos d'archives personnelles notamment des rencontres cinématographiques de Carthage en 1992.

 

On peut y voir la réalisatrice marocaine Farida Belyazid s'insurger contre le cinéma tiers mondiste qui s'adresse à l'occident dans l'esprit le plus consensuel, ou encore Djibril Diop Mambety revendiquer un cinéma africain fort… On peut même entendre Frédéric Mitterrand exposer sa vision de ce que devrait être un cinéma africain ! Le rythme du film est très soutenu, une floraison d'images et de son qui s'enchaînent dans un tourbillon qui semble nous faire tournoyer dans un 20ème siècle riche en histoire et personnages. Le percussionniste algérien Guem donne le rythme au documentaire en venant raccorder un plan à un autre par un petit instant de rythmes africains sur un jambé, dès que l'attention peut flancher, l'esprit est rappelé par cette ponctuation musicale intense. Entre temps nous verrons de superbes images où le travail de lumière abouti enchante l'œil, des concerts classiques en hommage au Che, des scènes de bistrot entre amis qui délirent sur de stupides intellectuels qui intellectualisent Molière, le peintre en train de danser au centre culturel algérien de Paris…

 

Histoire et anecdotes, humanité et individus rassemblés… des vidéos ou images allant de l'archive au souvenir entre amis… Hamid Benamra dont le film a été refusé dans la grande majorité des festivals algériens, mais également en Egypte au Liban, en France etc… nous apprend de nombreuses petites choses et nous apaise le cœur en filmant tant d'humanisme d'un seul coup.

M. N. B.
Les débats - Mardi 17 octobre 2014

 

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