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Cinéma tunisien : an II de la Révolution Version imprimable Suggérer par mail

Pesanteurs et prémices de changement


Ikbal Zalila — Le temps.

 

Partir du constat que rien n’a changé dans le secteur du cinéma depuis le 17 décembre - 14 janvier relève de la croyance naïve que tout pouvait changer à la faveur de la chute du régime de Ben Ali.

C’est quelque part faire injure à l’Histoire et à ses lois implacables qui veulent que les transitions quelles qu’en soient les modalités obéissent à un rythme propre nécessairement plus lent que celui des attentes suscitées en nous par ce moment où le cours de l’histoire semble avoir été définitivement infléchi dans le sens souhaité, celui de la liberté et de la Démocratie. Il ne s’agit en aucune manière de remettre en question la légitimité de ces attentes ni de se faire le défenseur d’un statu quo-ante bellunmais de tenter par le biais d’une radioscopie d’un secteur de la vie culturelle de montrer que les pesanteurs inhérentes au champ du cinéma étaient prévisibles et que ce qui se vérifie pour le septième art est extrapolable aux autres Arts. Ceci n’exclut pas pour autant des signes de changement qui attendent confirmation.

Errements du tout politique

On a pensé les lendemains du quatorze Janvier que tous les problèmes du cinéma étaient d’ordre politique. La première réaction de tous les acteurs de la profession a été d’investir le champ en se réappropriant des associations (les luttes homériques pour l’ACT constituent un exemple paradigmatique) ou en en créant d’autres pour défendre des corps de métiers (Réalisateurs, techniciens, intermittents…). Les plus compromis avec l’ancien régime se sont trouvés à juste titre exclus de ces luttes pour le pouvoir, d’autres qui sont arrivés à faire oublier leur compromission par le biais d’un «révolutionnarisme» maximaliste se sont imposés comme les nouveaux promoteurs du changement tant espéré. Un modus vivendi entre ces derniers et les nouveaux entrants dans le milieu associatif a abouti à des bureaux jugés suffisamment représentatifs pour rompre avec les pratiques du passé et faire face au Ministère considéré comme responsable de tous les maux du secteur.

 

Des réunions à n’en plus finir, un émiettement des revendications, une énergie énorme dépensée s’en sont suivis pour des résultats minimes. Les problèmes de fond du cinéma national sont passés à la trappe. Aucun débat constructif n’a été engagé pour faire le bilan lucide du cinéma tunisien centré sur la création c’est-à-dire les films produits ces vingt-cinq dernières années. Plus, en rejetant toute la responsabilité de la sclérose du secteur sur l’autorité de tutelle, on a fait obstacle à toute autocritique. Une autocritique indispensable de par son évidence, à l’origine de tous les dysfonctionnements imputables aux institutions, il y a bien sûr des opérateurs du cinéma auto-institués dépositaires exclusifs des prébendes de l’Etat mais aussi des soi-disant francs-tireurs dont l’activisme dans les couloirs du ministère et les amitiés du côté de Carthage ont été payants. Le tollé général soulevé par les résultats de la première commission «post-révolutionnaire», est la preuve que toute cette énergie dépensée dans la course aux institutions était dictée par des intérêts bassement «court-termistes», ceux d’une légitimité acquise grâce à la visibilité octroyée par l’occupation d’un poste de responsabilité dans une association professionnelle quelconque. Au-delà de la qualité artistique des projets présentés, le verdict de la commission a depuis toujours été considéré comme l’aboutissement d’un rapport de force au sein de ses différentes composantes.

 

L’erreur de ceux qui prônaient le changement a été de penser que la multiplication des associations aurait suffi à imprimer une plus grande transparence aux travaux de ladite commission. Le problème réside de toute évidence ailleurs. Il y a lieu de repenser le fonctionnement cette commission, en imposant la publicité de ses délibérations (en mettant par exemple en ligne les fiches de lecture des différents membres de la commission), en instituant deux collèges pour les longs-métrages (un pour les premières et secondes œuvres et un autre pour les cinéastes les plus expérimentés). Les futurs réalisateurs eux-mêmes devraient être entendus sur leurs intentions de mise en scène, et si ceci n’est pas possible pour tous les projets, des entretiens peuvent être conduits avec la short-list de cinéastes éligibles à la subvention. Rien de tout cela n’a été mis sur la table et imputer cela au système est trop facile. Le système, si système il y a, pour être bougé doit sentir la pression d’un vrai désir de changement. La petite sociologie sauvage à laquelle nous avons procédé montre qu’il n’en a été rien. Pire, cette effervescence postrévolutionnaire s’est très vite transformée en des luttes intestines interminables pour le pouvoir qui ont conforté le «système» dans son conservatisme. Cercle vicieux duquel nous ne sommes pas prêts de sortir de sitôt.

(A SUIVRE)

Ikbal Zalila

http://www.letemps.com.tn/

 

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