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Film Gabès Labess, de Habib Ayeb, Ville martyr… Version imprimable Suggérer par mail

 Farouk Bahri — Réalités du 20 mar 2014.

Gabès Labess (Tout va bien à Gabès), un titre qui sent l’ironie, qui transpire le sarcasme, qui fleure bon la démagogie et pourtant, pourtant… Il faut mettre de côté cette lecture simpliste, cette tendance au cynisme que l’on croirait déceler à la vision d’un énième documentaire tunisien post-révolutionnaire.


Ce qui se dégage tout d’abord de ce documentaire, c’est l’amour. Mais rassurons-nous, il ne s’agit ni d’un lyrisme désuet, ni d’un amour idéalisé, il s’agit d’un amour profond, un amour pour la terre, la nature et surtout pour ses habitants.

 

C’est sans doute la grande force du documentaire de Habib Ayeb, l’amour total pour l’endroit qu’il filme. Habib Ayeb ne joue pas le rôle de l’intellectuel cinéaste qui descend de sa tour d’ivoire pour filmer le peuple, non Habib Ayeb est le peuple, il nous prend par la main et nous emmène découvrir Gabès.
Gabès connue surtout pour sa pollution est remise ici dans son écrin qu’elle n’aurait jamais du quitter, celui d’une nature abondante, luxuriante et belle. Belle comme la vie, belle comme ses palmiers qui défient la pollution avec pour toile de fond ses phosphates qui tuent toute une région, tout un peuple.
En arrière plan, transparait la lutte des classes, la lutte des régions, la lutte pour la dignité, la lutte de ces endroits enclavés qui se sont soulevés, qui ont fait du sud le vivier économique de l’enrichissement des régions côtières. Mais le réalisateur est subtil et nous devons l’en remercier. Quel plaisir de voir un film prenant le spectateur pour ce qu’il est : un être conscient et capable de comprendre. Habib Ayeb ne nous dit pas «Attention, ici vous devez comprendre que !», non, les images parlent d’elles-mêmes et, surtout, la musique est calme, apaisante, jamais édifiante.


Il faut comprendre tout d’abord que l’amour pour la terre est de l’ordre du passionnel. Grâce à ce documentaire j’ai ainsi appris que Gabès possède la seule oasis littorale du monde. Il faut plonger dans ce documentaire d’utilité publique qui nous fait découvrir un véritable patrimoine de biodiversité locale en voie de disparition à cause d’une politique économique à court-terme. Menacée de toute part, cette oasis qui dépérit à vue d’œil sous les coups de butoir du manque d’eau - l’irrigation étant réservée à l’agrobusiness, à la ville et aux industries polluantes. Une pollution engendrée par ces mêmes industries, une urbanisation galopante et un mépris total de la part du pouvoir pour cette région qui enrichit le pays et appauvrit ses habitants. C’est ce que nous raconte Gabes Labess : Silence on appauvrit !


Nous sommes loin, à des années lumières, de ce qu’était Gabès dans les années 70. Cette manne financière promise par le complexe industriel chimique a privé les agriculteurs locaux de l’eau, a rendu les terres infertiles et a poussé les Gabésiens à considérer un poste au complexe industriel (qui pourrait les en blâmer ?) comme une sorte de Graal absolu. La caméra de Habib Ayeb nous montre ses palmeraies qui résistent tant bien que mal, nous fait entendre les oiseaux, nous fait découvrir une source au détour d’un plan et puis nous fait surtout découvrir les résistants de l’oasis, ceux qui ne quitteront jamais ce paradis terrestre même pour tout l’or du monde
Comme Si Mohammed, instituteur, tout de blanc vêtu, digne dans sa tenue traditionnelle, un homme fier à la  voix qui s’étrangle quand le réalisateur lui demande de parler de ses souvenirs d’enfant. Ou encore Zohra la paysanne, la fermière au port de reine, qui rit quand on lui demande si une femme peut gérer ainsi une exploitation dans cette oasis tout en résistant aux pressions exercées par les industriels : «Bien sûr, une femme vaut mille hommes quand elle est résolue», sourire aux lèvres, regard franc tout en ayant les yeux qui pétillent de désir de combat. Un autre personnage, Mohammed, qui exploite illégalement une parcelle de terre, en haillons, la sueur sur le front alors qu’en arrière-plan passent des convois de camions transportant ce qui n’a pas été rejeté dans la mer. Les Gabéssiens ont appelé cette zone «Faloujah» en hommage (?) à la ville irakienne, ce qui veut tout dire. Et cette pollution qui tue la terre et a tué le golfe de Gabès, un golfe qui était la zone poissonneuse la plus riche de Tunisie et l’une des plus riches de toutes la Méditerranée. Des Gabéssiens qui ont vu, au fil de l’industrialisation : une croissance exponentielle des maladies graves: ostéoporose, les cancers, les allergies… Aucun médecin ne semble avoir accepté de témoigner face à la caméra ! Gabes labès ? Jusqu’à quand ?

Farouk Bahri

Source : http://www.realites.com.tn/

 

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