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ENTRETIEN AVEC LE R…ALISATEUR TUNISIEN ABDELLATIF BEN AMMAR Version imprimable Suggérer par mail

«Les lois ont précédé les mentalités»

 

«J’ai un projet de film sur la musique algérienne que j’affectionne beaucoup, particulièrement populaire, car je la sens très sincère», nous a confié le réalisateur.

 

Il est l’un des invités d’honneur de la deuxième édition du Festival international du film arabe qui se tiendra à Oran du 26 juin au 3 juillet, il s’agit du célèbre réalisateur tunisien Abdellatif Ben Ammar. Aussi, profitant de sa présence en Algérie, les amateurs du 7e art ont été conviés, lundi à la salle El Mouggar (Alger), à la projection de l’un de ses films cultes, à savoir Aziza.


La projection du film s’inscrit dans le cadre de la 6e édition du ciné-club de l’Office national de la culture et de l’information (Onci), clôturant ainsi en beauté cette saison sous le signe de la féminité. Le film, produit en 1979 par la Société tunisienne de production et de développement cinématographique, en collaboration avec la Radiodiffusion télévision algérienne (RTA), met en vedette plusieurs artistes algériens et tunisiens à l’instar de Yasmine Khalat (Tunisie) dans le rôle de Aziza, le défunt Mohamed Zinet, Dalila Hlilou et Mouna Noureddine (Algérie).
Le film retrace, pendant 110 minutes, la condition de la femme tunisienne à travers l’histoire de Aziza, une jeune fille contrainte, suite à la maladie de son oncle qui la prenait en charge, de travailler dans un atelier de couture. C’est également l’histoire de moult relations tissées au milieu de quartiers populaires dans une Tunisie en pleine mutation socioéconomique et culturelle durant la fin des années 70 et le début des années 80.
Dans un point de presse en marge de la projection, le réalisateur du film, qui a été primé plusieurs fois, a estimé que l’oeuvre «illustre par excellence le succès de la coproduction cinématographique à l’échelle maghrébine» et constitue «une matière pour les historiens et critiques du 7e art».


Il a affirmé, par ailleurs, que le film «n’aurait pas eu le succès qu’il a connu, n’était la conjugaison des efforts des artistes et techniciens algériens et tunisiens», saluant à l’occasion le cinéma maghrébin qui traite, a-t-il souligné, des thèmes «sérieux».
De son côté, Nadia Cherabi-Labidi fera remarquer que ce film traite d’une immense crise de solitude qui sépare l’homme de la femme. «Cette quête vers l’autre est menée à la faillite dans ce film. Le film a de ça d’actualité, car il met en scène encore des personnages qui nous ressemblent», dira-t-elle. Aziza est, en effet, un film qui n’a pas pris de rides car la situation de la femme dans le monde arabe n’a pas tellement changé, exception faite au niveau des lois. Que dire des mentalités qui n’ont pas évolué, pis encore, se sont vu dégradées ces dernières années, à cause de l’islamisme, notamment...Enfin, Aziza est un beau film qui dévoile, en filigrane, les états d’âme de cette femme, passant d’un «être» intérieur sombre et angoissé à un extérieur lumineux, faisant dévoiler toute la beauté des silences et du regard expressif de cette comédienne, belle et altière dans la peau de cette Aziza, une femme debout, audacieuse et fière de l’être...
Le réalisateur a, enfin, déploré la situation du cinéma mondial qui «n’est plus comme avant», a-t-il estimé, ajoutant que le 7e art «n’est pas un commerce, mais un message aux dimensions socioculturelles». Il exhortera, par ailleurs, à plus de coproductions entre l’Algérie et la Tunisie. Il en parle dans cet entretien...

L’Expression: Aziza, le film que nous venons de voir, est un bel exemple de coproduction algéro-tunisienne ou vice versa. Un mot là-dessus?
Abdellatif Benameur: Il y avait des comédiens algériens dont Mohamed Zinet qui jouait le rôle d’un Tunisien. Le chef opérateur aussi, en plus de Dalila Remas qui jouait le rôle d’une Tunisienne.
Au niveau de la prise de vue, j’avais l’Algérien Youcef Sahraoui comme chef opérateur. Même le chef électricien était Algérien. Il ne faut pas les oublier, aussi le chef machiniste, de la Télévision algérienne. On était ensemble et on voulait faire de belles choses ensemble. On était vraiment comme des frères. Il y avait aussi le musicien algérien, Ahmed Malek, avec qui j’ai travaillé et qui nous a composé cette musique censée traduire ces velléités de satisfaire à la hâte des besoins socioéconomiques de la Tunisie. L’histoire du film: C’est aussi une réflexion sur la femme tunisienne. On peut dire que la femme tunisienne a eu le background juridique pour pouvoir prendre sa liberté par rapport à sa famille, mais attention, si tu sors du carcan familial, tu te retrouves dans le carcan social, dans lequel il va falloir que tu te battes.

La cinéaste tunisienne Sonia Shamkhi m’a un peu expliqué, lors d’une entrevue à Béjaïa, que même si les droits ont été acquis grâce à la loi, beaucoup de choses restent à faire au niveau des mentalités dans les pays arabes. Elle déplore, cependant, la vision manichéenne de la femme dans le cinéma tunisien qui oppose, en quelque sorte, souvent la femme dévergondée à la femme soumise. Qu’en pensez-vous?
La problématique de la femme tunisienne ou la femme tout court, est très complexe, pour qu’on puisse la schématiser, même si elle a été faite par une certaine cinématographie. Je dis que le sujet est très important et très vaste. C’est un film sur la dignité humaine avant tout. Quand on n’a pas les moyens, on se soumet. La situation de la femme est partout pareille au-delà de toute culture ou religion. Que propose un ou une cinéaste par rapport au problème de la femme? En tout cas, il y a un constat. Vous avez bien raison de le dire et je le dis aussi, d’une autre manière. Curieusement, dans mon pays, la loi est en avance par rapport à la mentalité de la société. Voilà une personne qui dispose d’un ensemble de droits qu’elle exploite ou pas, c’est à elle de voir s’il faut lutter contre l’ordre établi ou rentrer dans les rangs et rester dans une problématique d’une société avec ses lenteurs, contrairement aux textes de loi qui avancent plus vite. Est-ce que certains cinéastes ont trouvé plus facile d’opposer la femme recluse à la femme dévergondée, je ne sais pas, il faut voir cela au niveau des modes. C’est vrai que le mode de financement d’un film peut engendrer des craintes sur son contenu. Si les effets de mode consistent aujourd’hui à faire des films qui sont des coproductions occidentales, avec des visions autres que la nôtre, cela peut déboucher sur des caricatures. Si la femme est libre, elle est donc dévergondée. Moi, ma fille n’est pas dévergondée, je m’excuse si je prends comme référence ma famille. Ma grand-mère était soumise à l’ordre établi mais elle n’était pas à plaindre, ni battue. Ça n’a pas de sens. Ce sont les caricatures qui sont mauvaises. Allons-nous faire notre propre cinéma? Allons-nous avoir la liberté de traiter de cette société arabe, dans cette région, avec toute la liberté et tout le respect et l’amour qu’on devrait avoir les uns pour les autres? Moi, je fais de mon mieux. C’est à vous de voir si il y a un réel respect pour la société. Le cinéaste propose et c’est le public de dire s’il s’y retrouve ou pas. La Répudiation, le livre de Boudjedra, à titre d’anecdote, je vous dirai qu’on a refusé de l’adapter à l’écran car à l’époque, le producteur voulait qu’il soit en langue française... Nous devons faire des films basés sur notre propre sensibilité et nos problèmes.

Pourquoi, à votre avis, la coproduction algéro-tunisienne ou vice versa, s’est arrêtée?
Je ne sais pas...Réussir un programme nécessite quand même une vue à long terme. Cette stratégie nécessite des prises de conscience collectives. Coproduire un film western ou biblique, ça ne sert à rien. La coproduction doit avoir un but. On devrait se mettre d’accord sur ce but-là en tant que créateurs, c’est-à-dire du point de vue du talent, tout ceux qui savent faire, à savoir les scénaristes, le dialoguiste, les acteurs, ceux qui inventent le monde, en tant que professionnels, les producteurs et les décideurs, c’est-à-dire les responsables politiques. Si ces trois parties s’entendent sur des stratégies à long terme, j’en suis sûr qu’on arrivera à faire beaucoup plus de films que ce que nous avons fait. Maintenant, quel type de films allons-nous faire ensemble? Personnellement, j’ai fait des propositions en disant que je prends le monde local en racontant l’histoire d’un quartier populaire en Tunisie. Pourtant, c’est un film où la patte ou l’empreinte algérienne peut exister sans problème. Et elle a existé dans le film Aziza.

Avez-vous un projet dans ce sens?
Oui, j’ai un projet. En tant que consommateur de musique, j’écoute les tendances musicales algérienne, tunisienne et marocaine. De ces trois musiques, celle qui me fait vibrer le plus est la musique algérienne. Je pense que le musicien algérien sort la musique de ses tripes, surtout la musique populaire. Il y a une dose de sincérité. Ce n’est pas les musiques de mariage...Or, chez nous, tout ce qu’on veut, les Star Academy et autres, tous ces effets de mode sont néfastes en tout cas pour la création d’aujourd’hui. Pour rendre donc hommage aux musiciens algériens qui essaient de créer une musique splendide, eh bien, j’ai bâti un film. Nos cultures sont tellement riches que nous devons collaborer dans le cadre de la création audiovisuelle, je dirai surtout télévisuelle. La solution viendra de la coproduction arabe et maghrébine.

Votre sentiment en tant que président de jury à la deuxième édition du Festival international du film arabe...

Beaucoup de fierté avec un sens de la responsabilité. Il ne faut pas qu’on décide de n’importe quoi. Il faut qu’on sache déceler les véritables valeurs cinématographiques d’aujourd’hui et de demain. Ce n’est pas facile d’être président de jury dans un festival, surtout dans la catégorie documentaire. D’ailleurs, je tiens à préciser que le documentaire est quelque chose de très important dans des pays comme les nôtres.

 

Source : http://www.lexpressiondz.com/article/3/2008-06-25/53804.html

 

 

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