Advertisement

Recherche

Identification






Mot de passe oublié ?
Pas encore de compte ? Enregistrez-vous

NOS PARTENAIRES

 
 
 

 

 

 

 


 


 

 

 
 
 
 

Films Tunisiens

Court métrage
Long métrage

Stats

Films: 524
Critiques: 2
Bandes annonce:
Commentaires: 302
Jaquettes: 0
«Secrets et mensonges» de Mike Leigh au ciné-club de l’Association des Anciennes de la Rue du Pacha Version imprimable Suggérer par mail

 Par Ilhem Abdelkèfi — Responsable du ciné-club et critique cinématographique pour cinematunisien.com

Le ciné-club d’El Bachia, pour sa séance du mois d’octobre 2013, projette le film Britannique

 

 

Secrets et mensonges de Mike Leigh.

 

 

Le vendredi 25 octobre 2013 à 15h, à son local El Bachia,

29, rue El Koutbia (rue des Libraires près de la Mosquée Ez-Zitouna) à la médina de Tunis.

 

 

Comme à l’accoutumée, un débat suivra la projection.


Fiche technique du film :

 

Secrets et mensonges

 Réalisation : Mike Leigh
Scénario : Mike Leigh
Bande originale : Andrew Dickson
Pays : Grande Bretagne
Première sortie : 27 septembre 1996 (États-Unis)

Distribution
Brenda Blethyn : Cynthia
Timothy Spall : Maurice
Marianne Jean‑Baptiste : Hortense
Phyllis Logan : Monica
Claire Rushbrook : Roxane

Critique du film

Secrets et mensonges, «c’est ça la vie»

 

 Mike Leigh, réalisateur de «Secrets et Mensonges» est très célèbre dans son pays d’abord en tant que dramaturge mais aussi en tant que réalisateur de télévision et de cinéma. Cette reconnaissance toutefois, n’a pas été facile à gagner et ce n’est que tardivement qu’il est reconnu comme le représentant du nouveau cinéma d’auteur britannique, mettant en scène les drames intimes de personnes ordinaires venant de milieux sociaux défavorisés et il est parmi les rares réalisateurs qui ont renouvelé le cinéma social européen des années 90.

 

Avec «Secrets et Mensonges», Mike Leigh revient avec un film très classique dans la lignée des mélodrames typiques en nous contant un drame familial où les relations entre les membres sont difficiles, où les non-dits, les mensonges et l’inavouable minent les rapports et dressent des barrières qui semblent de prime abord insupportables mais il s’avère qu’au cœur même de ce désespoir, l’espoir est là, grâce à la générosité et à l’esprit de tolérance.
«Secrets et Mensonges» est un film libéral et humaniste qui oscillant entre habileté et sincérité  explore grâce à un chassé-croisé, le fond de l’âme humaine, l’univers d’un quotidien artificiel, la surface des choses qui cache souvent une seconde nature. Il s’intéresse  aussi à des  notions telles que le retour aux racines, la quête de l’identité, la recherche de l’amour et de l’affection, ces aspirations profondes qui ne se disent pas à cause de secrets enfouis et qui se transforment en mensonges quotidiens qui petit à petit dressent la barrière de l’incommunicabilité et éloignent les êtres les uns des autres. Et c’est ainsi qu’à travers ses personnages, Mike Leigh nous donne à voir les conséquences des secrets et des mensonges dans un cinéma vérité ouvert  et édifiant.
«Secrets et Mensonges» est l’histoire d’une famille en trois parties qui s’ignoraient. L’une est constituée par Cynthia et sa fille Roxane, l’autre par Maurice (le frère de Cynthia) et sa femme Monica et la troisième par Hortense (la seconde fille de Cynthia). Cynthia vit dans un quartier populaire dans un rez-de-chaussée pauvre et encombré ;  elle est mère célibataire et travaille dans une usine de cartonnage. Sa fille Roxane vit avec elle et est employée municipale. Les deux femmes ont de sérieux problèmes relationnels. Maurice lui est photographe dans la périphérie de Londres, n’a pas vu sa sœur depuis des mois et vit avec sa femme  Monica qui ne veut pas entendre parler de Cynthia, a souvent des sautes d’humeur et est une maniaque de la propreté et du rangement. Quant à Hortense, elle est optométriste, noire et bourgeoise. Sa mère adoptive vient de décéder et la voilà partie à la recherche de sa mère biologique.
A partir de ce puzzle, Mike Leigh nous gratifie de scènes, plus ou moins courtes, qui nous emmènent vers l’une ou l’autre de ces parties, les relations entre les personnages ne se dessinant que petit à petit. Eloignés, écartelés, les membres de la famille vont peu à peu se rapprocher puis se réunir car c’est l’arrivée d’Hortense, fille oubliée puisque abandonnée à sa naissance, qui va faire s’effondrer cet échafaudage douloureusement et péniblement mis en place à force d’hypocrisie et de simulacre, de secrets et de mensonges.
A travers ce drame, Mike Leigh va décrire la rencontre entre deux mondes qui ne se rencontrent pas. Entre tendresse et cruauté, il va aller vers leur vérité enfouie sous des tonnes d’habitude et de lassitude, de secrets et de mensonges. Et ce n’est pas un hasard que Maurice soit un photographe, puisque grâce à ses séances photos, nous allons voir défiler différents clients, échantillons d’humanité qui nous touchent par leur drôlerie et par le mystère qui émane de leurs visages car nous surprenons ainsi leur vérité enfouie. Elle n’est pas toujours belle mais elle est quand même mieux que le paraître, les secrets et les mensonges qui souvent la recouvrent.
 Les membres de cette famille sont minés par le manque, cernés par le vide. Entre Cynthia et sa fille Roxane, il y a plus de larmes et de cris que de mots doux et de sourires. Entre Maurice et Monica, plus de sautes d’humeur et de silence que des mots d’amour et de tendresse. Et le nœud dramatique, cela va être Hortense qui va émerger de la dynamique même des secrets et mensonges. Elle va être la fée de ce conte, le révélateur qui va rendre sympathiques ces personnages qui au départ ne l’étaient pas du tout et tout au long du déroulement du film, ils vont sourire, s’améliorer, laisser s’exprimer leurs sentiments allant vers un dénouement qui rétablira le lien qui s’est cassé. Grâce à elle, une reconfiguration des rapports entre les personnages va avoir lieu. Et le plus important sera que Hortense  va s’attacher vraiment à cette  mère en manque d’affection, ce qui n’était pas évident au départ vu le contentieux entre elles.
«Secrets et Mensonges» est un film classique et réaliste qui doit beaucoup à la technique que Mike Leigh a choisi d’utiliser : structure narrative linéaire et sobriété qui laissent toute liberté à la direction d acteurs. Une technique commune mais redéfinie selon ses choix pour lui donner la signification qu’il veut bien lui donner. Il y a d’abord la technique du champ contre-champ qui est beaucoup utilisée dans le film, d’une façon délibérément apparente privilégiant la frontalité ce qui met en relief le physique et le psychologique des personnages. Ensuite le récit, fragmenté en petites scénettes qui vont aller en culminant en intensité en de longues séquences pour nous laisser le temps de les vivre. Quant à la lumière, Leigh utilise de grands étalages de couleurs verdâtres pour les séquences où il met Cynthia en scène par exemple chez elle et en leur opposant une lumière chaude qui émane de l’éclairage  mais qui semble plutôt émaner des visages heureux dans les séquences où elle est avec sa fille où quand la famille est réunie.  
Un autre point fort du talent de Mike Leigh est sa direction d’acteurs. La force d’interprétation de tous les personnages est époustouflante et à leur tête Brenda Blethyn qui soit dit en passant n’a pas usurpé sa Palme d’Or au festival de Cannes. Elle est géniale en quadragénaire désespérément seule et avide d’amour et d’affection. La scène où elle est confrontée à sa fille Hortense et à son secret enfouie depuis si longtemps vaut tout le film ! La séquence se joue en un plan fixe qui dure presque 10 minutes et où nous voyons sur son visage le déni, la tension, le malaise puis  le souvenir refoulé qui refait surface suivi de la honte. Nous avons là un jeu incroyable de l’actrice avec Marianne-Jean Baptiste d’ailleurs-aussi sublime-poussé au maximum par l’intensité de la situation.
«Secrets et Mensonges» est parmi les films cultes qui s’attachent à décrire des choses simples et qui parviennent à s’ancrer à la réalité et à devenir universels. Le fin  en est une illustration quand Cynthia, cette anti héroïne, nous assène un fantastique «La vie, c’est ça», force nous est de reconnaitre que effectivement, la vie, c’est ça. Des secrets à dévoiler, des mensonges à avouer et des «sweetheart» qu’il faut entendre malgré tout comme de véritables mots d’amour.

Source photo : AlloCiné

 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

< Précédent   Suivant >


ECOUTEZ FRANCE MAGHREB 2

Powered by  MyPagerank.Net